Duel de titans à Ottawa

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L'équipe allemande, menée par Anja Mittag, espérait éviter un affrontement avec un adversaire de taille en terminant première de son groupe, mais une ronde des 16 difficile pour la Suède a déjoué ce plan

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Des huit matches de la première ronde éliminatoire de la Coupe du monde de soccer féminin, celui présenté à Ottawa entre l'Allemagne et la Suède promet d'être le plus relevé.

L'Allemagne occupe le premier rang mondial du classement de la FIFA alors que la Suède n'est pas loin derrière au cinquième rang. Les deux équipes auraient pu espérer mieux pour lancer leur phase éliminatoire. À titre comparatif, les États-Unis (2e) ont hérité de la Colombie (28e) comme premier adversaire des huitièmes de finale. Même la Chine (16e) devrait respirer d'aise lorsqu'elle croisera le Cameroun (53e).

Malheureusement, une puissance du soccer verra son aventure prendre fin ce soir à Ottawa. L'Allemagne avait tout fait pour éviter un affrontement exigeant en prenant le premier rang de son groupe. Mais son premier rang n'a pas été récompensé parce que la Suède a peiné à se qualifier à la ronde des 16. Coincées dans un groupe compétitif avec les États-Unis, l'Australie et le Nigéria, les Suédoises n'ont pas gagné un seul match, mais elles n'ont pas perdu non plus. Avec trois matches nuls, elles ont dû attendre les résultats des derniers matches de la ronde préliminaire avant de savoir qu'elles obtiendraient une deuxième chance.

«Ç'a été difficile mentalement pour nous de regarder les derniers matches (sans pouvoir contrôler notre destinée), mais nous avons obtenu une deuxième chance et les équipes qui reçoivent cette vie supplémentaire en tirent généralement des effets positifs», a lancé l'entraîneuse suédoise, Pia Sundage hier.

Non seulement la Suède a parcouru un chemin plus difficile pour sortir de son groupe, elle est également arrivée à Ottawa jeudi alors que l'Allemagne est de retour en ville depuis mardi. La Mannschaft a aussi l'avantage d'avoir disputé deux de ses trois matches dans la capitale nationale et de bien connaître son environnement.

«L'Allemagne a eu un chemin différent du nôtre. Elle a eu des matches à sens unique et elle a passé beaucoup de temps à Ottawa pendant que nous nous remettons du décalage horaire. Nos préparations sont bien différentes, mais nous joueront dans un nouveau stade. Nous arrivons avec des idées fraîches et nous avons hâte de nous familiariser avec les lieux», a ajouté l'entraîneuse Sundage.

L'allemagne confiante

Du côté de l'Allemagne, l'entraîneuse Silvia Neid respirait la confiance hie. «Nous avons beaucoup parlé de la Suède ces derniers jours. Nos joueuses savent exactement ce qu'elles doivent faire pour gagner contre elle. Nous avons eu plusieurs jours de repos. Nous n'avons pas eu à travailler bien fort pour gagner contre la Côte-d'Ivoire et la Thaïlande. Il est temps de nous remettre en mode compétitif.»

Si l'Allemagne est confiante à la veille d'un premier duel sans lendemain, il faut dire que l'histoire récente a souvent joué en sa faveur, incluant la finale de l'Euro 2013. «On se connaît bien. On ne réinventera pas la roue. Ce ne sera pas un match de 4-0. On va imposer notre style. On connaît bien notre environnement. Ça peut toujours servir d'avantage. En même temps, la Suède s'est plainte de certains stades dans lesquels elle a joué. Elles seront peut-être contentes de jouer ici. Nous avons l'impression d'être à la maison ici», a ajouté Silvia Neid.

Ce premier match éliminatoire à Ottawa pourrait aussi donner lieu à une fin spectaculaire alors qu'il faudra absolument déterminer un gagnant. En cas d'égalité après la prolongation, les tirs de barrage seront requis. Les deux équipes disent avoir mis beaucoup de temps sur cette facette du jeu.

