Une étoile qui a mis du temps à briller

Mike Hoffman célèbre un but marqué contre les... (Sean Kilpatrick, Archives La Presse Canadienne)

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Mike Hoffman célèbre un but marqué contre les Blue Jackets de Columbus en octobre.

Sean Kilpatrick, Archives La Presse Canadienne

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Samedi soir, à Columbus, Mike Hoffman prendra part au concours d'habiletés annuel des étoiles de la Ligue nationale de hockey. C'est assez remarquable quand on pense au parcours atypique de cette «vieille» recrue de 25 ans.

L'été dernier, même la direction des Sénateurs d'Ottawa doutait du potentiel de ce joueur qui n'avait pas été capable de vraiment s'imposer à ses quatre premières années dans les rangs professionnels.

Au moment de lui consentir un contrat à un volet d'une seule saison, le directeur général Bryan Murray était loin de se douter qu'il retenait au sein de son organisation un ailier qui allait marquer une quinzaine de buts dans la première moitié de la saison.

Ce n'est pourtant pas la première fois que Hoffman fait le coup. Il suffit de gratter un peu dans son passé pour se rendre compte qu'il a souvent su rebondir au moment où sa carrière ne tenait plus qu'à un fil.

Portrait d'un joueur qui a failli échapper à son destin. À plus d'une occasion.

Ses débuts à Gatineau

L'histoire de Hoffman débute véritablement à Gatineau, à l'automne 2007.

Malgré son immense talent, le jeune attaquant n'avait pas vraiment intéressé les clubs juniors de sa province natale, l'Ontario. Pour obtenir sa véritable chance de jouer au plus haut niveau, il a été obligé de s'expatrier pour se retrouver chez les Olympiques de Benoît Groulx.

«Un de mes chums en Ontario m'avait appelé pour me recommander un joueur. Il m'avait dit que le joueur en question était taillé sur mesure pour connaître du succès dans la Ligue du Québec. Quand Hoffman est arrivé chez nous, j'ai tout de suite vu qu'il avait de la vitesse, un bon shot, du talent. J'ai aussi remarqué que son éthique de travail manquait beaucoup de constance d'un shift à l'autre», raconte Groulx aujourd'hui.

Le jeune Hoffman a disputé 19 parties dans l'uniforme des Olympiques. Durant ces matches, il a inscrit 12 points. Pour un attaquant de 17 ans qui devait s'adapter à un tout nouvel environnement, il s'agissait d'une production fort satisfaisante.

Groulx et ses adjoints lui ont quand même montré la porte. Cette décision n'avait rien à voir avec ses performances sportives. «À cette époque-là, je dirigeais une équipe très unie. Certains joueurs sont venus me voir pour me faire comprendre qu'ils ne s'entendaient pas très bien avec lui», explique Groulx.

En insistant un peu, les vétérans des Olympiques ont eu gain de cause.

Son passage au ballotage

Hoffman a été réclamé au ballottage par les Voltigeurs de Drummondville, club qui occupait alors la cave du classement dans la LHJMQ.

Les Voltigeurs étaient alors dirigés par Guy Boucher. Aujourd'hui, depuis la Suisse, Boucher accepte volontiers de parler de Hoffman, un joueur avec qui il a éventuellement remporté la coupe du Président. «En 18 ans de coaching, j'ai vécu plusieurs belles histoires. Celle de Mike est une des plus belles», raconte-t-il, au bout du fil.

Pourtant, l'association entre les deux hommes n'a pas été très facile. En quittant l'Outaouais pour s'installer dans le Centre-du-Québec, Hoffman n'a pas instantanément gagné en maturité. «Mike n'était pas un joueur facile à diriger. Il gardait tout en dedans. Nous avons passé beaucoup de temps à travailler avec lui. Dans les premiers mois, il progressait, mais il ne progressait pas vite-vite.»

«Je me souviens d'un matin où je l'ai appelé dans mon bureau pour une séance de vidéo. Je lui ai dit que je voulais lui montrer deux joueurs différents. Le premier était un joueur qui allait bientôt se faire renvoyer chez lui. L'autre, c'était un joueur surprenant qui avait une chance de se faire repêcher à 19 ans par une équipe de la LNH. En vérité, Mike était la vedette des deux extraits. Chez nous, pendant longtemps, il y a eu deux Mike Hoffman», raconte l'entraîneur.

«Éventuellement, il a fini par comprendre que sa vie était entre ses mains. Il était assis sur une mine d'or et il ne le voyait pas.»

Au terme de la saison 2008-2009, les Voltigeurs ont remporté le premier - et le seul - championnat de leur histoire. Même s'il a marqué 52 buts en 62 rencontres en saison régulière, Hoffman a été une fois de plus contraint à déménager vers l'est. On l'a échangé aux Sea Dogs de Saint-Jean.

Finalement repêché

À l'été 2009, Hoffman a quand même vu ses efforts récompensés. À sa deuxième année d'éligibilité, il a finalement été repêché par une formation de la LNH. Les Sénateurs ont pris une chance en le sélectionnant en cinquième ronde.

Dans les six années qui ont suivi, il n'a pas complètement changé. Le dernier homme à l'avoir dirigé dans la Ligue américaine, Luke Richardson, confirme qu'il peut toujours se montrer très têtu. «Mike a la tête dure, mais par moments, cette caractéristique lui vient en aide. Parce qu'il a la tête dure, il a également confiance en ses moyens. Cette confiance lui permet de connaître du succès.»

«Nous avons eu quelques prises de becs au cours de nos deux saisons ensemble. Il suffit souvent de retourner le voir, quelques minutes plus tard, pour discuter calmement avec lui. Il n'est pas différent des autres joueurs de son époque. Il faut simplement qu'on prenne le temps de bien tout lui expliquer.»

Sous Richardson, à Binghamton, Hoffman a connu sa meilleure saison chez les pros. Il avait marqué 30 buts et inscrit 67 points en 51 parties, vers la fin de l'hiver dernier, lorsqu'il a été rappelé à Ottawa pour y terminer la saison.

Durant cette campagne, le joueur ne s'est pas uniquement amélioré en attaque.

«Il a également commencé à demander de plus grandes responsabilités en défensive. Il voulait se retrouver sur la patinoire lorsque nous avions une avance à protéger en fin de match, raconte Richardson. Et quand Mike s'engage à faire quelque chose, il respecte ses engagements.»

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