Le Fury, un groupe tissé serré

Le capitaine Richie Ryan a été catégorique au... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

Agrandir

Le capitaine Richie Ryan a été catégorique au lendemain de la consécration: le gérant Marc Dos Santos est le grand architecte de ce championnat.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Richie Ryan n'avait pas gagné de trophée au soccer depuis 2011. Cette année-là, avec les Rovers de Sligo, il avait soulevé la Coupe d'Irlande.

Mercredi soir, le capitaine du Fury d'Ottawa n'était pas à Jacksonville avec le reste de ses coéquipiers. Blessé à une cuisse, il est resté en retrait dans la capitale nationale. Deux heures avant le match, dans sa cuisine, un sentiment d'impuissance l'envahissait. Son club avait l'occasion de rafler le championnat de la saison d'automne de la NASL. Il était rongé par le trac.

«Je ne regarde jamais de matches dans les bars. Ça me déconcentre. Avant le match, je préparais le souper quand je me suis aperçu que j'étais vraiment nerveux! J'aurais mieux aimé jouer. Quand l'enjeu est grand, j'ai aussi le trac, mais c'est différent, car j'exerce un contrôle sur la situation.»

L'Irlandais de 30 ans est resté figé devant son écran pendant de longues minutes mercredi. Il a vu l'Armada de Jacksonville prendre les devants 1-0 en première demie, mais le Fury a répliqué avec deux buts rapides autour de la 60e minute. À la fin de la soirée, il a vu ses coéquipiers soulever l'entraîneur-chef Marc Dos Santos dans les airs. Le Fury l'avait emporté 3-1. Du même coup, il récoltait le premier morceau de «quincaillerie» de son histoire.

Dos Santos l'architecte

Richie Ryan a été catégorique au lendemain de la consécration: Marc Dos Santos est le grand architecte de ce championnat.

«Marc est un gérant d'une nouvelle génération. Il est jeune. Il est près des joueurs. Je connais des gérants qui n'ont aucune relation avec leurs joueurs. Marc a assemblé toutes les pièces de cette équipe à partir de rien. Il a donc tissé des liens étroits avec chacun d'entre nous. Le Fury, c'est son projet.»

Honnête, le capitaine a avancé que la situation n'a pas toujours été rose à Ottawa. «Notre équipe tirait le diable par la queue en début de saison. Il y a des gens qui s'interrogeaient sur certaines choses, mais Marc croyait énormément au plan qu'il tentait de mettre en place. Il s'est assuré que tout le monde y adhère. Aujourd'hui, personne ne conteste rien. Nous gagnons des matches et je me balance de ce que les autres peuvent penser.»

Des copains de Ryan à travers la ligue lui ont raconté que le Fury ne gagnait pas ses matches avec conviction. «Certains disent que nous gagnons sans jouer du grand soccer. Je m'en fous. Marc a apporté une mentalité gagnante et nous n'avons perdu qu'un seul de nos 24 derniers matches.»

Quand il a vu ses coéquipiers sabrer le champagne après la victoire décisive, Ryan a été touché d'un pincement au coeur.

«Nous n'avons rien fait de spécial quand nous nous sommes qualifiés pour les séries. Les gars ont fêté fort cette deuxième étape vers le championnat. J'espère que je serai là pour célébrer la troisième étape: celle du championnat des saisons combinées.»

Lorsqu'il a signé son contrat avec le Fury d'Ottawa en 2013, Ryan était loin de se douter que ce club d'expansion allait gagner son premier trophée en moins de deux ans. «C'est dur à expliquer comment le succès est venu aussi rapidement, mais je peux vous dire que ce groupe est tissé très serré et c'est la plus grande raison qui explique nos succès. Et quand vous commencez à gagner, ça devient contagieux.»

Plus question de conduire un taxi, dit Ryan

Flambloyant après la conquête du championnat de la saison d'automne de la NASL mercredi, Marc Dos Santos a pris la parole juste avant l'explosion des bouchons de bouteilles de champagne.

«Vous êtes resté calme à la mi-temps même si nous tirions de l'arrière. La seule raison pour laquelle c'est arrivé, c'est parce que je me dis que vous avez l'ADN d'une équipe championne! Bon travail les gars!»

Capitaine du club et ancien champion de la Coupe d'Irlande, Richie Ryan n'était pas sur place pour participer aux célébrations avec ses coéquipiers, mais il était fier de pouvoir ajouter un autre trophée à son curriculum vitae. Il y a sept ans, il a failli laisser tomber le soccer pour devenir chauffeur de taxi!

«J'aurais sûrement été mieux rémunéré en conduisant un taxi qu'en jouant au soccer, mais l'industrie peut m'attendre encore quelques années. Elle sera toujours là pour moi!»

Il faut comprendre que son père dirige une compagnie de taxi en Irlande et qu'à l'âge de 23 ans, Richie Ryan broyait du noir. Il avait quitté le domicile familial à l'âge de 16 ans dans l'espoir de faire carrière au soccer professionnel, mais sept ans plus tard, il avait frappé un mur.

Au lieu de progresser dans sa carrière, il commençait à reculer. À la fin, il jouait dans un club qui éprouvait des problèmes financiers. Il voulait tout abandonné.

«J'ai dû quitter l'Angleterre et retourner chez moi afin de me refaire un nom. Ça m'a permis de retrouver le feu sacré et d'aller jouer en Belgique par la suite.»

Aujourd'hui, Ryan ne regrette pas son choix d'avoir traversé l'Atlantique pour se joindre à l'aventure du Fury. Marc Dos Santos avait fait référence à l'ADN de champion de Ryan à son embauche en 2013. Il occupera un poste dans une équipe de la MLS la saison prochaine. L'entraîneur tient son capitaine en haute estime. Il ne faudrait pas se surprendre si Ryan devait le suivre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer