Une autre commotion pour Clarke MacArthur

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Tentant d'effectuer un retour après avoir subi trois commotions cérébrales, une mise en échec douteuse dans un match intra-équipe le ramène à la case départ.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Clarke MacArthur avait hâte de jouer des parties hors-concours afin de trouver les dernières réponses aux questions qu'il se posait dans sa tentative de retour au jeu après une absence de près d'un an pour cause de commotion cérébrale.

L'attaquant des Sénateurs d'Ottawa ne s'attendait certes pas à ce qu'un de ses propres coéquipiers lui fasse un mauvais parti lors d'un match simulé devant quelques centaines de partisans, mais c'est pourtant ce qui est arrivé dimanche midi au Centre Canadian Tire alors qu'un jeune défenseur, Patrick Sieloff, lui a assené une mise en échec sournoise dans un coin de patinoire, frappant sa tête d'un angle mort avec son épaule avant qu'elle ne heurte la baie vitrée.

MacArthur est resté étendu de longs moments sur la patinoire et il a finalement pu retourner au vestiaire avec l'aide de ses coéquipiers Dion Phaneuf et Chris Neil, tandis que Bobby Ryan, qui n'est pas reconnu pour ses talents pugilistiques, s'en est pris à Sieloff, arrière obtenu des Flames de Calgary cet été contre Alex Chiasson.

« C'était quoi, ça ? (What the f... was that?) », a crié Ryan après que les officiels l'aient séparé de Sieloff.

Le directeur général Pierre Dorion, très émotif, a par la suite confirmé que MacArthur avait subi une commotion cérébrale, sa quatrième depuis le mois de février 2015. La carrière de l'athlète de 31 ans sur qui les Sénateurs misaient beaucoup pour la prochaine saison pourrait donc être fortement compromise.

Pierre Dorion était visiblement émotif en annonçant que... (Extrait d'une vidéo Facebook) - image 2.0

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Pierre Dorion était visiblement émotif en annonçant que Clarke MacArthur, «un gros morceau» de l'équipe des Sénateurs, avait subi une autre commotion cérébrale.

Extrait d'une vidéo Facebook

« Clarke est un gros morceau de notre équipe. La chose la plus importante est de se préoccuper de l'être humain. Il a subi une commotion cérébrale, on n'en sait pas beaucoup vu que c'est arrivé il y a une heure. Il a passé du temps avec nos médecins puis on l'a envoyé se reposer chez lui. Les symptômes d'une commotion sont compliqués et je ne peux pas vous donner plus de réponses... On s'inquiète toujours quand n'importe quel joueur a une commotion, mais dans le cas de Clarke, il y a des antécédents. Parlez à nos joueurs, à nos entraîneurs, à moi ou Randy (Lee, son adjoint), nous avons le coeur brisé. C'est un être humain, c'est sa vie et c'est la plus grande priorité aujourd'hui », a déclaré Dorion avec des trémolos dans la voix.

Les Sénateurs n'ont pas rendu Sieloff disponible pour expliquer son geste, qui lui a aussi valu des représailles de Chris Neil quand il est retourné sur la patinoire un peu plus tard. L'entraîneur-chef Guy Boucher a ensuite décidé qu'il valait mieux le retirer de la rencontre, histoire de calmer les émotions de ses vétérans, convoqués ensuite à une réunion une fois le match terminé. Ryan et Neil n'ont pas rencontré la presse eux non plus.

Boucher ne jetait cependant pas la pierre à Sieloff.

« Je ne pense pas qu'il cherchait à se faire un nom. Les joueurs ne font que jouer au hockey. Que ce soit une pratique, un match ou un scrimmage, les joueurs veulent bien faire. Que ce soit patiner ou frapper. Il n'y a rien eu de prémédité au camp en termes de coups de coudes ou de bâton et ce n'était pas différent aujourd'hui de ce qui aurait pu arriver dans un match normal », estimait-il, notant que les réactions de Ryan et Neil étaient « normales considérant l'historique (de MacArthur) ».

Plus tard, en français, il a précisé sa pensée concernant Sieloff : « Des estrades, il peut sembler y avoir beaucoup d'espace. Mais sur la glace, tu as une fraction de seconde pour réagir. Quand tu es un joueur, tu ne vois que des corps devant toi. C'est certain qu'il (Sieloff) n'a aucune idée c'était qui. Même moi, en regardant le jeu des estrades, je ne savais pas c'était qui (la victime)... Il faut faire très attention avant de blâmer des gens, que ce soit dans la société ou au hockey. C'est très facile de pointer du doigt, mais le jeune a voulu bien faire, bien jouer. Ça aurait pu être un coup sans aucune conséquence. Je vais faire très attention de mettre trop d'émotions là-dedans, ça arrive partout, tous les ans (des coups résultants en commotion) », a-t-il souligné.

