Le capitaine des Sénateurs d'Ottawa n'est pratiquement jamais présent lorsque John Chabot fait suer à grosses gouttes ses coéquipiers.
Alfredsson défend ses absences avec un petit sourire. Il dit qu'on peut souvent le trouver sur des patinoires de hockey mineur dans l'ouest de la ville. Suffit de passer en fin de journée ou en début de soirée.
«Mon frère Henrik dirige l'équipe de mon fils aîné. Moi, je suis le gars qui déplace les rondelles d'un endroit à l'autre sur la patinoire lors des séances d'entraînement. Je suis là pour aider les enfants. Je m'assure qu'ils ont du plaisir, je m'assure qu'ils travaillent fort. Je suis là pour les encourager. Vous savez quoi? J'adore ce rôle», insiste-t-il.
Ne devrait-il pas lui-même travailler plus fort sur la glace?
À 39 ans, ne devrait-il pas mettre les bouchées doubles pour être prêt à sauter sur la glace quand le lock-out prendra fin?
«J'avais pris du retard sur mon programme de musculation. Je me suis concentré sur cet aspect de mon entraînement dans les dernières semaines. J'ai presque rattrapé le temps perdu. Me connaissant, je devrais me limiter à une ou deux séances d'entraînement sur glace de toute façon. Si je patine plus souvent, je vais finir par me décourager.»
À la fin de l'été, Alfredsson s'est engagé à passer l'automne au grand complet à Ottawa. Pas question pour lui de se lancer à la recherche de travail ailleurs avant le nouvel an.
Malgré l'exode massif des derniers jours, il n'a pas changé d'avis.
«J'aimerais beaucoup jouer au hockey quelque part, mais ma situation familiale complique un peu les choses», dit celui qui est père de quatre enfants.
«Je ne peux pas vraiment quitter et laisser toutes les responsabilités sur les épaules de ma femme. Ce ne serait pas correct.»
Alfredsson prétend qu'il n'a pas reçu d'offres contractuelles au cours des derniers jours. Le club avec lequel il a remporté un championnat durant le lock-out de 2005, les Indians de Frölunda, s'est tourné cette fois-ci vers un joueur plus jeune. Matt Duchene, de l'Avalanche du Colorado, doit faire ses débuts en Suède dans les prochains jours.
«Si le lock-out s'étire jusqu'au mois de janvier, si jamais on décide d'annuler la saison au grand complet, j'aurai une décision importante à prendre. À ce moment-là, si je choisis de prolonger ma carrière, je me trouverai bien un endroit où compléter la saison.»
Dans le climat actuel, Alfredsson voit mal comment Gary Bettman et Donald Fehr pourraient s'entendre dans les prochaines semaines.
Pour la santé mentale
Hier matin, Alfredsson a trouvé le temps de participer à un petit déjeuner conférence de la Fondation de santé mentale du Royal Ottawa.
C'est un des rares bons côtés du lock-out. Ça lui donne le temps de s'impliquer dans les causes qui lui tiennent à coeur.
«C'est le cinquième déjeuner annuel, mais je m'implique depuis plus longtemps que ça», rappelle-t-il.
«Je suis fier de dire que les gens parlent plus ouvertement des problèmes de santé mentale qu'auparavant. Nous avons encore du chemin à parcourir, mais nous avons emprunté la bonne direction.»
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