La gardienne de but allemande Nadine Angerer (au... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit) - image 2.0

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La gardienne de but allemande Nadine Angerer (au centre) est encore au sommet de sa forme. C'est pourquoi elle tient à prendre sa retraite maintenant.

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Celle qui voulait quitter au zénith

Elle a gagné deux coupes du monde, quatre championnats européens et une médaille de bronze olympique pour le compte de l'Allemagne. Elle a été décorée du Ballon d'or en 2013. Ce prix est décerné par la FIFA à la meilleure joueuse de l'année. Aucun autre gardien, homme ou femme, n'a récolté pareil honneur. En 2007, elle a établi un record en blanchissant l'adversaire pendant les 540 minutes (6 matches) de la Coupe du monde.

Sans contredit, Nadine Angerer est l'une des joueuses les plus influentes de l'histoire du soccer féminin. Cet après-midi, les amateurs de soccer d'Ottawa auront le privilège de la voir à l'oeuvre une dernière fois. La gardienne allemande de 36 ans a déjà annoncé qu'elle prendrait sa retraite internationale à la fin du Mondial 2015.

Angerer sent qu'elle pourrait jouer encore quelques années, mais elle voulait s'arrêter au moment où elle se sentait au sommet de son art. «Je suis dans une forme inégalée. Je pourrais jouer au plus haut niveau pendant deux ou trois autres années. En même temps, c'était important pour moi de choisir quand j'allais m'arrêter. Je ne voulais pas que la fin de ma carrière soit déterminée par les blessures ou par la décision d'autrui.»

Capitaine de l'équipe de l'Allemagne depuis septembre 2011, Angerer a amorcé sa carrière internationale en 1996. Même si elle a vécu plusieurs moments de gloire, elle chérira toujours le souvenir de sa première finale en Coupe du monde à titre de gardienne titulaire en 2007. La Mannschaft menait 1-0 contre le Brésil quand elle a arrêté Marta sur un pénalty. Marta joue encore aujourd'hui. Elle est la meilleure marqueuse de l'histoire du Mondial féminin.

«Comme gardienne, tu es toujours contente d'arrêter un pénalty. Mais cet arrêt restera gravé dans ma mémoire parce que nous menions 1-0. C'était la finale et j'affrontais une super vedette à l'époque où j'étais encore une illustre inconnue.»

Huit ans après son premier véritable fait d'armes, Nadine Angerer a annoncé sa retraite de la compétition internationale. Elle a choisi de le faire à quelques mois de l'ouverture de la Coupe du monde au Canada. Elle ne tenait pas à garder le secret. «Mon choix était fait et je voulais l'annoncer pour que ce soit clair. Ça n'aura aucune influence sur mes performances ou celles de l'équipe. Et si ça devait être le cas, ce sera positif pour tout le monde.»

Avant d'accrocher ses gants, Angerer va compléter sa saison et les séries éliminatoires avec les Thorns de Portland. D'ici là, elle compte ajouter un dernier titre international à son impressionnante collection.

Une deuxième salle comble?

Le match Allemagne/Suède devrait être le deuxième match présenté à guichets fermés à Ottawa depuis le début de la Coupe du monde.

Le stade de la Place TD, qui peut accueillir 24 000 spectateurs pour les matches de football du Rouge et Noir, a une capacité réduite à 21 562 spectateurs pour le Mondial de la FIFA. Des milliers de places ont été éliminées pour accommoder les médias du monde entier ainsi que les représentants de la FIFA et des équipes nationales.

Après trois soirs d'activités (6 parties) à Ottawa, 61 502 amateurs de soccer ont franchi les tourniquets pour une moyenne de 20 500 partisans par soir (95,1 % de capacité). Le dernier programme double entre la France et le Mexique ainsi que l'Espagne et la Corée du Sud a fait salle comble.

Les membres du comité organisateur d'Ottawa s'attendent à remplir tous les sièges cet après-midi et même s'il reste encore beaucoup de billets pour le duel Norvège/Angleterre lundi, on anticipe aussi un match à guichets fermés.

Tous les billets du match des quarts de finale (gagnant États-Unis/Colombie contre gagnant Chine/Cameroun) ont déjà trouvé preneurs.

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