Alfie, ce leader silencieux

Daniel Alfredsson s'est imposé comme un leader qui... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

Agrandir

Daniel Alfredsson s'est imposé comme un leader qui n'avait pas besoin de hausser le ton au cours de sa carrière chez les Sénateurs d'Ottawa.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(New York) Noël est passé, tout comme la folie du « Boxing Day ».

Pour les Sénateurs, maintenant que leur premier match de la période des Fêtes a été disputé, la prochaine étape avant de passer la veille et le Jour de l'An à Washington est d'organiser une grande fête en l'honneur de Daniel Alfredsson jeudi soir.

Le no 11 de l'ancien capitaine deviendra le premier de l'édition moderne à se retrouver dans les hauteurs du Centre Canadian Tire, aux côtés du no 8 de Frank Finnigan, vedette des éditions originales des Sénateurs pendant les années 1920 et 1930, connu aussi par son surnom de « l'Express de Shawville ».

Celui du Suédois qui est maintenant le conseiller principal aux opérations hockey du club est « Alfie », et il illustre bien à quel point ce choix de sixième ronde des Sénateurs en 1994 (133e au total) a été un homme du peuple autant dans le vestiaire de l'équipe que dans la communauté, qu'il a marquée notamment avec son implication dans la campagne « Vous me connaissez ? » de l'Hôpital Royal d'Ottawa, une initiative pour encourager les conversations concernant la santé mentale.

Ses réalisations en carrière parlent d'elles-mêmes : récipiendaire du trophée Calder de recrue de l'année en 1995-1996, il a totalisé 426 buts et 682 passes pour 1108 points - autant de records d'équipe - en 1178 parties (2e derrière Chris Phillips à ce chapitre) avant d'aller disputer une dernière saison avec les Red Wings de Detroit en 2013-2014 après une dispute contractuelle avec la direction de l'équipe. Des Wings qui seront justement les visiteurs jeudi, ce qui n'est pas un hasard.

Savoir ne pas parler

Au-delà de ses performances sur la glace, ses anciens coéquipiers se souviennent d'abord d'un joueur qui imposait le respect sans avoir pour autant à hausser le ton très souvent dans le vestiaire.

« La façon dont il se comportait un peu partout, c'est ce qui le rendait spécial, souligne l'attaquant Chris Neil, qui a disputé une bonne partie de ses 1007 matches dans la LNH à ses côtés. Il savait comment parler et aussi ne pas parler, son éthique de travail parlait d'elle-même, il travaillait toujours très fort, un des premiers sur la glace et un des derniers à en sortir... Il cherchait à s'améliorer tous les jours, c'est ce qui lui a permis de se retrouver dans l'élite. »

Neil estime que le leadership d'Alfredsson a manqué à l'équipe lors des premières saisons après son départ, d'abord à Detroit, puis à la retraite. Il en donne un bon exemple.

« Il était plus un meneur par l'exemple, mais quand il parlait, tu l'écoutais parce que le message était toujours important. Je me souviens d'une série contre Tampa Bay (en 2006), j'ai écopé d'une mauvaise punition. À l'entracte, il m'a critiqué pour ça et on s'est disputé à ce sujet. Pendant la période suivante, Chris Dingman a voulu s'en prendre à moi et je me suis juste mis à genou, ce qui nous a permis d'avoir un jeu de puissance de cinq minutes. On a compté deux ou trois buts pendant cette attaque à cinq pour gagner le match. En revenant dans le vestiaire, il m'a dit : "C'est ça que ça prenait !" Il comprend le jeu tellement bien. Nous sommes chanceux de l'avoir encore dans notre organisation », affirme le dur à cuire.

De l'influence sur Pageau

Alfredsson n'hésitait pas non plus à prendre les plus jeunes joueurs de l'équipe sous son aile. Ce fut le cas pour le Gatinois Jean-Gabriel Pageau, dont les neuf premières parties dans la LNH après son rappel de fin de saison en 2012-2013, et les 10 matches de séries éliminatoires, furent les dernières d'Alfredsson dans l'uniforme des Sénateurs.

