Cameron a recommencé à écouter le Mondial junior

Dave Cameron... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Dave Cameron

Patrick Woodbury, LeDroit

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Au temps des Fêtes, Dave Cameron a fait comme des milliers d'autres amateurs de hockey partout au Canada. Il a regardé quelques parties du Championnat mondial junior à la télévision.

Il a donc fait la paix avec son passé.

Au cours des trois dernières années, l'entraîneur-chef des Sénateurs n'avait simplement pas été capable de suivre le tournoi. «Chaque année, j'essayais. Chaque année, ça me rendait malade.»

«Ça ravivait des souvenirs trop douloureux. Je n'ai pas trop envie de vous en parler.»

Cameron a livré cette confession lors de sa conférence de presse d'avant-match, hier. Il n'avait pas besoin de s'expliquer. Les journalistes dans la salle savaient fort bien de quoi il s'agissait.

Lors du CMJ de 2011, à Buffalo, il dirigeait Équipe Canada Junior.

Il a mené ÉCJ en grande finale.

Lors de cette finale, après deux périodes, ÉCJ menait par trois buts contre la Russie.

Les Russes ont alors réussi une des plus grandes remontées de l'histoire de ce tournoi. En troisième période, ils ont marqué trois buts pour aller décrocher l'or.

Hier matin, les reporters présents au Centre Canadian Tire ont insisté un peu. Ils ont défoncé la porte que Cameron venait d'entrouvrir. Quatre ans plus tard, il a fini par vider son sac.

«Cette année-là, nous ne devions même pas nous retrouver en finale. Le Canada fait toujours partie des bonnes équipes à ce tournoi, mais je ne crois pas que nous étions assez talentueux pour nous rendre jusqu'au bout», dit-il.

«Mais ça, c'est une excuse. On menait quand même par trois buts durant cette finale. Une équipe qui mène 3-0 dans un match de hockey ne devrait jamais perdre...»

Le Canada s'est quand même incliné. L'équipe de Cameron, menée par Brayden Schenn, Ryan Johansen et Ryan Ellis, a été dominée par les Russes de Vladimir Tarasenko.

«Deux scénarios me trottent dans la tête. Quand on menait 3-0, les Russes ont procédé à un changement devant le filet. Quand leur nouveau gardien a un peu trop défié nos attaquants, Zack Kassian s'est retrouvé avec la rondelle et un filet grand ouvert. Il a raté la cible. Je me pose souvent la question. Est-ce que le résultat aurait été différent si nous avions pris une avance de quatre buts?»

«Je me dis que les choses auraient aussi pu être différentes si nous avions encaissé un but avant la fin de la deuxième, quand les Russes ont obtenu quelques opportunités. Au deuxième entracte, avec une avance de deux buts, nous aurions peut-être réagi différemment.»

Cameron affirme avoir surmonté sa déception. Dans le coaching comme ailleurs, les pires expériences sont souvent les plus formatrices. En d'autres mots, on apprend dans la défaite.

«Dans le temps, j'étais surtout déçu pour les kids. Moi, je pouvais composer avec la déception, mais je savais que certains kids encaissaient durement cette défaite. Je savais à quel point ils avaient bûché pour se rendre jusqu'en finale.»

Cameron a un peu recommencé à suivre le CMJ «pour les kids», justement. ÉCJ aligne cette année deux espoirs des Sénateurs, les attaquants Curtis Lazar et Nick Paul.

Il a bien aimé leurs performances jusqu'ici.

«Curtis a marqué des buts comme il devrait marquer des buts dans la LNH, c'est-à-dire, en fréquentant la zone payante devant le filet. Quant à Nick, il est costaud, il lit bien le jeu, il protège bien la rondelle.»

Sstlaurent@ledroit.com

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