Un gardien recruté dans une boulangerie

Le Fury a déniché Romuald Peiser alors qu'il... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le Fury a déniché Romuald Peiser alors qu'il évoluait en Ligue 1 du Portugal.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Certains entraîneurs parcourent les terrains de soccer du monde entier pour dénicher des joueurs. Marc Dos Santos, lui, a trouvé le meilleur gardien de la NASL dans une boulangerie.

C'est véritablement le fruit du hasard qui a placé Romuald Peiser sur le chemin de l'entraîneur-chef du Fury d'Ottawa. En voyage de recrutement au Portugal en décembre 2013, Dos Santos a rencontré le gardien français dans une boulangerie/resto. Il y était pour rencontrer un attaquant dans le but de l'amener à Ottawa, mais Peiser se trouvait aussi sur place. Dos Santos discutait avec l'attaquant quand il s'est rendu compte qu'il avait plus d'affinités avec le gardien.

«Romuald jouait avec un bon club en première division. Nous avons parlé de tout. Je n'avais jamais pensé de l'attirer chez nous. Je ne savais même pas qu'il pourrait traverser l'Atlantique.»

Le gardien natif de Phalsbourg se souvient encore de sa première rencontre improvisée avec le sélectionneur du Fury.

«J'étais avec ma fille à la boulangerie. Nous avons discuté pendant une heure et demie, mais j'étais en Ligue 1 au Portugal et ça ne m'avait jamais traversé l'esprit de venir au Canada.»

Coïncidence, l'attaquant ciblé partageait le même agent que Peiser.

«Nous faisons affaire ensemble depuis l'époque où j'étais avec l'Impact. Ça n'a pas marché avec l'attaquant. J'avais rapidement fait une croix sur lui et j'avais poursuivi ma conversation avec Romuald», explique Dos Santos.

«Nous n'avions pas besoin d'un gardien l'an dernier, mais quand tu as la chance d'ajouter un gardien de cette trempe, tu n'as pas le choix de penser à l'avenir du club.»

- Marc Dos Santos

Quelques mois plus tard, Dos Santos fait un appel à son fidèle agent au Portugal. Par hasard, Peiser se trouvait à ses côtés. Le gardien était rendu à 34 ans et il négociait son prochain contrat avec l'Académica. Un autre club s'intéressait à lui, mais sa conversation avec l'entraîneur du Fury occupait encore ses pensées.

PAS POUR L'ARGENT

Sur le champ, Peiser a suggéré à son agent d'offrir ses services à l'équipe ottavienne.

«Le Fury avait déjà trois gardiens et ils étaient contents avec Devala (Gorrick), avance Peiser. Mon agent est revenu à la charge en disant à Marc qu'il me proposait quand même. Ils ont répondu qu'ils étaient intéressés, mais qu'ils n'avaient pas d'argent comme en Europe. Je leur ai dit de faire ce qu'ils pouvaient.»

Et c'est ainsi que Peiser est débarqué à Ottawa au mois de juin 2014. L'arrivée d'un quatrième gardien à Ottawa n'a pas fait l'unanimité à l'époque, mais Dos Santos vit bien avec sa décision aujourd'hui. Son gardien continue de réécrire le livre des records de la NASL avec sa séquence active de 616 minutes sans accorder de but.

«Nous n'avions pas besoin d'un gardien l'an dernier, mais quand tu as la chance d'ajouter un gardien de cette trempe, tu n'as pas le choix de penser à l'avenir du club. Tout le monde est content que Romuald soit là aujourd'hui.»

Après six saisons en première division au Portugal, le gardien de 6'1» est arrivé au Canada sans grandes attentes, mais avec une grande confiance en Dos Santos.

«Rendu à un certain âge, il ne faut pas regarder que l'argent. Je savais que j'allais avoir une bonne structure, un bon entraîneur et que j'allais vivre un beau projet ici. J'avais des idées préconçues du football nord-américain, mais le fait d'avoir Marc ici m'a énormément rassuré. Ça peut paraître bizarre de laisser les stades pleins sur gazon naturel d'Europe pour un club de deuxième division qui joue sur une surface synthétique ici, mais c'est vraiment Marc qui m'a convaincu avec ses idées et sa façon de me présenter le club.»

Romuald Peiser a connu du succès en Allemagne, en France, en Suisse, en Roumanie et au Portugal pendant sa carrière. À bientôt 36 ans, il se sent encore d'attaque. Le destin ne l'a pas amené finir sa carrière à Ottawa pour l'argent, mais pour gagner à court ou moyen terme.

jfplante@ledroit.com

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