Toute une carrière, de Shawville à Ottawa

En 2007, Bryan Murray avait atteint la finale... (Archives, La Presse Canadienne)

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En 2007, Bryan Murray avait atteint la finale de la coupe Stanley à titre d'entraîneur-chef des Sénateurs d'Ottawa. «Il était un chic type», se souvient son prédécesseur Jacques Martin.

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Bryan Murray était un raconteur d'histoires incomparable.

L'homme de hockey de Shawville qui a été emporté par le cancer colorectal qui le rongeait depuis plus de trois ans pouvait relater plein d'anecdotes de sa longue carrière dans le monde du hockey, mais il n'aimait pas particulièrement recevoir des hommages, ce qui fait qu'il ne serait pas à l'aise avec tous les témoignages qui lui sont dévoués depuis qu'il a rendu l'âme à l'âge de 74 ans.

Le courage dont il avait fait preuve en dévoilant la teneur de sa maladie et en incitant les gens, les hommes de plus de 50 ans en particulier, à subir une coloscopie lui avait cependant valu une grande admiration à travers la LNH ainsi que dans sa communauté. Alors que le Temple de la renommée a manqué sa chance de l'introniser de son vivant, celui des sports d'Ottawa l'avait fait en 2015, alors qu'il avait aussi été honoré en tant que Bâtisseur communautaire de l'année par l'organisme Centraide.

À cette occasion, il avait confié au Droit qu'il ne pensait jamais qu'il connaîtrait une telle carrière dans la LNH quand il était devenu enseignant au collège MacDonald de l'université McGill.

« Je me souviens que lorsque j'ai commencé à étudier pour devenir professeur, un de mes enseignants m'avait dit que vu que je zézayais, les jeunes ne me prendraient pas au sérieux et je ne serais pas efficace pour enseigner. Je m'en suis toujours rappelé quand je vivais les hauts et les bas d'un entraîneur. Mais j'ai eu une carrière incroyable considérant que je suis né dans un petit village, dans une grande famille de 10 enfants et que je ne voulais qu'être un professeur. C'est tout un trip d'avoir passé 35 ans dans la LNH », avait-il confié alors.

Avant d'accéder à la meilleure ligue au monde, Murray avait d'abord fait ses classes comme entraîneur avec les Lumber Kings de Pembroke au début des années 1970, puis les Nationals de Rockland, qu'il a menés à la coupe Centennial en 1976.

Un chic type

« Moi, c'est là que je l'ai connu à l'origine. Comme j'habitais à St-Pascal, j'allais souvent aux parties des Nats à Rockland. Ils avaient toute une équipe, qui était bien dirigée, s'est rappelé Jacques Martin, le prédécesseur de Murray à la barre des Sénateurs qui est maintenant adjoint avec les Penguins de Pittsburgh. Plus tard, on s'est retrouvé dans la LNH, il était à Washington quand j'ai commencé à St. Louis. Quand j'étais à Ottawa, il était surtout directeur général. Il était un chic type, toujours prêt à partager ses expériences et à donner des conseils. Quand il a révélé qu'il avait le cancer, c'était probablement une bonne chose qu'il ait continué à travailler. Je l'avais encore croisé l'an dernier à London au tournoi des recrues auquel les Penguins prenaient part. Rester dans le hockey l'a aidé à combattre son adversaire, il a été un combattant toute sa vie d'ailleurs. »

L'ancien gouverneur et DG des Olympiques Charles Henry, qui a lui aussi dû lutter contre un cancer au cours des dernières années, a lui aussi toujours entretenu de bonnes relations avec Murray. Les deux hommes ont fait leur entrée en même temps au Temple de la renommée des sports d'Ottawa, d'ailleurs.

« Je lui ai parlé pas plus tard qu'il y a une couple de mois, il continuait à avoir un bon moral face à son cancer. Il était vraiment une bonne personne, avec un sens de l'humour très poussé. Je me souviens de l'époque où il dirigeait les Nats, c'est là qu'il a commencé à faire sa réputation. Il était ensuite allé à Regina et il a gagné le Championnat de la Ligue de l'Ouest avec les Pats, avant de faire le saut chez les pros », a relaté Henry.

Avant de revenir dans son patelin pour remplacer Martin derrière le banc des Sénateurs, Bryan Murray aura aussi laissé sa marque à Washington, Detroit, en Floride et à Anaheim.

Ce qu'ils ont dit...

  • « Mes pensées et mes prières sont avec toute la famille Murray. Merci pour tout Bryan. Tu m'as donné la chance de devenir qui je suis aujourd'hui. » - le capitaine des Sénateurs  Erik Karlsson, sur Twitter 

  • « Mes pensées accompagnent la famille Murray. Bryan m'a donné la chance de revenir à la maison et jouer ici. Il était tellement un grand homme. Ce fut un privilège de le connaître. » - Marc Méthot, défenseur des Stars de Dallas, sur Twitter

  • « Dévasté d'apprendre le décès de Bryan Murray. Cet homme est la raison pour laquelle je suis à Ottawa. Je lui dois beaucoup. » - le gardien Craig Anderson, sur Twitter

  • « Je serai toujours reconnaissant pour la chance que Bryan m'a donnée à Ottawa. Il était une personne incroyable avec le meilleur sens de l'humour. Il va nous manquer énormément. » - le centre Kyle Turris, sur Twitter

  • « Il y a beaucoup de bons DG, il y a beaucoup de bons entraîneurs et il y a beaucoup de bons dépisteurs. Mais il y a peu de gens qui peuvent combiner les trois. » - son neveu Tim Murray, ancien DG des Sabres de Buffalo, à NHL.com 

  • « Lorsqu'est venu le temps de m'échanger, il aurait pu m'envoyer n'importe où, mais il voulait que Carrie (Underwood, son épouse) et moi soyons ensemble et il a réussi à s'entendre avec David Poile pour que j'aille à Nashville. » - l'ancien Sénateur Mike Fisher, à La Presse canadienne

  • « On savait que ce n'était qu'une question de temps. Mais je pense qu'il a surpris tout le monde. On pouvait s'attendre à rien de moins de sa part. Il a livré toute une bataille. C'est vraiment un homme fort, qui a démontré beaucoup de courage. » - l'ancien Sénateur Antoine Vermette, au Soleil




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