Fujiwara gagne son pari au marathon d'Ottawa

Arata Fujiwara... (MARTIN ROY, LeDroit)

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Arata Fujiwara

MARTIN ROY, LeDroit

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Au Japon, le marathon se pratique en équipe. C'est une question d'honneur. Le calendrier de la saison est établi en fonction des championnats par équipe. Arata Fujiwara trouvait ce calendrier trop restrictif parce qu'il ne lui permettait pas de voyager outre-mer.

Dans une décision contestée dans son pays, il a choisi de larguer la sécurité financière que lui offrait son équipe pour vivre l'expérience internationale. C'est à Ottawa que le marathonien de 28 ans a décidé de courir en premier, sans équipe, sans commanditaires.

Cette décision audacieuse aura rapporté des dividendes instantanément. Non seulement a-t-il ravi le titre de champion à David Cheruiyot, mais il a profité des conditions fraîches pour établir un record de parcours en traversant le fil d'arrivée en deux heures, neuf minutes et 33 secondes. Il était aussi à trois secondes de fracasser le record du meilleur chrono en sol canadien.

Cheruiyot, le quadruple champion du marathon d'Ottawa, n'a pas fini la course. Il marchait vers le 21e kilomètre quand LeDroit l'a croisé. « J'ai eu une blessure au pied l'an dernier et elle est réapparue vers le 10e kilomètre aujourd'hui. Je ne pouvais tenir le rythme. Je ne m'étais pas entraîné à 100 % pour ce marathon afin de protéger cette blessure. Je croyais être correct, mais ce ne fut pas le cas », a indiqué celui qui avait déjà 90 secondes de retard sur les meneurs après 10 kilomètres.

À la mi-course, 13 coureurs étaient toujours dans le peloton de tête et Cheruiyot prévoyait que quelqu'un allait battre le record du parcours. Au 38e kilomètre, la lutte se faisait à trois avec le Japonais Fujiwara, le jeune prodige éthiopien Warko Bazu et le Kényan Moiben Laban, mais Bazu s'est coincé un nerf dans toute sa jambe droite avec quatre kilomètres à faire.

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Bazu troisième

Bazu a fini troisième en boitant alors que le Japonais a terminé en force avec une avance de 10 secondes sur le Kéyan Laban. Les quatre premiers coureurs ont obtenu un meilleur temps que le record du parcours établi par David Cheruiyot en 2007.

« J'ai pris l'avance avec un kilomètre et demi à faire. À 500 mètres de la fin, je sentais que j'avais assez d'énergie pour gagner. La veille, j'avais remarqué qu'il y avait plusieurs bars intéressants dans le centre-ville d'Ottawa et je me suis mis à rêver d'y prendre une bonne bière après la course ! Ça m'a motivé à finir rapidement », a expliqué le Japonais, tout sourire.

Fujiwara aura remporté la Bourse de 15 000 $ du gagnant en plus d'ajouter 5 000 $ pour son temps sous la barre de 2 h 10. Le Japonais ne donnait pourtant pas cher de ses chances en début de course. « J'étais stressé. J'ai abandonné mon équipe des six dernières années pour venir ici. C'était risqué. Il y avait cet Éthiopien avec un chrono de 2 h 06 et ces deux autres coureurs avec des records personnels de 2 h 07. Je sentais la pression. Je me suis senti mal pendant 20 kilomètres en raison des petites collines. Je n'avais pas de rythme, mais à la mi-course, je me suis mis à mieux aller. La température était parfaite. Je n'avais jamais couru de marathon dans des conditions aussi idéales. Les spectateurs étaient incroyables pour ma première course hors du Japon. »

Drew Stephen, dont l'entraîneur personnel est décédé subitement il y a deux mois, a été le meilleur Canadien avec un temps de 2:21:46.

Merima Mohammed, une Éthiopienne de 18 ans, a relégué tout le monde dans l'ombre en l'emportant par plus de six minutes sur sa plus proche rivale. Après avoir arrêté le chrono à 2:28:19, elle a dû quitter pour un contrôle antidopage. Elle n'était pas disponible pour parler de son éclatante victoire.

La meilleure Canadienne

L'Ontarienne Krista Duchene a signé le meilleur temps canadien en 2:39:07. La Canadienne Lioudmila Kortchaguila, qui défendait son titre, n'a pas fini la course.

L'unijambiste Chris Ball, qui a reçu plusieurs ovations le long du parcours, a abaissé le record du monde de quatre minutes avec un chrono de 2 h 57 : 48.

Enfin, la Québécoise Karine Lefebvre a été la plus rapide au demi-marathon avec un temps d'une heure, 20 minutes et 12 secondes. Son exploit était d'autant plus méritoire. Elle vient d'accoucher d'un bébé qu'elle allaitait moins d'une heure après la course !

L'Américain Lawton Redman a été le meilleur chez les hommes en 1:10:11.

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