Pour moi, cette belle aventure a duré près de 14 ans. C'est long 14 ans, quand on y pense. Au fil de ces années, je vous ai raconté des histoires touchantes vécues par des gens ordinaires, des gens d'ici qui tentaient simplement de faire une différence dans leur communauté.
À chaque chronique, j'ai voulu vous faire découvrir des gens, vous faire réagir face à certaines injustices, vous mobiliser derrière une cause que je croyais juste. Et vous avez toujours répondu favorablement.
Combien de fois des bénévoles ou des dirigeants d'organismes communautaires m'ont remercié d'avoir parlé d'eux dans cette page. Mais ce n'est pas moi qu'il faut remercier. C'est vous, chers amis, qui avez permis toutes ces belles petites réussites. Sans vous, les festivals de la région ne seraient pas des succès, les campagnes de financement n'amasseraient pas des millions de dollars, et nos artistes ne pourraient pas faire voir et entendre leur talent. Sans vous, notre communauté ne peut fonctionner dans l'harmonie.
Je vous ai également raconté mes états d'âme. Et je l'ai fait parfois avec un peu trop de candeur, dévoilant des bouts de ma vie privée que j'aurais dû garder pour moi. Je l'ai fait aussi sans trop me soucier des conséquences. Ce qui m'a occasionné bien des écueils, je vous l'avoue.
Mon impulsivité et mon émotivité ont teinté la majorité de mes chroniques. Je suis allé trop loin, trop souvent. Mais vous m'avez toujours rappelé à l'ordre. Parfois gentiment et parfois avec plus de vigueur. Mais, pour la majorité d'entre vous, ce fut fait dans le respect. Et je vous en serai éternellement reconnaissant.
J'ai aussi eu mon lot de controverses. Comme j'ai parfois tendance à pousser le bouchon un peu trop loin, on m'a rabroué à plusieurs occasions. J'ai même eu droit à quelques plaintes auprès du Conseil de presse. Ma dernière incartade aura sans doute sonné le glas à mon aventure de chroniqueur. Non pas que mes patrons m'ont montré la porte, loin de là. C'est que j'y ai lu un message, j'y ai vu une petite lumière rouge qui indique la sortie. J'ai toujours dit que toute personne devrait savoir quand le temps est venu de tirer sa révérence. Trop tard, diront certains mais pour moi, le temps est bien choisi. Et une chose est certaine, j'ai savouré chaque moment passé avec vous.
Écrire ces chroniques fut parmi les plus beaux moments de ma vie et, bien entendu, un privilège sans nom pour un p'tit gars du lac comme moi.
La fin de ces chroniques ne signifie pas mon départ du Droit, un journal que j'ai dans la peau. Je ne veux pas quitter ce magnifique navire au moment où il entre dans une nouvelle ère avec des artisans toujours aussi passionnés. Je vais me mettre à d'autres tâches, relever d'autres défis. Et qui plus est, je vais tenter de mieux préparer les jeunes journalistes à affronter ce monde merveilleux - mais dangereux - qu'est le journalisme en devenant enseignant à La Cité collégiale.
Mais pour l'instant, ce sont les vacances qui s'amorcent. Je vais profiter de ces quelques semaines pour recharger les batteries, arpenter les terrains de golf de la région - dont le Château Cartier qui a maintenant ouvert son premier trou entièrement redessiné -, gratter ma guitare et écrire. Parce qu'écrire, c'est toute ma vie. Je ne peux vivre sans coucher sur papier ce que j'ai dans le coeur et dans l'âme. Et au cours des prochaines semaines, ce sera en poésie et en chanson que je trouverai l'inspiration. On ne sait jamais, vous pourrez peut-être entendre mes mots un de ces jours !
Je dois également vous aviser que cette page consacrée aux activités communautaires et sociales qui se déroulent sur les deux rives survivra à mon départ, comme elle l'a fait lorsque j'ai pris la relève de Edgar Demers en 1998. Sous une autre forme et avec une nouvelle plume, ce que l'on appelait Le Carrefour renaîtra de ses cendres pour vous permettre de mettre en valeur vos activités et vos réalisations.
Enfin, il faut que je remercie certaines personnes qui furent très importantes dans ma carrière de chroniqueur, à commencer par Pierre Bergeron et François Roy (décédé l'an dernier). Pierre fut mon premier éditeur alors que c'est François, alors directeur de l'information, qui me donna ma première chance. Je veux également saluer et remercier sincèrement Claude Gagnon, Jean Gagnon, Claude Tremblay, André Larocque et Denis Gratton qui furent toujours là pour me conseiller et me supporter.
À bientôt !