Un mordu de cyclisme de la région se tapera le Mont Ventoux

Saveur gatinoise au Tour de France

Pierre Gravelle... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Pierre Gravelle

Patrick Woodbury, LeDroit

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À l'aube du cap de la cinquantaine, un mordu de cyclisme de Gatineau va se taper rien de moins qu'une étape du Tour de France dans trois mois et demi.

Faites la connaissance de Pierre Gravelle, un ingénieur âgé de 48 ans. Il va enfourcher son nouveau vélo le 20 juillet prochain en même temps que 8500 autres cyclistes amateurs d'un peu partout sur la planète.

Le groupe va parcourir les 170 kilomètres entre Montélimar et Mont Ventoux. C'est la 20e et avant-dernière étape de la 96e édition du Tour.

À l'occasion d'un événement promotionnel, ces passionnés de vélo vont défiler cinq jours avant le passage des Armstrong, Contador, Sastre, Evans et compagnie qui se disputeront le maillot jaune. Le Mont Ventoux, qui se situe à 1912 mètres, est une des sept redoutables étapes en haute montagne. À titre de comparaison, le belvédère Champlain, dans le parc de la Gatineau, se trouve à 300 mètres, a rappelé M. Gravelle plus tôt cette semaine.

Un rêve de petit gars

Il fallait le voir raconter l'aventure qui l'attend. Il avait le regard d'un jeune gamin le matin de Noël.

Les yeux étaient gros comme des « trente sous ». Il parlait avec son coeur lors d'une rencontre au parc Jacques-Cartier.

« C'est un rêve de petit gars que je vais vivre », avait-il noté, quelques jours plus tôt lors d'un premier entretien au téléphone.

Durant son adolescence, justement, Pierre Gravelle se tapait quelques fois en vélo le trajet entre son village natal de Bouchette et l'école secondaire à Maniwaki. Plus tard lorsqu'il étudiait à l'Université d'Ottawa, l'aller-retour entre la Haute-Gatineau et la capitale s'effectuait aussi parfois sur deux roues.

« À l'époque, tu roulais sans casque, il n'y avait pas de bouteilles d'eau, ni de kit de réparation. »

Encore aujourd'hui, ce père de deux ados engrange les nombreux kilomètres. Il a participé à la course amicale Ottawa-Kingston ces deux dernières années.

Et quand vient le mois de juillet, il ne manque pas les rediffusions du Tour de France sur la chaîne spécialisée Évasion.

Un peu de chance

Le désir de goûter à l'événement est venu à la suite d'un voyage en France, il y a deux ans, à l'occasion d'un camp de soccer pour un de ses garçons. L'opportunité s'est présentée cet hiver.

L'organisation Mondovélo, qui organise l'Étape du Tour, recrute des cyclistes amateurs et récréatifs. Plus de 6000 places sont réservées pour les Français, Belges et Suisses. La sélection se fait via tirage. Plusieurs demandes sont refusées, année après année.

Le reste des maillots, environ 2500, est refilé à des agences accréditées ailleurs sur la planète.

Au fil des ans, plusieurs personnalités ont participé à l'événement. Les anciens défenseurs des Sénateurs, Zdeno Chara et Curtis Leschyshyn, ont fait partie du lot.

Chaque année, une étape différente du Tour est sélectionnée. Le Mont Ventoux a été attaqué la dernière fois par les cyclistes amateurs en 2000. Un mercure d'un degré Celsius et des averses de grêle avaient forcé les organisateurs à retenir la seconde moitié du peloton, puisque le sommet était infranchissable dans ces conditions.

Dans le cas de M. Gravelle, il a joué de chance. Un coup de fil placé aux États-Unis au mois de décembre lui a permis d'obtenir une des dernières places sur la ligne de départ moyennant 1 200 $US. À cela s'ajoute 1 500 $CAN pour le billet d'avion et le transport du vélo.

« C'est mon cadeau de Noël », a-t-il laissé tomber en riant.

« Pour moi, c'est un défi semblable à ceux qui ont décidé de gravir le mont Kilimandjaro. Je sors de ma zone de confort. C'est quelque chose de remarquable à accomplir. »

De la détermination dans le sang

L'Étape du Tour n'a rien d'une course. Elle a plutôt des allures de cyclotourisme. Sauf que le compétiteur dans l'âme de Pierre Gravelle brûle. « Je veux compléter l'étape. Je pense que ça va me prendre huit heures pour y arriver », avance-t-il.

Et cet objectif de franchir le fil d'arrivé, il y tient. Un exemple ? Il a retenu les services des spécialistes du Peak Center, à Montréal, afin de lui concocter un plan de préparation.

Les résultats l'ont surpris. « Je voulais perdre 10 livres. J'en ai déjà perdu 12 », explique-t-il.

« C'est bon. Ce sont des livres de moins à traîner en montant jusqu'au bout. »

Pariez un petit deux qu'il complétera l'épreuve. La détermination coule dans ses veines et celles de la grande famille Gravelle.

Son père Léo a disputé cinq saisons dans la LNH, portant notamment les couleurs du Canadien de Montréal durant les années 1940.

Un de ses frères, Serge, a été membre de l'équipe nationale masculine de handball, il y a 30 ans. Une blessure l'avait toutefois privé d'une participation aux Jeux olympiques de 1976.

Une de ses nièces, qui habite en ce moment à Salt Lake City, représenterait un bel espoir en équitation.

Une fois son étape complétée, Pierre Gravelle a l'intention de rester sur place et voir défiler, cinq jours plus tard, les pros du Tour de France.

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