Dans la tête de Guy Boucher

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Un peu plus de six mois après son embauche, Guy Boucher s'apprête à faire ses débuts derrière le banc des Sénateurs en saison régulière.

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Quand le DG Pierre Dorion a embauché Guy Boucher comme entraîneur-chef le 8 mai dernier, il a toujours maintenu qu'il était son premier choix, affirmant même qu'il était aussi certain de cette sélection que de celle d'Erik Karlsson en première ronde du repêchage de 2008.

Un peu plus de six mois plus tard, l'entraîneur québécois s'apprête à faire ses débuts derrière le banc des Sénateurs à l'issue d'un été marqué par l'acquisition à bon prix d'un de ses anciens protégés, le Gatinois Derick Brassard, et après un camp d'entraînement marqué par des commotions cérébrales à deux de ses meilleurs joueurs, Mark Stone et Clarke MacArthur.

Le 12e entraîneur-chef en 24 saisons dans la capitale nationale s'est prêté à une entrevue exclusive avec LeDroit à la veille du premier match contre les Maple Leafs de Toronto afin de discuter de ses attentes pour le club, de la cohabitation avec le double récipiendaire du trophée Norris qu'est Karlsson, ainsi que de sa vie privée. Il a même répondu partiellement à une question sur sa fameuse cicatrice à la joue droite.

À noter que ses réponses ont été éditées pour des considérations d'espace.

***

LeDroit: En cinq mots, quelle est l'identité que vous aimeriez donner aux Sénateurs?

Guy Boucher: Premièrement, en défensive, on veut protéger le milieu dans notre zone et en repli défensif. Deuxièmement, nos défenseurs seront très agressifs, en échec avant en zone adverse et en zone neutre aussi. Ils seront aussi actifs en offensive, avec une transition rapide. En offensive, je suis partisan d'attaquer de l'intérieur des points de mise au jeu, il n'y a pas de niaisage en périmètre. Je suis aussi un maniaque d'être premier sur la rondelle. Tout revient au concept de vitesse (mot tapissé dans le vestiaire, N.D.L.R.): vitesse d'exécution, de pensée, de mains, de transition. Et l'autre mot, c'est l'acharnement. On veut avoir une mentalité de meute. Je ne suis pas là encore, mais ça va finir par ressembler à mon équipe. Pour l'instant, on a des bribes de ça. Il faut continuer pour améliorer la fréquence de tout ça et que ça devienne une identité, ce qui est ce que tu fais la majeure partie du temps.

LD: Comment Erik Karlsson devrait cadrer là-dedans?

GB: C'est clair que je n'ai pas besoin de changer ce que je suis (comme entraîneur). Parfois tu dois t'adapter à certains joueurs dans une équipe, mais là, il fitte parfaitement. Il est tellement rapide, il a embarqué tout de suite. Il aime ça parce que ça accélère l'offensive. Tout le monde me parle de sa défensive, et tout le monde dans l'équipe va améliorer ça au niveau de la structure. Mais ça n'a rien à voir avec Erik, c'est une affaire d'équipe. Offensivement, on est capable de jouer d'une façon que lui va être notre leader. Et sur l'avantage numérique, j'ai le meilleur défenseur offensif au monde, ça me permet de faire plusieurs choses.

LD: Pierre Dorion a déclaré que rater les séries l'an dernier était inacceptable. L'alignement n'a pas changé tant que ça, est-ce que le personnel est en place pour rencontrer l'objectif qu'il a fixé?

GB: En ce moment, on va se dire les vraies choses, MacArthur qui est parti, ça fait très mal, c'est un trou gigantesque qui fait qu'on doit remanier un peu nos effectifs. (Curtis) Lazar en même temps, ça fait deux gros coups. Mais en même temps, on s'est remis mentalement et émotionnellement de ça. C'est maintenant une opportunité pour des gars comme (Ryan) Dzingel, (Phil) Varone et (Matt) Puempel de nous montrer dans les prochains matches ce qu'ils sont capables de faire. Ils ne rempliront pas le rôle de MacArthur, ce serait irresponsable de notre part de penser ça. Par contre, (Zack) Smith est capable d'en combler une partie, Varone aussi en avantage numérique, Dzingel peut le faire défensivement... On a mangé un gros coup, mais on est capable de compenser. Et la venue de Brassard nous avance au niveau de l'avantage numérique et il a cliqué déjà avec Bobby Ryan. Avec Smith, on devrait avoir deux lignes qui nous donnent un one-two punch. Il nous reste à développer des troisième et quatrième lignes de niveau LNH.

