Quand le hockey devient secondaire

L'entraîneur Paul MacLean... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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L'entraîneur Paul MacLean

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Il était environ 13h, mercredi, lorsque la Ligue nationale de hockey a décidé d'annuler le match qui devait opposer, en soirée, les Sénateurs d'Ottawa et les Maple Leafs de Toronto.

La décision du commissaire Gary Bettman a été très bien accueillie.

Près de troisheures s'étaient écoulées depuis les incidents. Le centre-ville était toujours en état d'alerte. Au Centre Canadian Tire, à une trentaine de kilomètres de là, personne n'avait la tête au hockey.

«Le hockey est certes secondaire face à de tels événements tragiques et nous savons que nos partisans seront d'accord avec la décision de la ligue de reporter le match de ce soir», a déclaré le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk, dans un communiqué officiel.

Le 100e match de l'histoire de la rivalité Sénateurs-Leafs sera remis plus tard. La date de reprise devrait être arrêtée dans les prochains jours. Chose certaine, le match n'aura pas lieu ce soir. L'équipe torontoise a quitté la capitale en vitesse en fin de journée.

Les Sénateurs, eux, ont pu rentrer chez eux en milieu de journée pour retrouver leurs proches.

«Ouf... C'est tout près de la maison. À l'heure actuelle, nous ne sommes pas différents des autres. Nous voulons nous assurer que nos proches sont en sécurité», a déclaré Paul MacLean en ouverture de sa conférence de presse matinale.

Il avait l'air sincèrement secoué.

Ses joueurs l'étaient tout autant.

«Quand on vit au Canada, on se sent toujours en sécurité. On voit des événements tragiques régulièrement à la télévision. On ne s'imagine jamais que ça peut survenir dans notre communauté», a indiqué Chris Phillips.

Avant d'être un hockeyeur, cet homme de 36 ans est d'abord un époux et un père de famille.

Choc dans le vestiaire

Les Sénateurs venaient de sauter sur la patinoire pour leur séance de patinage matinale lorsque les premières images de la tragédie ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux.

Un des adjoints de MacLean a réuni les joueurs au centre de la glace, très rapidement, pour leur communiquer la nouvelle.

Certains ont ressenti le besoin de rentrer au vestiaire pendant quelques minutes pour s'assurer que leurs proches étaient en sécurité.

«Mes parents sont en ville. Ils avaient prévu sortir en avant-midi pour aller explorer le centre-ville. J'étais inquiet pour eux. J'ai passé un coup de fil à la maison. J'étais très soulagé d'apprendre qu'ils y étaient encore. Je n'ai pas eu trop de mal à les convaincre de ne pas sortir», raconte Colin Greening.

À leur retour au vestiaire, tous les joueurs ont pris le temps de contacter leurs proches.

«Tout le monde était sur son téléphone. On passait des coups de fil, on envoyait des textos à la chaîne... J'ai compris à quel point c'était une grosse nouvelle lorsque des amis qui vivent aux États-Unis ont commencé à me contacter pour savoir si j'étais en sécurité. C'était une journée un peu folle», a expliqué l'ailier terre-neuvien qui aurait encore une fois été laissé de côté par MacLean, si le match avait eu lieu.

Les Sénateurs doivent, en principe, se retrouver au Centre Canadian Tire pour s'entraîner ce midi. La direction de l'équipe disposera de quelques jours pour bien se préparer en prévision du prochain match. Ils doivent recevoir la visite des Devils du New Jersey samedi soir.

Des agents de sécurité étaient déjà installés à toutes les portes d'entrée de l'amphithéâtre, chaque soir de match. On présume qu'ils seront encore plus nombreux et actifs dans les prochains mois.

Les Maple Leafs confinés

Les Maple Leafs se sont retrouvés, bien malgré eux, en plein coeur de l'action.

Ils étaient arrivés à Ottawa au beau milieu de la nuit de mardi à mercredi, après leur match contre les Islanders de New York. Ils s'étaient directement rendus à leur hôtel du centre-ville, le Westin, qui est rattaché au Centre Rideau.

Ils y ont été confinés pendant une bonne partie de la journée.

«Nous pouvons nous compter chanceux. Notre sécurité n'a jamais été menacée, a indiqué le directeur général Dave Nonis dans un point de presse improvisé en fin de journée. Je crois que nos joueurs ont très bien composé avec toute cette pression. Nous avons entendu les sirènes. Nous avons suivi les événements du jour à la télé. Malheureusement, c'est le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.»

Dans leurs chambres, les joueurs ont utilisé les réseaux sociaux pour saluer le travail des forces de l'ordre. «Nous devrions être très fiers de tous les policiers qui ont travaillé ici aujourd'hui», a écrit Joffrey Lupul sur Twitter.

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