Il reste que le premier camp de Boucher à la barre des Sénateurs est bien mal parti, avec une deuxième commotion en trois jours après celle de Mark Stone subie vendredi lors d'une altercation avec Buddy Robinson. Boucher a cependant dit que dans le cas de ce dernier, les dernières nouvelles étaient encourageantes. Dorion a même dit que le diagnostic de commotion pourrait être révisé lors d'une rencontre avec les partisans en matinée dimanche.

Le cas de MacArthur, qui n'a joué que quatre parties l'an dernier, sera évidemment réévalué lundi.

Phaneuf et les vétérans secoués

Inquiet pour son ami, Dion Phaneuf a offert... (Extrait d'une vidéo Facebook) - image 4.0

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Inquiet pour son ami, Dion Phaneuf a offert ses meilleurs souhaits à Clarke MacArthur et à sa famille.

Extrait d'une vidéo Facebook

Quand il a finalement pu se relever après avoir été sonné par la mise en échec de Patrick Sieloff, Clarke MacArthur a dû être soutenu par ses coéquipiers Dion Phaneuf et Chris Neil pour retourner au vestiaire, dont il n'est pas revenu par la suite, évidemment.

Le défenseur qui avait été un coéquipier du vétéran attaquant à Toronto avant de le retrouver à Ottawa était visiblement secoué quand il a accepté de rencontrer les journalistes pour discuter de l'incident. « Il est un de mes amis les plus proches dans le hockey et quand tu vois ça arriver, c'est difficile de me tenir ici et d'en parler, mais je sais que je dois le faire. Ça fait partie d'être disponible pour vous, mais c'est difficile de voir un très bon ami et un gros morceau de l'équipe étendu sur la glace », a-t-il raconté.

Phaneuf a dit qu'il a pu parler à MacArthur un peu alors qu'il l'aidait à se rendre au banc puis dans le vestiaire, mais il n'a pas voulu relater ce qu'il lui a dit. Il entendait lui rendre visite à sa résidence un peu plus tard dans la journée - ils sont voisins dans le quartier Westboro - « et j'espère qu'il va se sentir mieux », s'est-il limité à dire.

Un geste compréhensible

Alors que ses coéquipiers Bobby Ryan et Chris Neil ont cherché à venger leur coéquipier en s'en prenant à Sieloff, un joueur qui devrait commencer la saison à Binghamton dans la Ligue américaine, Phaneuf disait qu'il pouvait comprendre un peu son geste irréfléchi.

« C'est le camp d'entraînement et la réalité est qu'il y a des contacts et des émotions. Je joue depuis longtemps et j'ai participé à bien des camps, les gars sont des compétiteurs, tout le monde est dans la même organisation, mais à la base, nous sommes des hockeyeurs qui luttent pour un poste pendant le camp. Tu ne veux jamais voir quelque chose comme ça arriver, mais ça arrive quand même, a dit Phaneuf. C'est difficile à voir, je m'inquiète pour lui, sa famille et son bien-être, d'abord et avant tout. C'est le cas de tout le monde dans le vestiaire. On pense à lui et sa famille, on espère que ça va se tasser. C'est une dure journée pour nous et notre organisation, sachant ce qu'il a traversé l'an dernier. Et (Sieloff) ne se sent pas bien, ça fait partie de la game, mais ce n'est pas une partie plaisante du jeu. Quand ça arrive au camp, c'est décevant. »

Les joueurs de la LNH disent toujours qu'ils doivent être conscients de quels adversaires sont sur la patinoire quand ils sautent sur celle-ci, et on pourrait penser que la consigne de faire attention à MacArthur aurait été donnée au début du camp. Si c'était le cas, Sieloff n'a pas reçu le mémo.

« Il joue avec ardeur et je n'ai pas bien vu le coup, mais c'est le camp, tout le monde donne son meilleur. D'après ce que je comprends, c'était un hockey play, mais c'est malheureux. On va espérer le meilleur pour Clarkie », a noté le centre Kyle Turris à ce sujet.

« Souvent dans un camp, tu ne sais pas qui tu affrontes, il y a des nouveaux visages, tu joues pour les rouges ou les blancs. Je ne pense pas que quelqu'un essaie de blesser un autre joueur intentionnellement », soulignait Chris Kelly pour sa part.

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