Merveilleuse métamorphose

Tout le monde connaît la réputation de la nourriture d'hôpital. Même que c'est... (Archives)

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Pierre Jury
Le Droit

Tout le monde connaît la réputation de la nourriture d'hôpital. Même que c'est probablement la première doléance des malchanceux qui ont à y séjourner. Et le premier espoir de ceux qui en sortent: un bon repas, svp.! Par bonheur, il y a de l'aide: juste au coin de la rue, par-dessus le marché. On s'étonne de ne pas avoir plus de marchettes de malades à l'entrée, intéressés à mieux se nourrir, au moins le temps d'un seul repas!

 

Pepper Garden,

681, chemin Montréal,

Ottawa,

613-749-2999.

www.peppergarden.ca

Cote Jury 15/20

 

Pepper Garden est établi coin chemin Montréal et promenade de l'Aviation depuis 10 ans. Une première visite, quelques mois après l'ouverture (Cote Jury 11/20, janvier 2003) n'avait rien montré d'encourageant. La formule «buffet» ciblait une clientèle économe, mais vraiment pas difficile car elle ne semblait pas se plaindre devant des plats trop cuits, trop ordinaires.

Récemment, des indices soutiennent que les choses ont changé. Comme l'arrivée d'un nouveau chef, David Dempsey, depuis un peu plus de deux ans.

Quelle métamorphose! Elle démontre bien que l'on peut virer un restaurant à l'envers... sans mettre la hache partout.

Dès les premiers pas dans la salle à manger, l'environnement physique n'a été bouleversé. Un gros aquarium isole toujours les tables de l'entrée, des banquettes sur les côtés et des tables au milieu. Le dîneur sent que c'est propre et bien tenu, mais que les investissements ont été ailleurs que dans le mobilier, somme toute assez ordinaire. Par chance, des stores nous isolent de la vue décourageante... d'un stationnement; savamment fermés, ils donnent l'impression d'un cocon chaleureux.

Nom mal choisi

Un des dilemmes de ce restaurant, c'est son nom qui n'indique absolument pas ce qu'on y trouve à l'intérieur. Pepper Garden, ou «Jardin de poivre», n'évoque rien. Une cuisine nationale? Mais de quel pays, ou région? Paraît que plusieurs croient qu'on y sert de l'asiatique, et c'est très loin de la réalité. En fait, Pepper Garden propose une cuisine canadienne moderne, basée sur des techniques classiques françaises et plusieurs bons ingrédients locaux, comme le pain Art-is-in. Cela donne un menu assez standard autour de pétoncles et de saumon, de suprême de poulet et de confit de canard, de steaks et de pâtes. Pas de surprise, si ce n'est le fait que cette cuisine de goût se retrouve au milieu d'un assez vide désert gastronomique.

L'accueil est sympathique, efficace et chaleureux. Et en français. Bizarrement, le menu ne l'est pas, ni le site Internet. Avec la clientèle de l'hôpital Montfort, un petit effort serait apprécié. D'autant plus que le menu est assez stable et ne requiert pas un gros investissement.

Le repas s'amorce avec une riche soupe de pommes de terre et poireaux (6$). C'est un plat d'automne, nourrissant, presque folklorique, mais très bien réalisé. Et une petite touche de sauce pimentée lui donne du relief. L'idée est simple mais efficace.

Goûteux

La bruschetta, aux tomates ou aux champignons (9$), propose quatre généreux pains de la boulangerie Art-is-in garnis de l'un ou de l'autre, et un peu de fromage de style mozzarella... alors que du parmesan serait de mise. Mais l'ensemble est goûteux et le pain fait toute la différence.

Jusque-là, les attentes sont surpassées. La fin démontre que la suite ne sera qu'encore meilleure!

La chair de la cuisse confite de canard (21$) se détache facilement. La peau pourrait être un peu plus craquante si elle avait été glissée une minute de plus dans la salamandre. Avec des pommes de terre cuites dans ce même gras divin et une généreuse portion de mesclun, la portion est généreuse, peut-être même trop. C'est la même chose pour les linguini aux épinards (21$).

Y aurait-il plus de clients si les portions étaient un peu moins copieuses, afin d'abaisser le prix des plats principaux sous la barre des 20$?

À preuve, la bavette de 6 onces est offerte à 19$, juste sous le seuil psychologique des 20$. Elle a tout pour satisfaire: une cuisson exacte d'une coupe de boeuf moins noble que le filet mignon, mais des compléments qui donnent du panache à l'assiette comme la noix de beurre maître d'hôtel sur la viande, une belle portion de frites maison (ça paraît tout de suite), et la même portion de mesclun.

Vins et bières

Ce mélange de laitues est exactement celui que l'on trouve dans tous les supermarchés. En cela, c'est un petit défaut: on ne va pas au restaurant pour se faire servir les mêmes ingrédients qu'à la maison. La vinaigrette de balsamique et d'huile d'olive, toute simple mais réussie, sauve un peu la mise.

À noter que Pepper Garden affiche une carte de vins très abordables qui va au-delà des bouteilles que l'on voit partout. Idem pour les bières locales. Combien d'autres restaurants pourraient s'inspirer de ce souci?

Quatre desserts s'affichent à l'ardoise et au service, on ne fait pas de cachette que la tarte aux pacanes est faite à l'extérieur. Bravo pour l'honnêteté. Le pouding au pain (8$) est plus révélateur de l'expertise du chef que le gâteau au fromage ou la crème brûlée. Ce pouding, relevé d'une sauce beurrée et aromatisée au whisky, est très honnête: on ne lancera pas de l'autre bout de la ville pour l'essayer mais les clients de Pepper Garden en seront satisfaits.

Pour deux personnes, prévoyez entre 55 et 65$, plus consommations, taxes et service.

RÉSULTATS

CUISINE : 7,5/10

SERVICE : 5/6

DÉCOR : 2,5/4

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