Un récit de 24 heures irréelles

Yan-Pavel Laplante préparait ses bâtons en vue de... (Courtoisie, Canucks de Vancouver)

Agrandir

Yan-Pavel Laplante préparait ses bâtons en vue de disputer son premier match en carrière dans la LNH dimanche, mais les entraîneurs ont modifié leur alignement après la séance de réchauffement.

Courtoisie, Canucks de Vancouver

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Samedi soir, à Anchorage en Alaska, Yan-Pavel Laplante a eu le privilège d'inscrire le dernier but de l'histoire de son club dans la East Coast Hockey League.

Les Aces cesseront leurs opérations l'an prochain. Les gradins du Sullivan Arena étaient bondés pour assister au dernier match de leur équipe professionnelle. Sans le savoir, l'ancien des Olympiques de Gatineau venait tout juste d'amorcer une période de 24 heures fertiles en émotions.

Après le match, son entraîneur lui demande de passer dans son bureau. Il a un message à livrer à celui qui dispute sa première saison chez les professionnels.

« Tu es rappelé », lui dit Rob Murray.

Et Laplante de penser : « Bon, OK. Je retourne à Utica. »

Utica, c'est le club-école des Canucks de Vancouver dans la Ligue américaine. C'est là que Laplante avait amorcé sa saison avant de subir une blessure qui l'a tenu à l'écart du jeu pendant un mois et qui lui a valu un renvoi dans la ECHL par la suite.

L'entraîneur enchaîne : « Tu n'es pas seulement rappelé. Tu t'en vas rejoindre les Canucks à Edmonton et tu es supposé jouer demain ! »

Laplante n'en croyait pas ses oreilles. « Qu'est-ce qui vient de se passer ? Je viens de finir ma saison dans la East Coast. Je suis en Alaska. Du jour au lendemain, je serai dans la LNH ? »

Le Québécois de Ste-Martine n'a pas pris la peine de se pincer pour se réveiller. Il est parti à l'aéroport pour décoller vers 1 h du matin. Il est débarqué à Edmonton vers 14 heures dimanche, juste à temps pour le match contre les Oilers.

« J'ai à peine dormi une heure. J'étais trop excité. Trop nerveux. Je pensais juste à ce qui m'arrivait ! À l'hôtel, les joueurs des Canucks ont lu dans mon visage que j'étais terrifié ! Ils m'ont accueilli comme des pros. Ils sont tous venus de me voir pour me détendre. Ils m'ont dit de savourer le moment. »

Une heure avant le match, le coeur de Laplante s'est mis à battre très fort. « J'ai vu mon nom sur l'alignement de départ. Je suis redevenu nerveux. J'avais peur d'avoir l'air fou ! Pendant le réchauffement, plein de choses traversaient mon esprit. Je regardais de l'autre côté. Je voyais Milan Lucic et Connor McDavid se préparer. C'était irréel. Un rêve de jeunesse. »

Laplante était à des minutes de réaliser son rêve quand l'entraîneur-adjoint est venu mettre fin à son conte de fées. « Ils ont finalement décidé de déplacer un défenseur à l'attaque. C'était un feeling bizarre. J'avais déjà reçu plusieurs messages d'encouragements de gens qui allaient regarder mon match à la télévision. J'ai beaucoup pensé à eux. Leur déception, pour moi, c'était ça le pire. »

L'ancien des Olympiques était déçu, mais en même temps, la veille, il se trouvait si loin de la LNH. « Je me demandais si les gars allaient trouver bizarre que je sois l'heureux élu, mais non. Ils se souvenaient de moi au camp d'entraînement. J'avais de gros frissons pendant le réchauffement. J'étais tellement heureux et tellement craintif à la fois. Ça n'a pas fonctionné finalement, mais ça me donne juste le goût de continuer à pourchasser mon rêve. »

Lundi, Laplante était de retour à l'aéroport pour traverser le pays et rejoindre les Comets de l'Utica qui tentent de se qualifier aux séries éliminatoires. Pendant ce temps, l'entraîneur des Canucks, Willie Desjardins était congédié.

« Je n'ai pas eu le temps de le connaître. S'il m'avait fait jouer, je pense que ça se serait bien passé. Je connaissais mon rôle à l'aile gauche du quatrième trio », s'est contenté de dire le globe-trotteur, dont le prochain chèque sera au moins bonifié généreusement en raison de son aventure.

À sa première année chez les pros, Laplante a récolté un point en 13 matches à Utica et 20 points en 38 matches en Alaska. La transition entre le junior et les pros étant terminée, il s'attend à une bien meilleure saison l'an prochain. Un vrai rappel avec ça ?




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer