Platini radié à vie de la FIFA?

La commission d'éthique de la FIFA a demandé... (Ronald Zak, Archives AP)

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La commission d'éthique de la FIFA a demandé une suspension à vie pour Michel Platini, affirme l'avocat du Français.

Ronald Zak, Archives AP

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Philippe Grelard
Agence France-Presse
PARIS

Michel Platini sera-t-il radié à vie du monde du soccer? C'est ce que préconise le rapport d'enquête interne de la FIFA à propos du fameux paiement controversé de deux millions de francs suisses (environ 2,6 millions $CAN) pour lequel un verdict est attendu en décembre.

«La chambre d'instruction du comité d'éthique de la FIFA a requis le bannissement à vie de Michel Platini, nous l'avons vu dans le dossier qui nous a été transmis», a indiqué à l'AFP Me Thibaud D'Alès, l'avocat de Platini, confirmant une information du quotidien français Libération.

Sollicitée par l'AFP, la justice interne de la FIFA s'est refusée à tout commentaire. On ne sait donc pas si la même peine a été requise contre Joseph Blatter, président démissionnaire de la FIFA, suspendu comme Platini jusqu'au 5 janvier à titre provisoire, pour l'affaire du paiement mais aussi pour un contrat de droits de télévision présumé déloyal envers la FIFA.

«J'ai beaucoup de chance, j'ai échappé au bûcher» a ironisé le Français en apprenant ces réquisitions, a confié son entourage à l'AFP. Pourtant, les chances du président de l'UEFA d'être un jour celui de la FIFA, avec une élection toujours prévue le 26 février, semblent réduites en cendres.

Si une telle sanction est prise, Platini devra faire appel à l'interne à la FIFA, puis se tourner devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne en cas de rejet. Or les délais des appels successifs attendus ne joueront pas en sa faveur.

«Peine de mort»

Le 10 octobre, l'ex-triple Ballon d'Or a contesté devant la FIFA sa suspension provisoire de 90 jours prononcée deux jours avant. Cause de cette sanction: ce fameux paiement de 2 millions de francs suisses reçu en 2011 de la part de Sepp Blatter, président démissionnaire de la FIFA, pour un travail de conseiller achevé en 2002.

Il a fallu un mois et huit jours pour que la chambre des recours de la FIFA lui notifie le 18 novembre le rejet de cet appel. Platini s'est alors tourné le 20 novembre vers le TAS, juridiction sportive suprême et indépendante. En procédure d'urgence, le TAS peut rendre sa décision entre deux et trois semaines.

En cas de radiation ou autre sanction lourde de la chambre de jugement, il faudra refaire ce même parcours du combattant.

«Ce bannissement requis est conditionné à la preuve d'une corruption, selon Me D'Alès, qui dénonce «une démesure de la peine requise» et estime qu'elle «ne repose sur rien dans le dossier».

Comment expliquer que la justice interne de la FIFA réclame une peine si lourde? Le versement controversé est-il seul en cause, ou d'autres faits sont-ils reprochés à Platini? Pour son avocat, l'acte d'accusation repose uniquement «sur un paiement considéré comme malhonnête».

Un ancien cadre de la FIFA estime au contraire que «la commission d'éthique reproche d'autres choses que le seul versement de 2 millions de francs suisses». «Le bannissement à vie dans le soccer est l'équivalent de la peine de mort dans le droit pénal», fait valoir cette source.

«Pur scandale»

Le camp Platini, lui, dénonce une instruction à charge et un «pur scandale». «On peut se demander si la personne chargée d'enquêter (N.D.L.R.: Vanessa Allard) ne doit pas être appelée la personne "chargée d'éliminer Michel Platini" en vue de la présidence de la FIFA», a déclaré Me d'Alès.

L'avocat garde encore un mince espoir: le magistrat allemand Hans-Joachim Eckert, à la tête de la chambre de jugement, «ne peut se contenter de spéculations pour condamner quelqu'un». «Tout comme le TAS», souligne-t-il encore.

Dans le camp de Platini, d'autres sources avancent que Vanessa Allard, magistrat instructeur de la FIFA, est «partie du postulat que ce paiement de 2 millions de francs suisses ne correspond à rien, et spécule sur une possible falsication des comptes de la FIFA, un possible défaut de loyauté envers la FIFA, un possible conflit d'intérêt et une possible corruption, sans en apporter la preuve».

À la fin octobre, un des hauts responsables de la FIFA, Domenico Scala, avait avancé l'hypothèse d'une «falsification des comptes de la FIFA» pour expliquer que le paiement ne soit pas apparu dans les comptes avant son versement en 2011. Ce à quoi le camp Platini avait répliqué que ce n'était pas au Français de s'occuper des livres de compte de l'instance suprême du soccer.

Les avocats de Platini ont toujours argué d'un travail de conseiller réel, mais d'un contrat oral pour une partie du paiement manquant entre Platini et Blatter.

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