Pageau encore l'homme des grandes occasions

Jean-Gabriel Pageau s'est gâté face aux Rangers en... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Jean-Gabriel Pageau s'est gâté face aux Rangers en inscrivant quatre buts, dont celui de la victoire en deuxième période de prolongation samedi.

Patrick Woodbury, Le Droit

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(New York) Les feux des projecteurs de Broadway devaient être braqués sur Derick Brassard lors de cette série contre les Rangers de New York.

Mais avant que la demi-finale de l'Est se transporte au Madison Square Garden, c'est un autre centre gatinois, Jean-Gabriel Pageau, qui a volé la vedette avec ses quatre buts de samedi, celui de la victoire en deuxième prolongation ainsi que les deux sur des déviations qui permettaient aux Sénateurs d'Ottawa de combler un déficit de 5-3 avec moins de quatre minutes à faire au temps réglementaire.

En choisissant de lancer sur une descente à deux contre un, initiée par Alexandre Burrows, il a déjoué le gardien new-yorkais Henrik Lundqvist, soulevant une salle comble de 18 679 amateurs au Centre Canadian Tire qui a chanté son nom sur l'air connu de « Olé, Olé » pendant tout le match, cet air qui avait été créé en mai 2013 lorsqu'il avait réussi un tour du chapeau dans un gain de 6-1 contre le Canadien de Montréal.

« C'est un but de plus (que contre Montréal). Je ne sais pas si c'est vraiment plus gros. Ce sont tous des moments spéciaux dont je vais me souvenir toute ma vie, a dit le petit centre gatinois après coup. J'étais un peu fatigué, c'est ce qui m'a donné la chance de partir à deux contre un, je n'étais pas revenu assez vite. Ça m'a donné la chance de repartir dans l'autre sens. Je pense que je me suis fermé les yeux quand j'ai lancé et heureusement, ça a rentré. Je pense que j'étais sur un nuage après, c'est un moment dont je vais me rappeler toute ma vie, c'est sur. »

Pageau a blagué qu'il se sentait bien avant le match, même s'il pensait « avoir trop mangé de poulet parmesan, deux assiettes ». Au lendemain de son exploit, un restaurant d'Ottawa a créé un déjeuner en son honneur, le « 4444 » qui comprend quatre oeufs et quatre tranches de jambon, notamment, en plus « d'une tranche de french toast (pain doré) ».

« Que voulez-vous que je dise, le kid est une légende ici », a lancé le défenseur Marc Méthot au sujet du numéro 44, lui qui a marqué un des autres buts (l'autre est allé à Mark Stone).

« Ça ne pouvait pas arriver à une meilleure personne. C'est malade, quatre buts. Il a été un grand joueur aujourd'hui », a dit l'entraîneur-chef Guy Boucher au sujet de son petit centre à qui il confie des missions défensives la plupart du temps.

Boucher a dit que lorsqu'il a utilisé Pageau pour prendre la mise au jeu alors que son club avait retiré son gardien pour chercher à créer l'égalité avec moins de 90 secondes à jouer, ce n'est pas parce qu'il avait la sensation que quelque chose de magique se passait avec le Gatinois.

« Ça serait lui enlever du crédit de dire que j'avais un feeling. Non, c'est juste qu'il le méritait avec son match. La mise au jeu était à droite en plus. Et je savais que peu importe ce qu'on allait faire, il irait au filet... C'est ça qu'on avait besoin pour aller chercher ce but-là à la fin. (Kyle) Turris a lancé au filet et on a réussi à avoir ce qu'on voulait parce que Pageau a payé le prix pour aller au filet », a-t-il expliqué.

Pageau était soulagé que sa performance ait permis à son club de remporter un deuxième gain dans cette série, dans un match un peu fou qui ne suivait pas leur script habituel.

« Je ne pense pas qu'on a joué comme on le voulait, mais c'est bon d'être revenu une couple de fois pour l'emporter. C'est facile de se motiver dans un vestiaire quand tu as des leaders comme ''Karl'' (Erik Karlsson), comme notre gardien (Craig Anderson) qui a fait des arrêts énormes (face à 48 tirs). Ça montre que nous avons beaucoup de caractère... Je sais que j'ai compté quatre buts, mais j'en veux plus encore... On s'en va là-bas, on tourne la page et on se concentre sur le prochain match », a ajouté Pageau.

Lundqvist a fait face à 34 tirs de son côté et a secoué la tête dans le vestiaire des perdants en pensant aux déviations du Gatinois.

« On a assez bien joué pour gagner ce match, il n'y a pas de doute. C'est très difficile de perdre ce match. Ils ont eu les bonds lors de ces deux matches, il faut aller à la maison et se regrouper. Sur la dernière déviation, je ne sais pas comment il a fait, avec l'angle de son bâton. Il ne savait pas qu'il avait atteint le filet », a souligné Lundqvist dans le vestiaire des perdants.  

Brady Skjei a compté deux buts pour les Rangers, les autres étant l'oeuvre de Michael Grabner et Derek Stepan, tous deux en désavantage numérique, et Chris Kreider, à la fin d'une attaque à cinq.

Boucher ne vend pas la mèche

Guy Boucher... (Archives, La Presse canadienne) - image 3.0

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Guy Boucher

Archives, La Presse canadienne

L'entraîneur-chef des Sénateurs Guy Boucher est loin de penser que son club se retrouve en situation enviable en avant 2-0 dans sa série contre les Rangers après la performance de quatre buts de Jean-Gabriel Pageau, une première dans l'histoire du club.

Parlant - encore - de cette performance, Boucher a d'ailleurs bien ri dimanche à l'aéroport d'Ottawa quand il s'est fait rapporter la citation d'Alain Vigneault comme quoi il avait l'intention de «mettre un checker sur son checker, vu que leur checker a compté quatre buts».

«Elle est bonne. On va checker, ça a l'air, ça va être une checking game... Ça ne sera pas une partie d'échecs, ça va être une partie de checkers (dames)», a-t-il lancé après s'être esclaffé, lui qui s'attend à voir les gardiens des deux clubs rebondir.

Après une sixième victoire par la marge d'un but en séries, dont quatre en prolongation, Boucher est convaincu que les Rangers seront prêts pour le match numéro trois de mardi soir au Madison Square Garden, même s'ils ont éprouvé certains problèmes à domicile cette saison (fiche de 21-16-4, mais deux gains en trois parties contre Montréal en première ronde).

Une théorie veut qu'un club qui n'a pas l'avantage de la glace et perd les deux premiers matches à l'étranger ne sera vraiment dans l'eau chaude qu'une fois qu'il aura perdu sur sa patinoire, Boucher n'y souscrit pas. «Il n'y a pas de différence entre les parties gagnées à la maison ou à l'étranger. Si tu perds à la maison, il faut que tu gagnes sur la route, mais si tu perds sur la route, il faut absolument que tu gagnes à la maison. Il faut que tu gagnes tous les matches. On regarde le prochain et peu importe qu'il ait lieu à New York, il va falloir être à notre meilleur parce que l'adversaire va sortir fort. Ils ne veulent surtout pas se retrouver en arrière 3-0», estime-t-il.




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