S'évader en jouant au hockey

Dave Cameron était parmi les plus éprouvés par... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Dave Cameron était parmi les plus éprouvés par le décès soudain de l'adjoint Mark Reeds, emporté hier par un cancer.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Une douzaine de jours avant sa mort, Mark Reeds a visité le Centre Canadian Tire pour une dernière fois. Alors que les Sénateurs d'Ottawa luttaient pour obtenir un poste dans les séries éliminatoires, il a eu l'audace de leur lancer un défi encore plus grand.

«J'ignore comment les joueurs vont porter leur deuil dans les prochains jours, mais j'aimerais qu'ils gardent en mémoire cette dernière visite de Mark. Il nous a demandé de continuer à gagner; de nous rendre jusqu'au bout», a révélé le directeur général Bryan Murray, hier matin.

«J'espère que nous allons utiliser ces paroles de façon positive.»

Murray n'aura pas besoin d'attendre très longtemps avant de recevoir la réponse à cette question.

Son équipe entreprendra les séries éliminatoires ce soir, au Centre Bell. Dans le match numéro un, face au Canadien de Montréal, il s'agira de voir si les joueurs auront encaissé le choc initial.

Reeds, qui occupait un poste d'entraîneur adjoint chez les Sénateurs depuis 2011, a rendu l'âme hier matin. Il a été foudroyé par un cancer qui s'est manifesté vers la fin du mois de février.

Il avait quitté son poste durant le long voyage de l'équipe sur la côte ouest américaine.

Il était âgé de 55 ans.

Même si ses proches le savaient condamné, certains ont été pris par surprise et ont appris son décès par l'entremise des réseaux sociaux, hier.

Ambiance morose

L'ambiance n'était pas très joyeuse, en cours de journée, au CCT.

«Quand nous avons appris que Mark était malade, nous avions le coeur gros. Aujourd'hui, nous avons le coeur brisé», a résumé Dave Cameron devant la presse.

L'entraîneur-chef était celui qui semblait - de loin - le plus ébranlé par cette tragique nouvelle.

«Mark était un père de famille exceptionnel. Il était un grand homme, un grand mari. Il était surtout un membre important de la famille des Sénateurs. Les gens ne peuvent pas savoir à quel point à quel point il était un brillant homme de hockey. Nous ressentons un grand vide aujourd'hui.»

Cameron a été en contact avec Reeds jusqu'à la toute fin.

Les adieux des joueurs

La plupart des joueurs ont pu faire leurs adieux lors de son dernier passage au CCT.

«C'était une journée très émotive. Il était accompagné de sa femme. Il tenait à s'adresser à nous. Il voulait nous laisser savoir que nous avions accompli quelque chose de très spécial. Il voulait qu'on continue dans la même direction», raconte Chris Neil.

«Notre qualification en séries, c'est le dernier cadeau que nous avons pu lui offrir. Je crois d'ailleurs qu'il s'est accroché à la vie pour nous voir atteindre cet objectif. Il ne ratait rien de nos matches, même quand il était hospitalisé. Quand nous avons atteint cet objectif, il a pu se reposer.»

L'homme fort fut un des quatre vétérans qui ont choisi de se présenter devant les journalistes, hier.

Les jeunes joueurs, qui vivent dans plusieurs cas un premier grand deuil, pourront bénéficier d'un encadrement important dans les prochaines semaines.

Neil, par exemple, entend se rendre utile en jouant un rôle de grand frère.

Il est déjà passé par là. Il faisait déjà partie des Sénateurs, en 2003, lors du décès d'un autre entraîneur adjoint, Roger Neilson.

Quelques années plus tard, il a surmonté le décès subit de sa mère, victime d'un accident de la route.

«On peut régler bien des problèmes sur la glace. On peut s'évader en jouant au hockey», croit Dave Cameron.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer