Le miraculé des verts

Mikael Pageau s'est qualifié pour les Optimist International... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Mikael Pageau s'est qualifié pour les Optimist International Junior Golf Championships il y a trois semaines à Mirabel.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Enfant, Tiger Woods a déjà gagné ce tournoi. Même chose pour plusieurs autres étoiles du golf professionnel, de Phil Mickelson à Jason Day en passant par Billy Mayfair et Jeff Overton.

Mikael Pageau le sait très bien. Dans quelques jours, ce sera à son tour de participer aux Optimist International Junior Golf Championships présentés en Floride. Une compétition réunissant plus de 650 espoirs âgés de 18 ans et moins provenant de 30 pays qui batailleront dans sept catégories différentes.

«Je suis excité... Tellement que des fois, ça me prend plus de temps à m'endormir parce que je pense juste à ça», avoue l'ado âgé de 13 ans.

Faites la connaissance de l'autre petit Pageau de Gatineau.

Si son cousin Jean-Gabriel excelle dans l'uniforme des Sénateurs sur les patinoires de la LNH, Mikael se débrouille très bien sur les verts et allées du coin. Il s'est qualifié en vue de ce prestigieux rendez-vous, il y a trois semaines, lors d'un tournoi au club Glendale, à Mirabel.

«Un bel exploit sportif, reconnaît son papa Marc.

«Mais de le faire trois ans après ce qu'il a vécu, c'est encore plus un exploit. Quand tu dis qu'il y a trois ans, il ne marchait plus...»

Retour en arrière, plus précisément en décembre 2011. Un médecin annonce au jeune golfeur du club Tecumseh qu'il souffre d'une tumeur au cerveau.

«On a appris la nouvelle deux ou trois jours avant Noël, relate le paternel. Ce fut difficile. Tu n'as aucune idée de ce qui va se produire. Puis il y a l'attente jusqu'à l'opération.»

Une intervention chirurgicale qui se déroulera environ quatre mois plus tard. Elle durera 14 heures. Presque la moitié de la tumeur bénigne sera retirée.

«Les docteurs ne pouvaient pas en enlever plus. S'ils avaient essayé, Mikael aurait pu perdre l'usage de sa jambe gauche et de son bras gauche», raconte Marc Pageau.

Il reste qu'au réveil, fiston ne peut bouger sa jambe gauche. Une situation qui va perdurer pendant la semaine qui suivra son passage sous le bistouri.

«Il a dû réapprendre à marcher. Ç'a pris six semaines. Il fait encore de la physiothérapie pour retrouver sa motricité, qui est en ce moment à 70%», note M. Pageau.

Ce qui reste de la tumeur en lui n'a pas grossi depuis ce passage sur la table d'opération. Ce qu'un test de résonnance magnétique a confirmé récemment. Une autre bonne nouvelle.

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L'entrevue se déroule au club de golf Le Sorcier où Mikael s'entraîne au sein du programme sport-études de Nicolas-Gatineau. L'entraîneur Ismaël Dufour se trouve aussi à la table avec le journaliste.

La famille Pageau et le coach se côtoient depuis très longtemps. Une belle amitié les lie. La complicité est palpable. Ça se taquine ici et là. «Nous nous connaissons depuis huit ans, précise Dufour. Depuis que Mikael a pris ses premiers élans de golf.»

Ce dernier parlera de la joie de vivre du droitier de 5'1». «Une personne qui a toujours un sourire au visage», dit-il.

Sur le terrain, Pageau est un bagarreur, ajoute-t-il. «Un gagnant», lance Dufour. La plus grande victoire de son élève aura été loin du terrain de golf. Jamais il n'aura baissé les bras face à la maladie.

«Tout de suite après l'opération quand il a vu qu'il ne marchait plus, Mikael voulait rejouer au hockey et au golf. C'est ce qui l'a motivé, affirme Marc Pageau.

«Ce fut une grosse bataille, autant physique qu'émotionnelle», ajoute pour sa part le jeune champion.

De son propre aveu, il essaie de «penser le moins souvent possible» à cet épisode de sa vie. «Mais je suis quand même fier d'être rendu où je suis en ce moment avec ce que j'ai vécu il y a trois ans», enchaîne-t-il.

Articulé et attentionné, Pageau prendra le temps de mentionner tous ceux qui l'ont aidé à le remettre sur pied. Il y a la famille, les amis, l'instructeur, les physiothérapeutes et les préparateurs physiques à l'Université du Québec en Outaouais.

Puis il parlera du terrain où se déroulera son gros tournoi.

Le PGA National Resort and Spa, à Palm Beach Gardens, n'a rien d'un champ de vache. Ce terrain accueille les pros chaque année. «C'est tripant de savoir que les meilleurs au monde ont déjà joué là», dit le jeune Pageau.

Cet endroit, sa famille le connaît bien. Elle l'a déjà marché à deux reprises dans le passé lors de vacances en Floride, assistant à une étape de la PGA.

«Nous avions suivi Tiger. On ne se doutait pas qu'un jour, ça serait Mikael qui jouerait là», lance le paternel.

Ce dernier accompagnera son garçon. Maman Nathalie et frérot Samuel y seront aussi. La première des trois rondes sera disputée samedi. «Je n'ai aucune attente de pointage ou de classement. Je veux profiter de l'expérience, m'amuser.»

Sur ce commentaire, il laisse tomber un autre sourire. Celui d'un gagnant. D'un bagarreur. Mais surtout d'un enfant qui a appris à profiter tout simplement de chaque moment de la vie.

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