Ça n'a pas empêché l'ado âgé de 12 ans, qui fait 4' 6 et ne pèse que 85 livres, de terminer troisième dans la classe optimist contre des adversaires plus vieux que lui, il y a une dizaine de jours. Mieux, ce résultat lui a permis de se qualifier en vue de quatre rendez-vous internationaux majeurs chez les 15 ans et moins, qui auront lieu dans la prochaine année.
Une liste qui comprend les championnats sud-américains au Brésil, les championnats nord-américains dans les Bermudes, les championnats européens en Hongrie et surtout, les championnats du monde en Italie en juillet.
« Tout le monde a été surpris de ma performance, y compris moi. Je ne m'attendais pas à ça du tout, a avoué le jeune Auger-Cyr sur un ton jovial.
« Je pensais peut-être terminer dans le top 30. J'ai terminé troisième », a-t-il ajouté.
C'est une méchante différence ça, non ?
« L'an passé, j'avais terminé 70e sur 120 à Halifax », a répondu l'étudiant de l'école secondaire Nouvelles Frontières en expliquant pourquoi une place sur le podium n'était pas dans sa mire.
Il faisait beau le jour de l'entrevue réalisée, quelques jours après son retour chez lui. Un entretien qui se déroulait par une journée venteuse à la marina d'Aylmer où il s'entraîne au sein de l'école de voile de l'Outaouais.
Une école qu'il a commencé à fréquenter à l'âge de quatre ans.
« Ma mère avait déjà fait de la voile, tout comme mon grand-père. Elle a décidé de m'inscrire à des cours. Les premiers jours, je n'aimais pas beaucoup ça, a avoué Auger-Cyr.
« Mais au fur et mesure que ça avançait, je me suis adapté. Depuis ce temps-là, j'adore ça. À la fin d'une course, je retrouve mes amis. »
C'est encore plus plaisant quand il y a une médaille remise après ces courses qui durent 30 minutes.
Ce fut le cas le mois dernier dans son cas aux Jeux du Québec.
Myka Auger-Cyr avait mis la main sur le bronze à Shawinigan. Une belle récompense après un retour à la compétition.
Sa saison avait mal commencé à la suite d'une fracture à un genou subie lors d'un match de soccer, un des nombreux sports qu'il pratique. Résultat, une de ses jambes était immobilisée dans un plâtre pendant un mois.
À Vancouver, une ancienne régatière aux Jeux olympiques d'Atlanta, la Norvégienne Tine Moberg-Parker, l'a pris sous son aile durant les quatre jours des championnats canadiens.
« C'est un gros exploit d'avoir terminé troisième. Je suis fier de moi. Mon entourage aussi. Mais je ne dois pas trop m'emballer, a dit le jeune Auger-Cyr, qui parlait avec une assurance déconcertante pour un garçon de son âge.
« C'est bien beau de participer aux championnats du monde, mais tu ne veux pas terminer dernier non plus. En même temps, tu veux t'amuser. Je n'ai que 12 ans. »
Ses parents et lui devront jaser sous peu. Ce sera l'heure des choix.
Il est déjà hors de question que le jeune athlète se tape les quatre championnats internationaux. C'est beaucoup trop onéreux.
Auger-Cyr a déjà sa préférence. Il zieute avant tout les Mondiaux. « Mais l'Italie, ce n'est pas à la porte, a-t-il avoué.
« Il va falloir convaincre mon père », a-t-il ajouté en riant.