L'enthousiasme et l'innovation d'Alfie

Daniel Alfredsson semble être en train de se... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Daniel Alfredsson semble être en train de se créer un emploi sur mesure à Ottawa.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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(RALEIGH) Avant le départ des Sénateurs pour la Caroline du Nord, vendredi, Daniel Alfredsson s'est entretenu avec des représentants des trois principaux quotidiens de la région d'Ottawa-Gatineau. Deux mois après son grand retour chez les Sénateurs, il nous a été permis de remarquer qu'il ne sait toujours pas exactement en quoi consiste son rôle de conseiller principal des opérations hockey. On a quand même pu constater que son nouveau défi l'emballe. Il semble particulièrement aimer les tâches qui l'emmènent sur la patinoire. Les qualités qui faisaient de lui un joueur unique lui permettent déjà d'innover et de se démarquer dans son nouveau boulot. Voici quelques-unes de ses meilleures réponses.

QUESTION: Commencez-vous à mieux connaître et comprendre votre rôle?

RÉPONSE: Il est un peu trop tôt. J'ai besoin d'un peu plus de temps pour vraiment comprendre où sont mes forces. Avec le temps, les autres membres de la direction pourront m'orienter vers les secteurs où je peux vraiment les aider. Pour l'instant, je vous dirais que j'ai beaucoup de plaisir quand on m'envoie sur la patinoire pour travailler avec les joueurs et les entraîneurs. J'ai aussi de bonnes conversations dans les bureaux avec Bryan, Randy et Pierre.

Q: Vous avez utilisé la caméra de votre iPhone comme outil d'enseignement plus tôt cette saison. Sur la patinoire, vous avez filmé certains joueurs dans le but d'améliorer leur technique de lancers. À notre connaissance, ce n'est pas une technique courante au hockey. D'où est venue cette idée?

R: J'ai eu cette idée en discutant avec Shean Donovan. Il avait découvert une application qui permet de ralentir les vidéos. Je sais comment m'y prendre pour décocher de bons lancers, mais je ne sais pas trop comment corriger un joueur qui s'exerce. La vidéo devient un précieux outil.

Q: Vous passez beaucoup de temps à travailler sur les lancers...

R: Plusieurs joueurs possèdent de bons lancers. Ceux qui sont capables de marquer des buts régulièrement sont plus rares. Pour marquer, posséder un bon lancer ne suffit pas. Il faut aussi être habile dans l'art de maquiller ses intentions. Un joueur doit être capable de convaincre un gardien qu'il va se diriger vers un certain endroit pour finalement lancer dans un secteur du filet complètement différent. À Ottawa, Craig Anderson est très habile quand vient le temps de lire ses adversaires. J'aimais beaucoup l'affronter à l'entraînement. Je me demandais constamment la même chose. Est-il en train de deviner ce que je devine qu'il devine? Ça devenait une véritable guerre psychologique. Parfois, on peut marquer avec un lancer très ordinaire, à condition d'avoir convaincu le gardien qu'on allait lancer ailleurs...

Q: Avez-vous reçu beaucoup de coaching sur l'art de lancer quand vous étiez joueur?

R: Mon père m'a beaucoup aidé quand j'étais jeune. Il était assez créatif, lui aussi. Il réfléchissait beaucoup. Il avait souvent de bonnes idées. Par la suite, j'ai pas mal travailler sur mes habiletés tout seul. Il n'existe pas beaucoup d'entraîneurs spécialisés. J'ai appris beaucoup en observant. C'est une habileté naturelle chez moi. Quand je me retrouve sur un terrain de golf ou de tennis, je suis capable de piquer de bons trucs aux autres juste en les regardant attentivement.

Q: Vous êtes en train de nous dire que vous ne vous contentez pas d'apprendre. Vous êtes en train d'innover et de vous créer un emploi sur mesure...

R: Peut-être. Qui sait à quoi ressemblera mon rôle dans le hockey à long terme? Ça pourrait effectivement être quelque chose qui n'existe pas encore...

Q: Est-ce que le fait de trouver des façons originales d'enseigner le hockey pourrait s'avérer un antidote contre la déprime qui vous guette en tant que jeune retraité du sport?

R: J'ai vécu une période d'adaptation. L'an dernier, je ne sautais pas de joie chaque matin en me disant qu'à la retraite, je pouvais faire tout ce que je voulais. J'ai été obligé de me forger une nouvelle identité. Un athlète professionnel, c'est quelqu'un d'important. À la maison, j'étais quelqu'un d'important aussi, mais c'était différent. L'an dernier, toute ma famille a été obligée de s'adapter. Mon épouse a toujours été la chef d'orchestre. En étant présent chaque jour, je me suis vite rendu compte que j'étais souvent dans ses jambes. Il y avait quand même du positif. J'ai passé beaucoup de temps dans les arénas de hockey mineur avec mes garçons. Je suis très content de pouvoir m'impliquer davantage dans leurs vies.

Q: Vous aimez votre nouveau travail. Vous aimez aussi vous impliquer auprès de vos enfants. Il doit être difficile de combiner les deux en ce moment. Avez-vous un projet qui vous permettrait de travailler dans la ville où vous habitez?

R: Une chose est certaine. Notre manière de faire les choses ne peut pas fonctionner à long terme. Un jour ou l'autre, ça devra changer. Cette année, j'ai commencé à négocier avec les Sénateurs après le début de l'année scolaire. Déménager une famille au grand complet, ce n'est pas quelque chose qui se fait rapidement ou facilement.

Q: Avez-vous du mal à vous détacher des joueurs? Vous étiez très près d'eux il n'y a pas si longtemps...

R: Non, ce n'est pas si difficile. Quand le match débute, je m'installe dans mon fauteuil et je regarde. Je suis toujours prêt à discuter avec les joueurs. Quand je vois quelque chose dans leur jeu, je n'hésite pas à leur ne parler. Je ne veux cependant pas prendre trop de place dans le vestiaire. Ce sont eux qui ont la responsabilité de prendre les choses en main, maintenant. C'est leur équipe, maintenant. Ils ont prouvé dans les derniers mois qu'ils sont très bien capables de faire les choses.

Q: Vous êtes quand même un membre à part entière de l'organisation.

R: Comme les joueurs, je suis en mode apprentissage. À la fin de la journée, nous faisons partie de la même équipe. Je ne veux pas être trop envahissant pour les joueurs, mais je suis quand même content de pouvoir les côtoyer. Ce sont des bonnes personnes et de bons joueurs. Grâce à eux, mon nouveau boulot me plaît beaucoup.

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