Hammond vu par Steve Penney

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Steve Penney a connu des séries éliminatoires du tonnerre à sa première saison dans la LNH.

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Que peut-il se passer, ces jours-ci, dans la tête d'Andrew Hammond? Personne ne sait... Mais Steve Penney s'en doute.

M. Penney est aujourd'hui âgé de 54 ans. Il mène une vie tranquille dans la région de Québec, bien loin du hockey. Il suit donc à distance, grâce à la télévision et à Internet, les performances du gardien recrue des Sénateurs.

Comme tout le monde, il est impressionné.

Au bout du fil, l'homme nous répète constamment que l'histoire de Hammond est différente de la sienne.

Différente... mais similaire.

Tout comme Hammond, Penney est sorti de l'ombre vers la fin d'une saison. Il a été parachuté devant le filet d'une formation qui connaissait une saison plus que décevante. En multipliant les arrêts, en collant les grosses performances, il a mené cette formation jusqu'en demi-finale de la coupe Stanley. Ça se passait en 1984. Son équipe, c'était le Canadien de Montréal.

«De la pression, Hammond doit en avoir, c'est clair. Mais ce n'est pas la pression telle qu'on pourrait l'imaginer.»

«Moi, dans le temps, je me disais que j'avais tout à gagner. Des gens pensaient que j'avais tout à perdre. Ces gens-là pensaient que je devais absolument saisir ma chance parce que je n'obtiendrais peut-être pas une deuxième opportunité si je me plantais. Honnêtement, pendant que ça se passait, je ne pensais même pas à tout cela. Je voulais gagner. Je ne pensais qu'à mon prochain match. J'essayais d'arrêter une rondelle à la fois.»

«Moi, dans le temps, je me disais que j'avais tout à gagner. Des gens pensaient que j'avais tout à perdre.»

Steve Penney

En 1984, Penney avait 23 ans. L'entraîneur-chef du Canadien, Jacques Lemaire, l'avait rappelé du club-école de Halifax alors que la saison régulière tirait à sa fin. Il voulait alors mettre un peu de pression sur ses deux gardiens d'expérience, Rick Wamsley et Richard Sévigny.

Contrairement à Hammond, il n'a pas connu la gloire tout de suite. On lui a demandé de participer à quatre parties en saison régulière. «Je les ai perdues toutes les quatre», raconte-t-il, amusé.

Lemaire lui a quand même fait confiance au début des séries.

En première ronde, le Canadien a balayé les champions de la division Adams, les Bruins de Boston.

Au second tour, Penney est retourné dans sa ville natale pour vaincre les Nordiques de Québec.

En demi-finale, le Tricolore et son jeune gardien ont rencontré leur Waterloo. Contre la plus puissante formation de l'époque, les Islanders de New York, ils ont quand même réussi à survivre jusqu'au sixième match.

«J'étais calme. J'ai toujours été un gars calme. C'est clair qu'après coup, j'ai réalisé que j'avais relevé un moyen défi. Sur le coup, je n'y pensais même pas.»

Penney est convaincu que Hammond est bien outillé pour gérer la pression. «Dans le hockey d'aujourd'hui, les gars sont suivis. Il y a des entraîneurs formés spécialement pour s'occuper des gardiens. Il y a des psychologues. Des relationnistes sont là pour expliquer aux athlètes comment gérer les médias. Aujourd'hui, les gars sont vraiment bien entourés», constate-t-il.

Penney demeure néanmoins convaincu que Craig Anderson finira par reprendre son poste devant le filet. «Anderson est un autre gardien solide. Il fera bien la job aussi.»

Il espère que, ce jour-là, l'éternel négligé saura garder la tête haute.

«Il a réussi à se faire un nom. Maintenant, les gens savent qui est Andrew Hammond. Même s'il passe au second plan derrière Anderson, ce ne sera pas plus grave. Avec deux blanchissages consécutifs dans l'ouest, il a prouvé qu'il est capable de jouer dans la ligue. Et ça, il doit forcément le savoir. Un jour, il va finir par avoir sa place. Ça va finir par arriver.»

Steve Penney en quelques lignes

  • Dans les séries éliminatoires de 1984, il a conservé une fiche de 9-6 et une moyenne de buts alloués de 2,20.
  • Vers la fin de la saison 1985-1986, il a perdu son poste de gardien de buts numéro un du Canadien au profit de Patrick Roy.
  • Blessé, il a pris sa retraite au terme de la saison 1987-1988. Il faisait alors partie de l'organisation des Jets de Winnipeg.

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