Fructueux baptême du feu pour Hammond

Le gardien Andrew Hammond connaissait une saison ordinaire... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Le gardien Andrew Hammond connaissait une saison ordinaire dans les mineures avant son baptême du feu mercredi soir contre le Canadien de Montréal.

Etienne Ranger, LeDroit

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Andrew Hammond a pris les choses en main. Il a stoppé 42 rondelles pour battre le Canadien de Montréal.

Ça s'est passé exactement comme tout le monde pensait.

C'est une blague. Personne n'aurait cru que cette «recrue» de 27 ans, qui connaît une saison très moyenne dans les mineures, aurait pu triompher de cette manière à son premier départ en carrière dans la Ligue nationale de hockey.

Même Hammond n'avait pas anticipé un pareil dénouement. «Je crois que je n'ai pas encore vraiment pris conscience de ce qui vient de m'arriver. J'imagine que c'est quelque chose de très spécial», a-t-il déclaré après avoir permis aux Sénateurs d'Ottawa d'empocher une victoire de 4-2 au Centre Canadian Tire.

Ça n'a pas été une soirée trop facile pour le club visiteur. Le Canadien a entrepris le match avec six défenseurs. Il en a perdu un et demi en cours de route.

Le match venait à peine de débuter lorsque Alexeï Emeline s'est blessé. Après avoir échoué dans sa tentative de mettre Mark Stone en échec, il s'est écrasé lourdement contre la rampe. Il a pris beaucoup de temps à se relever et il a pris directement le chemin du vestiaire.

Plus tard, vers la fin de la deuxième période, P.K. Subban s'est fait mal à une jambe en bloquant un lancer frappé de Bobby Ryan durant une infériorité numérique. Il est revenu au jeu, courageusement, au terme du deuxième entracte. Il n'était clairement pas à l'aise.

«J'ai mal pour lui, dit le très gentil Ryan. J'ai enfin réussi à frapper une rondelle correctement. Il fallait que mon lancer frappe un joueur adverse sur le chemin du filet. J'ai déjà bloqué des bons lancers avec mes jambes. Je sais que ça fait mal.»

Milan Michalek, Jean-Gabriel Pageau, Mark Stone et Kyle Turris ont été les marqueurs des Sénateurs dans la victoire.

Erik Karlsson a récolté deux autres mentions d'aide. Ça lui en fait huit à ses quatre dernières rencontres.

Max Pacioretty et Nathan Beaulieu ont assuré la réplique pour le Canadien.

Pacioretty, c'est un classique. Il a marqué sur sa deuxième échappée du match. L'Américain a vraiment le numéro des rivaux de la 417. À ses six dernières parties contre Ottawa, il a inscrit 11 points.

Un brin chanceux

Beaulieu a été un peu chanceux d'inscrire son premier but dans la LNH. Son lancer de la pointe a dévié contre le bâton de Curtis Lazar.

Hammond aussi a été chanceux.

«Chaque fois que la rondelle se retrouve devant son filet, c'est une aventure», a hurlé le descripteur des matches du Canadien à la radio, Martin McGuire, durant la première période. Et il avait probablement raison.

«Mon père m'a toujours dit qu'il faut être bon pour être chanceux et qu'il faut être chanceux pour être bon», a réagi Hammond après la rencontre.

Mark Borowiecki, un bon copain et ancien coéquipier dans la Ligue américaine, s'est empressé de récupérer la rondelle du match quand la sirène finale s'est fait entendre.

«Nous savons tous à quel point Andrew a travaillé fort pour en arriver là. Il n'avait pas joué depuis environ un mois. Ce fut une belle soirée pour lui et pour chacun d'entre-nous», a-t-il résumé.

Le résultat avant la manière

Le hockey est un sport relativement simple. Pour marquer un but, il suffit souvent de foncer vers le filet pour sauter sur une rondelle que le gardien adverse aurait perdu de vue.

