La vie continue sans MacArthur

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«[Clarke MacArthur] va nous manquer et c'est un gros trou à combler dans notre alignement...» estime Dion Phaneuf (à droite).

Patrick Woodbury, Le Droit

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Même s'ils étaient déçus d'apprendre que Clarke MacArthur a échoué son examen médical en se rapportant au camp d'entraînement, les vétérans des Sénateurs d'Ottawa qui le connaissent bien ont cherché à relativiser sa perte pour une période indéterminée, sinon pour toujours.

Le capitaine Erik Karlsson a fait remarquer que le vétéran attaquant de 32 ans n'en est pas à sa première absence prolongée de l'alignement de l'équipe au cours des dernières saisons.

« Ce n'est évidemment pas ce qu'on espérait et il en va de même pour lui. Mais en fin de compte, dans sa vie privée et personnelle, tout va bien. Ça ne va malheureusement pas aussi bien dans sa vie professionnelle, pas assez bien en tout cas pour lui permettre de "compétitionner" à ce niveau », a-t-il déclaré vendredi, au lendemain de l'annonce que MacArthur ne prendra pas part au camp.

« Il est un gros morceau de notre club depuis qu'il est ici. Mais malheureusement, il a raté beaucoup de temps récemment et nous y sommes habitués, on sait comment composer avec ça. Je suis pas mal certain que nous nous étions préparés pour les deux scénarios, qu'il soit là ou qu'il ne soit pas là, comme c'est le cas », a-t-il ajouté.

L'entraîneur-chef Guy Boucher a mentionné qu'il avait justement un « plan B en raison de son historique » dans le cas de MacArthur. « C'était plus un choc l'an passé (quand il a subi une commotion au troisième jour du camp) alors que là, on vivait d'espoir... On va voir ce qui va arriver, mais là, je pense que nous sommes au même point que l'an passé. On va laisser les médecins composer avec ça et voir où ça va aller alors qu'on souhaite le mieux pour l'homme qui est un excellent leader. Mais présentement, avec les joueurs qui sont capables de jouer, on doit trouver des attaquants qui vont être capables de se tailler un poste dans notre alignement. Nous sommes plus prêts que l'an passé d'aller de l'avant avec le plan B », a-t-il dit.

Avant de regarder à l'extérieur pour du renfort, les Sénateurs risquent de donner la chance à des joueurs comme Ryan Dzingel, Alexandre Burrows et Zack Smith de combler l'absence de MacArthur sur les deux premiers trios. 

Au-delà des considérations strictement reliées au hockey, il y a le côté humain qui prime dans ce dossier alors qu'un joueur apprécié de ses coéquipiers pourrait être obligé de mettre un terme prématurément à sa carrière. C'est l'élément qui était primordial pour son bon ami Clarke MacArthur, un coéquipier de longue date, chez les Maple Leafs et auparavant avec Équipe Canada des moins de 17 ans.

« La journée (de jeudi) a été très difficile à plusieurs niveaux. Pour moi personnellement, qui le connais depuis si longtemps, c'est dur à avaler. Mais je l'ai vu hier et il a un bon moral. Il est évidemment déçu de ne pas être capable de passer son examen physique, mais il est un gars déterminé. Je ne peux pas en dire assez à son sujet comme ami et comme coéquipier. J'ai beaucoup de bons souvenirs avec lui. C'est quelque chose qui est une surprise pour tout le monde, un choc, mais on doit aller de l'avant maintenant », a-t-il déclaré, mentionnant qu'il a encore des frissons en pensant à son premier but après son retour, en première ronde contre Boston.

« Je ne sais pas quelle est l'étape suivante pour lui, je ne peux commenter là-dessus. Je suis certain qu'il va émettre un commentaire quand le moment sera bien choisi pour lui. Comme coéquipier, il va nous manquer et c'est un gros trou à combler dans notre alignement... L'adversité fait partie du sport, on a trouvé un moyen d'y faire face l'an dernier et on va devoir faire la même chose cette année », a ajouté Phaneuf.

Le centre gatinois Derick Brassard abondait dans le même sens : « C'est un gros morceau de notre équipe, vous l'avez tous vu jouer dans les séries, c'est un gars qui aurait pu nous aider cette année. Je ne sais pas ce qui va arriver maintenant, c'est certain que c'est décevant pour notre équipe, mais l'important est que lui soit en santé, le reste vient après », a-t-il indiqué.

Boucher veut « repartir à zéro »

Guy Boucher n'a rien perdu de sa verve au cours de la saison estivale.

L'entraîneur-chef des Sénateurs était toujours aussi volubile au cours de son premier point de presse de la saison vendredi après les premières séances sur la glace des siens, tenues au Sensplex (ils y seront de retour samedi, avant d'être au Centre Canadian Tire dimanche pour leur fête des partisans).

L'entraîneur-chef des Sénateurs Guy Boucher (à droite) accompagné... (La Presse Canadienne) - image 3.0

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L'entraîneur-chef des Sénateurs Guy Boucher (à droite) accompagné du directeur général, Pierre Dorion.

La Presse Canadienne

Au cours de la vingtaine de minutes passées devant les micros et caméras, le pilote québécois qui entame sa deuxième saison derrière le banc à Ottawa a touché à tous les sujets d'intérêt pour son club en ce début de saison, incluant l'adversité à laquelle elle doit à nouveau faire face avec les absences d'Erik Karlsson et de Derick Brassard pour le camp, et celle de Clarke MacArthur pour une période indéterminée.

Son message principal à un club qui est passé à un petit but près d'atteindre la finale de la coupe Stanley il y a trois mois et demi est évidemment de ne pas s'asseoir sur ses lauriers.

