Caroline Calvé tourne la page

Caroline Calvé.... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Caroline Calvé.

Étienne Ranger, LeDroit

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Sa carrière en surf des neiges a peut-être commencé sur le tard, mais elle aura été une des plus mémorables pour un athlète originaire de l'Outaouais.

Une aventure qui comprend deux participations aux Jeux olympiques et sept médailles sur le circuit de la Coupe du monde, dont trois en or. En cours de route, sa photo s'est retrouvée sur des boîtes de céréales et de barres tendres. Ajoutez à cela qu'un centre de ski a décidé de nommer une piste en son honneur.

On a même vu ses parents Suzanne et Jean au petit écran dans une publicité d'un commanditaire des Jeux de 2010, à Vancouver.

Caroline Calvé a un sourire en coin quand le journaliste lui énumère ces quelques faits saillants d'une carrière qui lui aura fait vivre beaucoup d'émotions fortes pendant 15 ans en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Ce sourire, c'est celui d'une athlète fière d'un parcours qui a pris fin, hier après-midi, dans son patelin.

La planchiste d'Aylmer, qui habite maintenant à Lachine, avait convoqué les medias au centre sportif de Gatineau pour annoncer que c'était fini. Que l'heure de la retraite avait sonné pour elle, qui fêtera ses 37 ans cet automne.

Pas que le corps est usé par les blessures. «Il est encore en bonne forme», note-t-elle avec raison.

Mais le temps était venu pour Calvé, selon ses propres mots, «d'accrocher ma planche, de passer à autre chose».

Peut-être fonder une famille. Peut-être entamer une vie professionnelle dans les médias.

Hier, elle mettait justement la touche finale à des études en animation et communication radio-télé à Montréal.

«J'avais ma démo à enregistrer», fait-elle remarquer.

On la verrait bien aux prochains Jeux d'hiver en 2018, en Corée du Sud. Articulée, photogénique et dynamique, elle camperait bien un rôle d'analyste à la télé. Les anecdotes ne manqueraient pas.

Ses plans immédiats la verront donner des conférences, à raconter qu'il faut apprendre de ses erreurs, surmonter des obstacles et comment les efforts peuvent être récompensés. Sa carrière regorge d'exemples, que ce soit cette malchance de subir une blessure à un genou durant une session de photo en 2008 ou cette visite dans un cockpit d'avion le lendemain d'une victoire à Moscou.

Caroline Calvé pourra leur parler de son propre parcours, qui n'avait rien de typique. Son premier amour a été le ski alpin, qu'elle a pratiqué puis enseigné avant de se tourner vers le surf des neiges à l'âge de 22 ans.

Elle avait déjà touché à une planche durant son adolescence, mais les résultats avaient été peu concluants.

«J'avais mis 45 minutes à me rendre jusqu'au bas de la piste. En temps normal, il te faut 30 secondes, avait raconté Calvé, deux semaines avant de participer à ses premiers Jeux en 2010.

«Je n'arrêtais pas de tomber. Puis je me relevais, pour ensuite tomber à nouveau.»

On avait écrit dans un texte à l'époque qu'elle était têtue. Une qualité.

Cette athlète-ci n'aura jamais baissé les bras. Sa patience aura été mise à l'épreuve.

Il lui a fallu attendre à son 57e départ en Coupe du monde pour gagner une première course en 2011 à Carezza, en Italie. Elle devenait la première Canadienne à rafler l'or à une épreuve alpine de surf des neiges.

En tout, elle aura participé à 87 courses sur le circuit de la Coupe du monde.

«Quand je pense à toutes ces années que j'ai bûché, à continuer de persévérer... Ce que ça démontre ce chiffre de 87 départs, c'est que c'est difficile de monter sur la première marche du podium. Je suis fière d'y être arrivé, rappelle Calvé.

«Il y en a eu plusieurs quatrième, cinquième, sixième ou septième places durant toutes ces années. Il ne manquait jamais grand-chose, avoue-t-elle quelques minutes plus tard. Je suis contente de ce que j'ai vécu.»

C'est l'image que l'Outaouais conservera de sa plus récente retraitée. Une fille qui a rêvé, qui a osé essayer un sport sur le tard, qui n'a jamais abandonné et qui aura triomphé. Et surtout, qui n'aura jamais oublié ses racines.

C'est pourquoi elle tenait à annoncer sa retraite en Outaouais.

«De venir dire merci, de parler face à face aux gens qui m'ont appuyé, qui ont suivi ma carrière de très près, qui ont pris le temps de m'écrire des messages d'encouragement.»

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