Le Fury change de ligue

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Considéré comme un petit club en NASL, le Fury sera parmi les plus riches en USL.

Etienne Ranger, LeDroit

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Après trois saisons et une présence en finale de la North Amercain Soccer League, le Fury d'Ottawa change de ligue.

Il fera ses adieux à la NASL samedi avec un dernier match contre les Strikers de Fort Lauderdale à la Place TD. Comme la rumeur le laissait entendre depuis des semaines, le Fury se joindra à la United Soccer League (USL) à compter de 2017. Dans la même journée, mardi, les Rowdies de Tampa Bay ont aussi annoncé leur départ de la NASL pour adhérer au circuit grandissant de la USL.

De prime abord, cette nouvelle n'avait rien de réjouissant pour les amateurs de soccer professionnel de la région. Après tout, la NASL est un circuit de division II en Amérique du Nord. La USL, dont la majorité des clubs sont associés à la Major League Soccer (MLS, division I), est une ligue de catégorie III.

Or, la USL a demandé à la Fédération de soccer des États-Unis de lui octroyer le statut de ligue de deuxième division à compter de la prochaine saison et tout porte à croire que la procédure sera acceptée. Le circuit comptera 32 clubs en 2017. Quant à la NASL, qui comptait 12 équipes en 2016, elle perdra au moins trois clubs l'an prochain. Ottawa et Tampa Bay ont choisi la USL alors que le Minnesota fera le saut en MLS. Deux autres équipes, Fort Lauderdale et Oklahoma City, sont sur le respirateur artificiel avec une situation financière précaire.

Bref, l'avenir à court terme de la NASL est sombre même s'il y aura une nouvelle franchise à San Francisco en 2017, mais la ligue a signalé mardi qu'elle visait une expansion d'une demi-douzaine d'équipes en 2018. Une guerre est à prévoir entre la NASL et la USL si les deux ligues devaient avoir le statut de deuxième division.

Pour le Fury, le changement de ligue s'imposait afin d'assurer sa survie à long terme. Le club aurait perdu environ 2 millions $ cette saison, mais il devra quand même payer une pénalité pour se libérer de son entente avec la NASL. Ce n'est pas tout. Le club ottavien versera la coquette somme de 3 millions $ pour joindre la USL.

« C'est un gros changement, mais c'est une bonne nouvelle pour nos partisans. Nous ne voulions pas perdre ce que nous avions construit dans les trois dernières années. Ce changement va nous permettre d'offrir du soccer de qualité à nos partisans pendant bien des années à Ottawa », a signalé le président du Fury, John Pugh.

Si le Fury devait employer la tactique Moneyball pour survivre dans la NASL avec son petit budget d'exploitation, il fera maintenant partie des clubs les plus fortunés de la USL. « Nous allons garder la même masse salariale. Nous avons rencontré les joueurs aujourd'hui pour leur annoncer la nouvelle. Ils ont semblé réceptifs à ce changement. Nous allons devoir réécrire les contrats, mais nous allons honorer tous ceux qui sont en vigueur pour la prochaine saison », a ajouté John Pugh, qui compte également ramener son entraîneur Paul Dalglish en 2017.

Le président n'a pas voulu cracher son venin sur la NASL mardi. « Cette ligue a été la tribune parfaite pour nos trois premières années, mais la USL est le circuit de soccer avec la plus forte croissance au monde. Elle est bien gérée avec plusieurs équipes de qualité. »

Le transfert vers la USL ne changera rien au Championnat canadien de soccer. Le Fury luttera encore pour le titre national la saison prochaine avec les quatre autres clubs canadiens. Contrairement à plusieurs équipes de la USL, le Fury ne sera pas affilié à un club de la MLS.

Qu'est-ce que la USL?

Le soccer est en plein essor en Amérique du Nord et la United Soccer League (USL) en est la grande bénéficiaire depuis quelques années.

En 2014, elle avait 14 équipes. En 2017, la ligue comptera 32 équipes, divisées en deux conférences : une à l'ouest et une à l'est.

Le Fury évoluera dans l'est et luttera entre autres contre les clubs-écoles de l'Impact de Montréal, du FC Toronto, du Red Bull de New York ainsi que le club indépendant des Rhinos de Rochester. Ses déplacements seront moins coûteux. Dans la NASL, son plus proche rival se situait à Long Island, New York.

À la conclusion de sa dernière saison, la USL a noté une augmentation de 33 % de l'affluence à ses parties alors que ses 10 meilleures équipes ont attiré en moyenne 6700 spectateurs par match. Au haut de la liste, Cincinnati a joué devant une moyenne de 17 300 spectateurs par match. En queue de peloton, le FC Montréal II a attiré à peine 243 spectateurs par partie. En moyenne, 5500 spectateurs ont assisté aux matches du Fury en 2016.

« Il y a deux genres de clubs dans la USL, signale le président du Fury, John Pugh. Il y a les clubs indépendants qui misent sur le produit sur le terrain pour attirer des spectateurs et des clubs affiliés à des équipes de la MLS qui existent surtout pour développer leurs futurs joueurs. C'est le cas de Montréal. C'est l'équipe de première division qui finance ces équipes. »

Selon John Pugh, les joueurs de la USL sont plus jeunes que ceux de la NASL, qui arrivait à attirer des grands noms du sport en fin de carrière. « La USL, c'est la pépinière de la MSL. Dans les deux dernières années, 36 joueurs ont fait le saut de la USL à la MLS. »

Attention. L'annonce conjointe de la USL et du Fury pourrait être prématurée. Pour que le transfert soit officiel, il doit obtenir l'aval de Soccer Canada. Mardi, l'organisme a écrit qu'elle se pencherait sur la question en décembre. Par le passé, Soccer Canada n'a jamais été chaude à l'idée d'accorder une équipe indépendante à la USL.

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