Leclair gravit vite les échelons

La Gatinoise Stéphanie Leclair prendra la route de... (Archives Le Droit)

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La Gatinoise Stéphanie Leclair prendra la route de l'Europe, le 15 juin, pour un périple de 41 jours qui la mènera au championnat du monde de nage synchronisée, en Italie.

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C'était une scène digne des films à pop-corn. Le camp de sélection en vue du championnat du monde de nage synchronisée venait de prendre fin. Une feuille était accrochée à un mur non loin de la piscine.

Douze noms s'y trouvaient. La liste comprenait ceux de deux Gatinoises, Stéphanie Leclair et Karine Thomas. Elles venaient de se tailler une place au sein de la principale équipe canadienne senior.

 

C'était il y a une dizaine de jours à la piscine du parc Olympique, à Montréal. Leclair n'a toujours pas oublié les sensations fortes vécues cette journée-là.

«C'était incroyable», a avoué Leclair, 19 ans, qui dispute sa première saison dans les rangs seniors après un brillant parcours junior.

«Habituellement, les entraîneurs vont dire tout haut les noms des filles choisies. Cette fois-ci, ils avaient accroché une feuille au mur. Je peux dire que je n'ai pas couru. J'ai marché lentement pour aller voir si mon nom se trouvait sur la feuille.»

Nerveuse, Leclair savait qu'elle avait tout de même une bonne chance de percer l'alignement. À ses yeux, elle faisait partie d'un groupe de huit nageuses qui se battaient pour les six dernières places. En tout, elles étaient 24 candidates.

«Je venais de connaître des bons essais. J'avais travaillé fort. Je suis surtout contente, car j'ai atteint mon objectif un peu plus rapidement que prévu.»

Depuis le début de la saison, Leclair faisait partie de l'équipe de développement. Ses coéquipières et elles avaient brillé en Allemagne au mois de mars, remportant la médaille d'or lors du concours par équipe. Elles avaient devancé notamment une formation chinoise qui misait sur quelques Olympiennes.

La route de l'Europe...

Maintenant, Leclair s'apprête à vivre une folle aventure. Les nageuses canadiennes retenues quitteront le pays dès le 15 juin pour un séjour de 41 jours en Europe.

Au menu, deux compétitions en Espagne, un camp d'entraînement et les championnats du monde en juillet en Italie. Le Canada cherchera à répéter sa quatrième place obtenue l'an dernier aux Jeux olympiques.

«Il est possible aussi qu'on passe par la France. Rien n'est officiel par contre», a raconté Leclair.

«Je n'ai jamais effectué un voyage aussi long auparavant. En plus, je n'ai droit qu'à une valise.»

C'est qu'on appelle un heureux problème.

... avec une amie de l'Outaouais

Ce qui rend sa promotion encore plus spéciale, c'est qu'elle rejoint son amie de longue date. Karine Thomas, âgée de 20 ans, a déjà quelques affectations internationales seniors en poche.

Les nageuses ont grandi ensemble en Outaouais, brillant chez Outaouais Synchro et les Fées d'eau avant de s'expatrier à Montréal.

«On se connaît depuis l'âge de 11 ans. Nous faisions des duos ensemble à l'époque. C'est spécial ce que nous vivons. Les gens qui nous connaissent en parlent souvent. Qui aurait cru, il y a plusieurs années passées, que nous serions au sein de l'équipe nationale plus tard. Nous avons travaillé très fort.»

Leclair savoure sa nomination en ce moment. Se retrouver parmi les 12 meilleurs au pays débute bien un nouveau cycle olympique menant aux Jeux de 2012.

Sauf que ce n'est qu'une première de nombreuses batailles qu'elle vient de gagner.

Synchro Canada tient deux ou trois sélections durant l'année. L'alignement de l'équipe nationale senior AA n'a rien de coulé dans le béton.

La scène de la feuille au mur va se reproduire souvent d'ici les quatre prochaines années.

«Il faut toujours se battre pour conserver sa place, a raconté Leclair. Moi, j'aime bien ça. Ça te force à demeurer alerte, à travailler fort. C'est une bonne compétition.»

Dans les prochains jours, sa tête sera toutefois aux études. Quelques examens de fin d'année collégiale se trouvent au menu pour l'étudiante en sciences humaines avant de carburer uniquement à la nage synchro.

Hier, c'était un test en anthropologie. Aujourd'hui, elle devra répondre à des questions reliées à la sociologie.

«Je m'entraîne tous les jours de la semaine de 6h50 à 13h30. Puis, je commence l'école à 15h pour revenir à la maison vers 22h.

«C'est beaucoup de sacrifices, mais ça vaut la peine quand tu obtiens des récompenses comme celle-ci.»

Mcomtois@ledroit.com

 

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