Pour l'amour du soccer

La capitaine de l'équipe de la Norvège, Trine... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La capitaine de l'équipe de la Norvège, Trine Ronning, constate que le niveau de jeu du soccer féminin a fait un bond prodigieux dans les dernières années.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Au soccer comme dans bien des sports d'équipes masculines, les meilleurs athlètes au monde commandent des salaires astronomiques. Pendant que Cristiano Ronaldo et Lionel Messi encaissent des chèques annuels de plus de 75 millions$ en incluant leurs revenus publicitaires, la majorité des joueuses qui participent à la Coupe du monde féminine de la FIFA au Canada amassent des miettes.

Plusieurs sont aux études alors que d'autres doivent occuper un emploi afin de subvenir à leurs besoins. Il y a des exceptions. L'Américaine Alex Morgan gagne très bien sa vie grâce à son sport. Elle est considérée comme la joueuse la mieux rémunérée au monde avec un salaire évalué à 450000$ chez les Thorns de Portland. La Brésilienne Marta Vieira gagne à peu près le même salaire en Suède alors que les Américaines Abby Wambach et Heather Mitts font plus de 150000$. Les rémunérations chutent dramatiquement après elles.

En Europe, une poignée de joueuses exceptionnelles évoluant chez les clubs prestigieux de Lyon, de Munich ou de Francfort parviennent à obtenir des contrats dans les 100000$, mais dans les normes, les joueuses professionnelles touchent moins de 20000$ par année. Les joueuses d'équipes nationales sont donc ici par amour pour leur sport avant tout. Un sport qui évolue rapidement chez les femmes. Pendant des années, les fédérations nationales ont sous-financé le sport féminin, mais un rattrapage se fait un peu partout dans le monde. C'est un peu ce qui a poussé la FIFA à ajouter huit équipes à la Coupe du monde 2015.

Niveau de jeu relevé

Capitaine de l'équipe de la Norvège, Trine Ronning attaque déjà son quatrième Mondial de la FIFA. Elle est bien placée pour parler de la hausse du niveau de jeu.

«Avant, il n'y avait que quelques pays qui étaient solides en matière de soccer féminin. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. C'est de plus en plus difficile de se maintenir dans le groupe des meilleures au monde. Les jeunes filles nous arrivent au sommet de leur forme. Elles sont plus rapides et bien plus techniques qu'il y a 10 ans.»

La relève lui pousse tellement dans le dos qu'elle a dû changer de position après avoir passé le cap de la trentaine. «J'étais une attaquante rapide et agile. Les plus jeunes m'ont dépassé. Je dois les regarder à partir de ma position de centre-arrière maintenant», a expliqué l'athlète de 32 ans, qui a quand même compté un but à Ottawa dimanche.

Sylvia Neid, qui a dirigé l'Allemagne vers le championnat du Mondial 2007, constate également l'écart décroissant entre les meilleures nations de soccer féminin sur la planète. «Je pense que huit pays peuvent aspirer au championnat cette année. Et encore, des surprises pourraient survenir.»

Plusieurs fois championne d'Europe avec la Mannschaft, la défenseure Simone Lauderh avance que les jeunes joueuses sont plus athlétiques et agressives de nos jours. «Le soccer est de plus en plus accessible aux filles et elles grandissent dans les académies», dit-elle.

La hausse de la qualité du jeu aide ainsi le soccer féminin à gagner en popularité. L'ambassadeur de la Norvège à Ottawa était très fier d'annoncer aux filles de l'équipe nationale les résultats des cotes d'écoute de leur premier match au Mondial lors de leur visite lundi. «Vous avez été regardées plus que les matches de la Ligue des champions. Vous avez enregistré les plus grosses cotes d'écoute de l'année 2015. C'est tout à votre honneur.»

jfplante@ledroit.com

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