Les Sénateurs ont marqué la moitié de leurs buts de cette façon, mercredi soir. Chacun leur tour, Milan Michalek et Mark Stone ont été plus rapides que Dustin Tokarski.

«C'est un de mes messages clés depuis le jour un», assure l'entraîneur-chef des Sénateurs, Dave Cameron.

«De nos jours, les équipes de la LNH sont trop bien dirigées. Il est pratiquement impossible de créer de beaux jeux spectaculaires et parfaits pour marquer un but. Il faut créer de la circulation dans l'enclave et foncer sur les rondelles libres. Les meilleures chances de marquer surviennent dans ces situations. Les bonnes équipes le font très bien. Les Sénateurs le font de mieux en mieux.»

Michalek et Stone sont partenaires de trio. Ils n'ont pas uniquement marqué, mercredi soir. Ils ont disputé un fort match dans l'ensemble.

«Nous avons été chanceux. Les officiels sont parfois pressés de siffler quand le gardien cherche la rondelle derrière lui. Ce n'était pas le cas ce soir», a résumé l'ailier droit manitobain après la partie.

Stone a été doublement chanceux dans ce match. Il craint pendant un moment que son but soit refusé. Les arbitres se sont longuement entretenus au téléphone avec les responsables de la vidéo, à Toronto, avant de conclure qu'il n'avait pas frappé la rondelle intentionnellement avec son patin.

«Quand on utilise la reprise vidéo, je suis toujours un peu nerveux. C'était un geste accidentel. J'ai frappé la rondelle en tombant. J'espérais simplement que les arbitres l'interprètent de la même façon...»

Dans la victoire, Stone a également récolté deux mentions d'aide.

Ce fut son premier match de trois points dans la LNH.

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Chris Driedger

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Le rêve éveillé de Driedger

Le téléphone a sonné très tôt, chez Chris Driedger, mardi matin.

«Il était environ sept heures et je dormais. Quand j'ai répondu, on m'a expliqué très brièvement qu'on avait besoin de moi à Ottawa. J'ai raccroché. Vous comprendrez que je ne me suis pas recouché...»

Le quatrième gardien de l'organisation des Sénateurs passe l'hiver à Evansville, dans l'Indiana.

Il est le gardien de buts numéro un des Icemen de la Ligue East Coast (ECHL).

Bryan Murray et ses sbires ont décidé de l'envoyer là-bas à la conclusion du dernier camp d'entraînement.

Généralement, quand un gardien de la ECHL obtient une promotion, on l'envoie dans la Ligue américaine. Un séjour à Binghamton aurait largement fait le bonheur de Driedger à cette période de l'année.

«Quand on y pense, c'est complètement dingue», dit celui qui avait été le choix de troisième ronde des Sénateurs lors du repêchage de 2011.

«J'avais entendu des rumeurs. On m'avait laissé entendre que j'étais le seul autre gardien qui détenait un contrat valide dans la LNH. Je ne voulais pas m'emballer trop rapidement. Mon tour est bel et bien arrivé», enchaîne-t-il.

Driedger demeure quand même loin de son rêve d'évoluer à temps complet dans la meilleure ligue au monde.

Il a signé seulement huit victoires en 36 parties dans cette ligue de calibre inférieur. Au moment de son rappel, il présentait un taux d'efficacité de 88,8 %.

«Ce fut une saison difficile, pour l'équipe comme pour moi. Nous ne gagnons pas souvent. On dirait bien que toutes les équipes qui sont affiliées aux Sénateurs connaissent une saison difficile. J'essaie de tirer le maximum de cette expérience. Tous les gardiens doivent apprendre à gagner. Ils doivent aussi apprendre à perdre.»

«J'aurais préféré jouer davantage dans la Ligue américaine cette saison, mais l'organisation m'a fait comprendre que je jouerais davantage dans la Ligue East Coast. Les jeunes gardiens doivent jouer souvent. Je comprends ça», complète-t-il.

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