LD: Vous avez dit pendant le camp que la LNH n'est pas une ligue de développement, que c'est une ligue où il faut gagner. Comment comptez-vous gérer l'utilisation d'un défenseur de 19 ans, Thomas Chabot, alors?

GB: Il ne jouera probablement pas le premier match, on va y aller avec des gars qui ont de l'expérience. Par la suite, on va voir où on peut l'insérer, voir comment il se développe dans les entraînements. Pour moi, ce n'est pas une question de comment il se débrouille avec la rondelle, il faut savoir s'il est capable de se défendre à ce niveau-là. S'il est capable, qu'on voit une amélioration dans son urgence, son intensité et techniquement, la force physique... on va le mettre dans une situation qu'il est capable de gérer. On va bâtir à partir de ce moment-là et on verra où il en est après neuf matches, on aura des décisions à prendre à ce moment-là.

Le 12e entraîneur-chef en 24 saisons dans la... (Martin Roy, Archives LeDroit) - image 2.0

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Le 12e entraîneur-chef en 24 saisons dans la capitale nationale s'est prêté à une entrevue exclusive avec LeDroit à la veille du premier match de la saison.

Martin Roy, Archives LeDroit

LD: Parlons de Guy Boucher, le père de trois enfants (Vincent, 14 ans, et les jumelles Mila et Naomi, 13 ans). Quel genre de parents d'athlète est-il?

GB: Mon fils et une de mes filles jouent au hockey, mon autre fille joue au soccer. Les trois jouent inter-cité de haut niveau, c'est du stock pour mon épouse (Misha). J'essaie de ne jamais rien manquer, mais avec une job dans la LNH, c'est impossible. C'est la raison principale qu'on est allé en Europe (Berne pour deux ans et demi), mes années à Tampa ont été exceptionnelles, mais en même temps, ça a été très taxant pour la famille. Je manquais tellement d'opportunités d'être avec mes enfants et je suis un gars de famille, je sais que ça ne passe qu'une fois. On s'est rapproché aussi de la famille de mon épouse qui est hollandaise, sa soeur reste en Suisse, ma soeur est en Italie. On voulait que les enfants vivent quelque chose d'autre, de complètement différent. Ça a été exactement ce qu'on voulait, la famille s'est extrêmement rapprochée. Ça nous a donné l'énergie pour ce qu'on vit maintenant ici. On est bien content des écoles où les enfants vont, des équipes où ils se retrouvent aussi. Et j'adore vraiment la façon dont on est traité ici, on se sent à la maison, c'est bilingue en plus. On ne peut pas demander mieux. Reste à revenir sur le beat de la LNH comme famille. J'ai changé un peu alors que je travaille plus longtemps au bureau pour ne pas ramener ça ensuite à la maison. Ce n'est pas évident alors que tout le monde sait que je suis un workaholic.

LD: Quand vous êtes arrivés à la barre du Lightning de Tampa Bay en 2010, vous aviez dit en entrevue que vous ne parliez pas publiquement de l'accident qui a laissé cette fameuse cicatrice sur votre joue droite parce que vous n'aviez pas expliqué aux enfants ce qui s'était passé. Maintenant qu'ils sont adolescents, est-ce qu'ils sont au courant?

GB: Non, j'attends encore qu'ils soient un peu plus vieux. On ne veut pas leur faire peur avec ce qui m'est arrivé et on veut qu'ils soient assez grands pour gérer ça. C'est aussi simple que ça, il n'y a rien d'autre. C'était autre chose (qu'un accident de hockey).

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