Au revoir «doc Granier»

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Pierre Granier, c'est le genre de personne «que tu ne pouvais pas haïr», se souvient l'autre cofondateur de l'ARSO, Jean-Pierre Hétu.

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Le soccer en Outaouais pleure la mort d'un de ses pionniers.

Le vétérinaire Pierre Granier a rendu l'âme, la semaine dernière, chez lui à Aylmer. Il était âgé de 85 ans.

«Il avait deux passions, rappelle son fils Pierre. «Il adorait les animaux. Il avait ses petits chevaux. Il y avait toute une bagatelle d'animaux à la maison (...) Il aimait se promener sur le terrain parmi les dindons sauvages qui le suivaient partout.»

Le jour, le «doc Granier» soignait les petites et moins petites bêtes à sa clinique sur le boulevard St-Joseph. Le soir venu, on le retrouvait sur les surfaces gazonnées, cigarette non allumée dans le coin de la bouche, à diriger de puissantes équipes de soccer.

«C'était sa marque de commerce. Il la chiquait sa cigarette», se souvient en riant son ami Jean-Pierre Hétu qui a fondé avec lui l'Association régionale de soccer de l'Outaouais (ARSO) en 1978.

«Pierre était un mordu de soccer, dit-il.

- À quel point?

- Au point de même déplacer ses rendez-vous à la clinique afin d'être présent pour un match important, souligne M. Hétu. Il était un fanatique de tous les événements, que ce soit international, national, régional et local. Il était toujours impliqué.»

Où commencer? La feuille de route de Pierre Granier ne se résume pas sur le bout d'une serviette. Elle est longue. Très longue.

La Fédération de soccer du Québec l'a intronisé dans son Temple de la renommée en 2001. «Il en est le seul membre de la région de l'Outaouais», note le directeur général de Soccer Outaouais, Richard Gravel.

Il y a trois ans, cette même fédération avait décerné la médaille du centenaire à Pierre Granier lors d'une cérémonie tenue en bordure d'un terrain de soccer à Hull. Un geste qui avait ému le principal intéressé.

«C'est une journée particulière et spéciale pour moi... J'ai même dû sortir mes souliers cirés que je n'avais pas mis depuis longtemps», avait-il lancé, sourire en coin, au journaliste du Droit.

Cet ancien joueur de football français a quitté Grenoble au milieu des années 1950, mettant le cap vers le Québec. D'abord à Saint-Hyacinthe pour les études puis l'Outaouais, huit ans plus tard.

En plus de participer à la mise sur pied de l'ARSO, Pierre Granier a implanté des programmes de soccer intérieur dans les écoles secondaires. Il a déjà rempli huit autobus pour aller voir un match du Manic à Montréal.

Le même Manic qu'il avait réussi à attirer plus tard à Aylmer pour une joute. Plus de 4000 personnes s'étaient pointées dans un stade pouvant en contenir la moitié.

«Pierre a laissé son empreinte dans le monde du soccer. Il a fait beaucoup pour le développement du soccer dans la région. C'était un passionné, mais aussi un humaniste incroyable, mentionne un autre de ses amis, le comédien Alain Fahri.

«Il a donné beaucoup d'argent... Il a payé pour des joueurs qui ne pouvaient pas payer leurs cotisations. Il a aussi acheté des souliers pour des joueurs qui n'avaient pas les moyens. Il ne s'en est jamais vanté.»

À sa retraite, Pierre Granier a consacré encore plus de temps au soccer. Il a pris sous son aile plusieurs équipes seniors, que ce soit l'Unidos, les Lions de Hull ou le FC La Station. Tout ça après avoir mené des formations juvéniles d'Aylmer ou celle du Cégep de l'Outaouais où il a enseigné la biologie.

«Lors des dernières années, ses joueurs venaient le chercher à la maison pour qu'il puisse aller coacher», relate son garçon, qui passait hier à travers des nombreuses coupures de presse de son père.

Jean-Pierre Hétu, lui, conservera le souvenir d'une «personne intègre et dévouée». «Le genre de personne que tu ne pouvais pas haïr, affirme-t-il.

«Perdre ne faisait pas partie de son vocabulaire, mais il restait respectueux. Pierre ne parlait jamais en mal d'un bénévole, d'un coach ou d'une association.»

Ces derniers jours, ce sont ses amis attristés qui parlaient en bien du «doc Granier».

mcomtois@LeDroit.com

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