« Notre philosophie en arrivant cette année est de faire 80 % de ce qu'on a fait l'an dernier parce que nous avons connu du succès, et l'autre 20 % sera relié à comment nous allons progresser, ce qu'on doit améliorer, que ce soit offensivement ou défensivement. Ce sera basé sur nos joueurs, mais aussi sur notre étude des meilleurs clubs de la ligue au cours de l'été. On va faire des ajustements, ajouter certaines choses, en enlever d'autres. Mais pour le début du camp, on veut d'abord retrouver le 80 % de ce qu'on avait (l'an passé) », a-t-il expliqué, sans parler de son jeu de puissance déficient l'an passé qu'il cherchera certes à améliorer.

Fin psychologue, son message lors de la première réunion d'équipe a été simple : « Nous repartons à zéro. Nous ne sommes pas où nous étions à la fin de la saison dernière. Ça, c'était à la fin d'un long processus. Les quatre équipes qui restent à la fin ont souvent de la misère au début de la saison et les gens vont dire que c'est parce qu'ils étaient amochés, que l'été a été plus court, que l'entraînement a été modifié. C'est peut-être un facteur, mais ton état d'esprit l'est aussi. Quand tu recommences, tu repars vraiment à zéro. La seule différence est que ça devrait prendre moins de temps à retrouver la constance que tu avais la saison précédente... L'objectif est donc se qualifier pour les séries, et s'occuper des séries ensuite », a dit Boucher.

Le message est passé parce qu'un leader comme Dion Phaneuf l'avait repris presque mot pour mot quelques minutes plus tôt, disant que « tout le monde dans la ligue repart à zéro zéro ».

Boucher a dit qu'il s'attend à une « énorme compétition » à la défense, où il entend modifier ses duos « une cinquantaine de fois » en l'absence de Karlsson, dont la date de retour est incertaine.

Il est plus optimiste dans le cas de Brassard, qui a patiné avec ses coéquipiers pour le premier jour du camp, même s'il ne peut pas encore accepter de mises en échec. « Je ne peux pas être confiant parce que c'est une question médicale, mais on peut se permettre d'être positif qu'il pourra être là pour le premier match... Il faut avoir le OK de tout le monde, mais il progresse bien plus vite qu'une personne normale avec cette opération-là », a-t-il noté.

Brassard a dit pour sa part qu'il se sent bien : « Des fois, je me demande pourquoi je ne peux pas prendre du contact dès maintenant. Mais les médecins insistent que ça prend quatre mois à guérir. Je vais essayer d'être patient et me préparer en fonction que je jouerai le match d'ouverture. Si ça ne marche pas, je devrais être pas mal près dans les matches suivants de revenir », a dit le centre gatinois, qui a vu son concitoyen Jean-Gabriel Pageau occuper sa place sur ce qui pourrait être un des deux premiers trios vendredi, entre Bobby Ryan et Mark Stone.

Retour difficile pour le « Hamburglar »

Andrew Hammond était de retour dans les couleurs des Sénateurs vendredi et il ne ressemblait pas vraiment au « Hamburglar » qui avait mené l'équipe en séries en 2015 pendant un printemps magique.

Revenant d'une saison désastreuse où il a été blessé à l'aine à un mauvais moment, puis opéré à une hanche en fin de saison, le gardien qui a perdu son poste d'adjoint à Mike Condon a alloué les deux seuls buts du match intraéquipe, paraissant plutôt mal quand deux joueurs destinés aux mineures, Max Reinhart et Filip Chlapik (qui a impressionné Guy Boucher, en passant), l'ont déjoué.

Malgré tout, Hammond était tout simplement heureux de se retrouver sur la glace et de pouvoir amorcer son retour, même s'il ne sait pas où il risque d'aboutir à la fin du camp.

« Je me sens bien, j'ai réglé plusieurs autres choses en même temps (que la hanche) et mentalement, savoir que tu es en santé est énorme. Je pense que je vais finalement être capable de jouer au niveau dont je suis capable », a-t-il confié à son retour au Centre Canadian Tire.

Hammond ne cache pas qu'il a ressenti de la frustration la saison dernière, quand son corps l'a abandonné et qu'il n'a joué que 11 parties (6 à Ottawa, 5 à Binghamton). Il allait avoir une chance de jouer plusieurs parties quand Craig Anderson a dû quitter pour aller au chevet de son épouse, mais il s'est blessé à l'aine à la première période de son premier départ à Calgary. Et son aine a lâché à nouveau quand il a tenté un retour contre les Islanders à Brooklyn.

« Les médecins pensent que mon aine était probablement reliée à ma hanche qui a dû être opérée. Les gardiens ont souvent ce problème. J'avais un os qui était ébréché (chipped, en anglais), ils l'ont enlevé, ont rasé le fémur et réparé le labrum. Ça sonne pire que c'est, c'est assez commun, un peu comme l'opération Tommy John au baseball. Craig (Anderson) et Mike (Condon) l'ont tous deux eue », a-t-il relaté.

Parlant de Condon, qui a joué 27 matches consécutifs pendant les absences d'Anderson et Hammond au milieu de la saison, Hammond dit s'inspirer un peu de lui maintenant. « Les gens peuvent douter de ma sincérité, mais j'étais content pour lui l'an passé. Et là, je suis sensiblement dans la même situation que lui au camp de l'an passé (troisième gardien à Montréal), et il s'en est bien tiré. Les choses peuvent changer vite dans cette ligue. Je veux juste montrer que je suis en santé et jouer du mieux que je le peux, on verra ce qui arrivera ensuite », a dit Hammond, qui écoule la dernière année d'un contrat de trois ans.

Si jamais il est refilé au club-école de Belleville, une forte possibilité, il empochera son plein salaire de 1,35 million $.




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