Un bel hommage à Bryan Murray

Les gens présents à la soirée hommage à... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Les gens présents à la soirée hommage à l'ex-directeur général des Sénateurs, Bryan Murray, ne tarissaient pas d'éloges envers l'homme de 73 ans.

Etienne Ranger, LeDroit

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Presque deux ans jour pour jour après avoir reçu le diagnostic terrible qu'il était atteint d'un cancer colorectal rendu au stade 4, et deux mois après avoir cédé son poste de directeur général des Sénateurs d'Ottawa à Pierre Dorion, Bryan Murray était de retour au Centre Canadian Tire mercredi soir alors que sa vie et son impact dans la communauté ont été célébrés.

L'Hôpital d'Ottawa, où il subit toujours les traitements de chimiothérapie qui le gardent toujours bien en vie, a tenu à l'honorer et environ 400 convives ont répondu à l'appel, permettant d'amasser des fonds nécessaires pour acheter un laboratoire de diagnostic d'oncologie moléculaire.

L'homme de hockey de Shawville a été touché par le geste alors que plusieurs membres de sa famille, son épouse Geri en tête, étaient présents pour partager cette soirée où plusieurs personnalités du monde du hockey ont raconté des histoires tirées de la carrière de 34 ans dans la LNH.

« Quand on m'a approché pour tenir une telle soirée, je pensais donner une entrevue de 15 minutes et ensuite juste être un beau bonhomme, là pour aider à amasser des fonds. Cette soirée a fini par être bien plus que ça et je l'apprécie. Je me compte chanceux d'avoir passé autant de temps que je l'ai fait dans la LNH, et d'avoir fini à Ottawa, près de mon patelin... Ça veut dire beaucoup pour moi, étant originaire de la région. Que mes frères et soeurs puissent assister à ça également, c'est un bel honneur d'être reconnu de cette façon », a-t-il dit lors de son allocution de fin de soirée.

Celui qui avait eu son diagnostic de cancer le 23 juin 2014 appréciera certes le fait que la soirée a permis d'amasser plus de 100 000 $ pour la Fondation de l'Hôpital d'Ottawa.

« Ça, c'est bien plus important que Bryan Murray... C'est un endroit très important pour moi. J'ai été traité si bien par les docteurs et les infirmières. J'y vais aux deux semaines pour la chimiothérapie comme tous les autres patients. Ils s'occupent de tout le monde de la même façon. Je parle à beaucoup de patients, je passe beaucoup de temps là. Le traitement est fantastique. Quand ils me demandent d'aider d'une petite manière pour redonner, c'est ce que je vais faire. L'important est d'aider la fondation à Ottawa, pour aider les autres gens qui s'en viennent dans la ligne », avait dit l'homme de 73 ans en entrevue en début de soirée.

Celui qui est maintenant conseiller senior aux opérations hockey des Sénateurs se porte encore très bien, ayant passé déjà deux fois à son bureau du CCT cette semaine.

« Présentement, je me sens pas mal bien. Il y a des jours qui ne sont pas trop bons, mais à part ça, la plupart du temps, je me sens fort, je me sens bien. Ma femme me garde actif maintenant et c'est une bonne chose. J'ai beaucoup de tâches ménagères à la maison », a-t-il blagué.

Murray surveille évidemment de près ce qui se passe avec les Sénateurs même s'il est un peu moins présent et qu'il consacrera plus de temps à sa famille.

« Pierre me garde impliqué, il m'informe de tout ce qui se passe et sollicite mon opinion. Je pense que les choses regardent bien pour la prochaine saison. J'aime toujours le noyau de l'équipe ici. Je pense vraiment que nous n'avons pas répondu aux attentes cette année. J'ai dit ça plusieurs fois. Mais avec Guy (Boucher) qui s'en vient comme entraîneur, et Marc (Crawford), ce sont des entraîneurs d'expérience et c'est une bonne situation à avoir. Je pense vraiment que l'équipe va être aspirante aux grands honneurs l'an prochain », a-t-il noté.

De bonnes anecdotes pas trop salées

Au fil de ses 34 ans dans la LNH, ce ne sont pas les anecdotes concernant Bryan Murray qui manquent. Plusieurs de ses collègues et anciens joueurs se sont fait un plaisir d'en relater quelques-unes, celles qui ne comptaient pas trop de jurons, lors de son bien-cuit de mercredi soir au CCT. En voici quelques-unes glanées au filet de la soirée.

David Poile, d.g. des Predators de Nashville et ancien patron de Murray avec les Capitals de Washington: «Nous avions une grosse rivalité avec les Flyers de Philadelphie et pendant un match contre eux, leur d.g. du temps, Bobby Clarke, est venu me voir pendant le match pour dire qu'il devait me parler. 'Ton entraîneur doit arrêter de parler à mes joueurs sur la glace, ça n'a pas de bon sens', pestait-il. Je suis allé voir Bryan immédiatement et je lui ai dit, 'Je ne sais pas ce que tu leur dis, mais continue comme ça.»

Chris Phillips, défenseur récemment retraité des Sénateurs : «J'ai rencontré Bryan pour la première fois quand j'avais 10 ans, l'entraineur de mon club pee-wee A de Fort McMurray le connaissait de longue date et nous sommes allés voir un match des Red Wings contre les Oilers. Je ne pouvais pas savoir que je jouerais plus tard une dizaine d'années pour lui... je me souviens d'une pratique où un coéquipier (Brian Pothier) en arrachait, et Bryan n'était pas content. Il lui a demandé s'il avait pris un coup la veille et on a dû lui dire qu'il ne buvait pas. Il a rétorqué : 'Peut-être que tu devrais commencer à boire.»

Doug MacLean, ancien adjoint de Murray à Detroit et Washington, son entraîneur en Floride : «Il y a 40 ans, j'ai joué pour les Braves de Brockville à 16 ans et on affrontait Bryan, qui dirigeait les Lumber Kings de Pembroke. Mais il m'avait dirigé pour le match des étoiles de la ligue et je n'en revenais. J'ai appris plus entre les périodes de ce match que lors de mes deux années précédentes à Brockville.»

Daniel Alfredsson, ancien capitaine des Sénateurs, maintenant conseiller aux opérations hockey : «Quand il est arrivé à son premier camp d'entraînement après le lock-out (de 2004-2005), il était beaucoup question des gars qui avaient des courbes illégales sur le bâton. Il avait donné le ton dès le départ en disant, 'Si l'un de vous se fait prendre avec un bâton illégal, je congédie le préposé à l'équipement. On ne savait pas s'il était sérieux ou s'il blaguait. Bryan a toujours été comme ça.»

Brian Burke, président des Flames de Calgary et successeur de Murray à Anaheim, les Ducks défaisant ensuite les Sénateurs en finale de 2007 (par voie de vidéo): «Je t'avais échangé Pavel Bure (en Floride), il a compté 50 buts deux fois pour toi, je pense que tu m'as f... dans cet échange où on a notamment obtenu Mike Brown.»

Les d.g. Tim Murray, son neveu, ainsi que Chuck Fletcher, du Wild du Minnesota, et son successeur Pierre Dorion étaient également présents, tout comme ses anciens joueurs Chris Kelly, Chris Neil, Kyle Turris et Erik Karlsson, ainsi que les nouveaux entraîneurs Guy Boucher et Marc Crawford.

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