« Il a eu une super bonne influence sur moi. Dans ces neuf matches après mon premier rappel, et les parties des séries, il m'a montré c'était quoi un vrai leader. Dans la chambre et sur la glace, il me donnait toujours de bons conseils pour m'aider à rester dans la ligue. C'est le fun maintenant de l'avoir encore autour de l'équipe. Il prêchait toujours par l'exemple et c'était un gagnant, donc on l'écoutait tout le temps quand il parlait. Je le regardais alors et encore aujourd'hui comme un maître de ce club-là, c'est un modèle à suivre pour tous ceux qui sont dans l'organisation », a confié Pageau.

Un modèle qui sera immortalisé jeudi au plafond du CCT, un amphithéâtre qu'il a inauguré et fait vibrer plusieurs fois.

Vigneault se souvient d'un jeune Alfredsson

Alain Vigneault... (Archives, Associated Press) - image 3.0

Agrandir

Alain Vigneault

Archives, Associated Press

Alain Vigneault n'a eu la chance de diriger Daniel Alfredsson que l'espace d'une vingtaine de parties au tout début de sa carrière avec les Sénateurs.

C'était à l'automne 1995 et ce choix de sixième ronde l'année précédente s'était présenté au camp d'entraînement sans trop d'attentes, mais il s'est avéré une rare source de lumière au bout du tunnel au cours de la quatrième campagne de la franchise d'expansion. Sauf que l'entraîneur gatinois n'a pu en retirer les bénéfices puisque lui et son patron Rick Bowness ont été congédiés après 19 parties, le 20 novembre de cette année-là (même date où il allait être limogé plus tard par les Canadiens de Montréal).

« Il était un choix tardif, arrivé un peu plus vieux que les autres choix de repêchage et on a tout de suite vu quand il est embarqué sur la glace qu'il était capable de jouer dans la Ligue nationale. Je n'aurais pas pu te dire qu'il connaîtrait la carrière qu'il a eue, on ne l'a dirigé qu'une vingtaine de matches. Mais tu voyais qu'il faisait tout à haute vitesse, à la pine. Avec l'éthique de travail qu'il avait, ça ne me surprend pas que son chandail va maintenant être retiré par les Sénateurs », confiait l'entraîneur-chef des Rangers avant le match contre le club qui lui a donné sa première chance dans la LNH.

On connaît la suite, après le bref passage de Dave Allison à la barre des Sénateurs, Jacques Martin a finalement pu redresser cette barque, en grande partie grâce à Alfredsson, qui a gagné le trophée Calder lors de cette première saison. « C'est "Fergie" (feu John Ferguson) qui avait insisté pour qu'on le repêche et il ne s'est pas trompé, a rappelé Vigneault. C'était un très bon choix de sixième ronde. »

Vigneault, lui, a pu l'affronter à de multiples reprises lors de ses arrêts subséquents dans la LNH, à Montréal, Vancouver et New York. « Ce que j'aimais de lui, c'est que c'est un joueur qui ne trichait pas, il jouait de la bonne façon, autant offensivement que défensivement. Quand c'était le temps d'essayer de battre un gars à un contre un, il le faisait, mais quand il fallait envoyer la rondelle à un endroit à plus haut pourcentage, il le faisait aussi. Tu pouvais le mettre dans n'importe quelle situation et tu pouvais avoir confiance en lui. C'est pourquoi il a eu la carrière qu'il a connue. »

Zibanejad, « un bon kid »

Vigneault, qui est fort satisfait de la première moitié de saison de son club, dirige maintenant un autre Suédois ayant appartenu aux Sénateurs, Mika Zibanejad, acquis contre Derick Brassard l'été dernier. Il a indiqué qu'il devrait revenir de sa jambe cassée dans environ deux ou trois semaines. « Il allait bien avant de se blesser. Il s'est bien habitué à New York, qui est une bonne ville. C'est un bon kid, il est arrivé en bonne forme », a noté Vigneault.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer