L'heure de la retraite a sonné pour Chris Phillips

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«C'est juste la réalité du sport, les gars vieillissent et ralentissent, des jeunes arrivent», a lancé le vétéran en point de presse.

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Chris Phillips n'avait jamais pensé que le 1179match en carrière avec les Sénateurs d'Ottawa serait aussi son dernier.

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C'est le 5 février 2015 que Phillips a disputé son 1179e - et dernier - match en carrière avec les Sénateurs, éclipsant la marque de Daniel Alfredsson.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

«Je pensais que je raterais quelques parties pour régler le problème qui m'incommodait et que je reviendrais par la suite. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé», a dit le défenseur de 38 ans en confirmant jeudi, lors d'une conférence de presse au Centre Canadian Tire, qu'il n'avait d'autre choix que d'annoncer sa retraite.

Il aura passé 17 saisons dans la LNH (plus une et demie de lock-out), toutes dans la capitale fédérale.

«Dix-neuf ans de hockey professionnel, ça use un corps. J'étais fier de jouer malgré plusieurs maux, mais en raison des problèmes au dos qui ont nécessité une opération le printemps dernier dont je n'ai pas été capable de récupérer pleinement, j'ai pris la décision, de concert avec ma famille et mes médecins, de prendre ma retraite du hockey», avait-il mentionné au début de son discours officialisant la nouvelle ébruitée la veille.

Réalisme et déception

C'est le 5 février 2015, dans un revers de 2-1 contre les Capitals de Washington, que Phillips a disputé ce fameux 1179e match, éclipsant la marque de Daniel Alfredsson. Il a révélé qu'il avait déjà raté quelques parties auparavant en raison de la douleur, et qu'il a joué blessé parce que ce record «était très important pour moi».

Rares sont cependant les athlètes qui peuvent quitter leur sport selon leurs propres termes.

Même si ce n'est pas son cas, Phillips semblait très serein, disant qu'il s'agissait d'une «journée heureuse» pour lui et sa famille, son épouse Erin et leurs enfants Ben, Zoe et Niomi. Il n'a d'ailleurs versé aucune larme au cours de la conférence d'une trentaine de minutes, décochant même un clin d'oeil à une de ses filles quand elle s'est mise à pleurer.

Chris Phillips était notamment accompagné de ses trois... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit) - image 2.0

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Chris Phillips était notamment accompagné de ses trois enfants pour son annonce de jeudi.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

«C'est difficile de ne pas avoir le choix, de se faire dire que ton dos n'est pas assez bon (pour jouer). Mais en même temps, avec du recul, c'est peut-être la meilleure chose, honnêtement. C'est frustrant, mais si j'étais en santé, je me battrais pour obtenir un contrat et essayer de jouer et je ne sais pas si ce serait sur la table. C'est juste la réalité du sport, les gars vieillissent et ralentissent, des jeunes arrivent. C'est difficile à prendre quand on te dit que tu n'es plus assez bon, plus assez rapide pour jouer dans la ligue. Je suis chanceux de ne pas avoir eu cette conversation-là avec ces gars-là», a-t-il indiqué alors qu'il était flanqué du directeur général Pierre Dorion et de son prédécesseur à ce poste et maintenant consultant spécial, Bryan Murray.

«Chris était sous-estimé alors qu'il était pourtant un des meilleurs défenseurs défensifs pour contrer les attaquants adverses que la ligue a jamais vu... Il représente la loyauté et ce qu'est un Sénateur d'Ottawa», a noté Dorion.

«J'ai eu la chance de le diriger et c'est un gars de caractère. Personne ne travaillait plus fort que lui et personne n'a joué avec plus d'ardeur pour cette organisation. Un défenseur défensif solide, fiable. Et quand on regarde ses faits saillants, personne n'était plus excité que lui quand il comptait un but... Son leadership nous a manqué cette saison», a renchéri Murray, qui était entraîneur des Sénateurs en 2007 quand ils ont atteint la finale de la Coupe Stanley avec l'aide de Phillips.

Un poste aux opérations hockey

Les Sénateurs ont annoncé dans le cadre de cette conférence que Phillips se joindra à l'organisation au niveau des relations avec la communauté et les anciens joueurs de l'équipe, lui qui était fort impliqué dans la communauté (une vingtaine de causes appuyées) en plus d'amasser des fonds présentement pour son patelin de Fort McMurray, ravagé par le récent feu de forêt en Alberta.

«J'ai aimé la compétition et elle va me manquer. Le défi et l'honneur d'affronter certains des meilleurs joueurs que notre sport a vus, les Gretzky, Lemieux, Fedorov, Sakic, Forsberg, Lindros, Crosby et Ovechkin, pour n'en nommer que quelques-uns. Même si ça pouvait donner de longues soirées, j'ai eu beaucoup de plaisir à tenter de les contrer», a aussi dit l'ancien numéro 4, dont la brasserie Big Rig a produit une bière en son honneur, la Salute 1179 (à 4% d'alcool).

Chris Phillips devient seulement le troisième premier choix au total au repêchage à jouer toute sa carrière de plus de 1000 parties avec la même équipe, après Denis Potvin et Gilbert Perreault.

Des hommages pour «une bonne personne»

Son ancien coéquipier Mike Fisher est venu spécialement... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit) - image 4.0

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Son ancien coéquipier Mike Fisher est venu spécialement de Nashville pour lui rendre hommage. «Je vais me souvenir d'abord qu'il était un excellent joueur. Un défenseur défensif solide, qui ne se faisait pas remarquer, mais qui travaillait et faisait le boulot.»

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Chris Phillips conservera d'excellents souvenirs de sa carrière avec les Sénateurs. 

Son but en prolongation pour forcer la tenue d'un septième match en finale d'association contre les Devils en 2003 en est un. Ses deux buts, dont celui de la victoire, lors de son 1000e match contre Nashville. Et la participation de son club à la finale de 2007 contre Anaheim, même si ça s'est mal terminé, avec notamment un but dans son propre filet lors du cinquième et ultime match, ce qui lui avait fait dire qu'il «sait maintenant comment Steve Smith (des Oilers d'Edmonton en 1986) se sentait».

Mais à la fin d'un discours où il a remercié tout le monde associé à sa carrière, c'est pour les quelque 200 coéquipiers qu'il a eus au fil de ses 17 saisons à Ottawa qu'il a eu ses dernières pensées. «J'ai été chanceux d'être entouré par des gens fantastiques et j'apprécie les amitiés forgées à travers des milliers d'heures passées dans des avions, des vestiaires et sur la glace. Ça va me durer toute une vie», a-t-il noté.

Que de bons mots

Ses anciens coéquipiers ne se sont pas fait prier pour lui rendre hommage à leur tour, incluant ceux qui étaient présents pour l'occasion, soit Chris Neil, Kyle Turris et Mike Fisher, venu spécialement de Nashville.

«Je vais me souvenir d'abord qu'il était un excellent joueur. Un défenseur défensif solide, qui ne se faisait pas remarquer, mais qui travaillait et faisait le boulot. Il n'obtient probablement pas tout le crédit qui lui revient pour tout ce qu'il a fait dans la communauté et le genre de personne qu'il est. Il était un des gars les plus charitables avec qui j'ai joué, un de mes favoris», a dit Fisher, son coéquipier de 1999 à 2011.

«Il est le genre de gars qui enlèverait sa chemise de sur son dos pour vous. C'est quelque chose qui déteint sur les autres... Je suis un de ces gars sur qui il a déteint, il avait tellement de maturité et je l'admire beaucoup», a renchéri Neil.

En entrevue à TSN 1200, qui a rejoint plusieurs autres de ses anciens coéquipiers, Daniel Alfredsson avait aussi de bons mots: «Il faut célébrer tout ce qu'il a accompli, il a connu une superbe carrière tout en étant un coéquipier incroyable, une très bonne personne. Quand j'étais capitaine, j'étais chanceux d'être bien entouré par de bonnes personnes, dont Chris, qui portait un A (à partir de 2006)», a-t-il souligné.

La carrière de Phillips en quelques chiffres

  • 1er choix du repêchage de 1996;
  • 71 buts, 217 passes, 288 points en 1179 matches en saison régulière, le tout avec 756 minutes de punition;
  • 6 buts, 9 passes, 15 point en 114 parties de séries éliminatoires;
  • les Sénateurs ont une fiche de 52-9-2-4 quand il marque un but;
  • 13 buts gagnants.

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