Crosby: 50 buts... en 60 matches?

Sidney Crosby... (Archives, Associated Press)

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Sidney Crosby

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CRANBERRY TOWNSHIP, Pennsylvanie - En anglais, il est de bon ton de dire que «40 est le nouveau 30», en parlant d'un quadragénaire qui vieillit bien. Et si, au hockey, 60 était le nouveau 50?

À l'époque où les campagnes de 50 buts étaient moins exceptionnelles, on se demandait qui allait atteindre la marque en 50 matches ou moins. Avec l'évolution du hockey vers un style plus hermétique, c'est donc à se demander si les limites du possible ne sont pas devenues d'atteindre les 50 buts en 60 matches.

C'est cet exploit que Sidney Crosby est en voie de réussir cette saison. Après 31 matchs, le capitaine des Penguins compte 26 buts. En faisant une règle de trois, on constate qu'il pourrait atteindre la cinquantaine dès son 60e match de la saison.

Le «50 en 60» frappe peut-être moins l'imaginaire que le «50 en 50» de Maurice Richard, Mike Bossy et Brett Hull, ou que l'ahurissant «50 en 39» de Wayne Gretzky, mais il serait néanmoins impressionnant. À plus forte raison quand on regarde la liste des derniers joueurs à avoir marqué 50 buts en 60 matches ou moins. Voilà plus de deux décennies que ça ne s'est pas vu.

Au cours des trois dernières saisons, un seul franc-tireur par saison a atteint les 50 buts, et c'était toujours le même: Alexander Ovechkin. Et chaque fois, il a dû attendre les derniers jours du calendrier avant d'y parvenir.

Alors, dans cette hermétique LNH de 2016-2017, avec des gardiens plus grands, plus larges, plus forts que jamais, le 50 en 60 est-il possible?

«Oui, c'est possible pour lui. Il n'a même pas encore de tour du chapeau cette saison», souligne avec justesse le défenseur Kristopher Letang, rencontré au centre d'entraînement des Penguins, hier.

«C'est tellement dur à réussir aujourd'hui avec le style de jeu de la LNH et la qualité des joueurs, rappelle Matt Cullen, un vétéran de 40 ans qui a vu neiger. Mais ce qu'il a fait jusqu'ici est incroyable. Avec la qualité de son jeu en ce moment, rien n'est impossible. Dans ma carrière, je n'ai jamais vu un joueur jouer de cette façon soir après soir. Ça dépasse l'entendement. Oui, il aura besoin de quelques bonds favorables, mais s'il les obtient, qui sait?»

«Je ne miserais jamais contre Sid sur quoi que ce soit», ajoute Chris Kunitz, ailier de Crosby pendant des années.

Là où ça fait mal

Ce qui épate le plus ses coéquipiers, c'est de voir comment il marque ses buts. Ne cherchez pas ses buts dans la compilation des plus belles feintes de l'année.

«Il marque maintenant ses buts dans la peinture bleue, souligne Letang. Aux entraînements, il se place devant le filet et il dévie des rondelles. Il ne faisait pas ça avant. En avantage numérique, ce n'est plus lui qui joue le long de la bande, il reste près du poteau.»

«Il a 2-3 buts depuis l'arrière du but, des déviations hautes, précise Kunitz. On a la chance de le voir à l'entraînement tenter ces choses. Il a probablement la meilleure coordination oculo-manuelle de la ligue. Quand il y a une rondelle en l'air, il ne va pas seulement la rabattre, mais vraiment la diriger vers le but.»

«Ce n'est pas tous les matches, ni même toutes les années que tu as la chance de marquer sur des jeux de la sorte, explique humblement Crosby. Des déviations, parfois ça fonctionne, parfois non. Mais j'essaie toujours de me poster autour du filet, encore plus maintenant que les joueurs sont meilleurs que jamais pour bloquer des tirs. Quand la rondelle te trouve souvent, ça t'incite à continuer à y aller, car tu n'es pas toujours en train de pourchasser la rondelle, de chercher des jeux.»

Crosby, franc-tireur

Avec sa pelletée de buts, Crosby est en train de changer l'identité qui lui collait à la peau depuis son arrivée dans la LNH.

Pas qu'il était un mauvais franc-tireur, loin de là. Il compte déjà sept saisons de 30 buts à son actif, et était en voie d'atteindre facilement ce chiffre en 2007-2008 (24 buts en 53 matches) et en 2013 (15 buts en 36 matches). Pensez aux autres joueurs avec des chiffres similaires (Ovechkin, Jarome Iginla, Rick Nash)  ils sont tous considérés comme des marqueurs d'élite.

Seulement, ses qualités de fabricant de jeux ont toujours été plus évidentes. D'ailleurs, depuis son arrivée dans les rangs midget, à l'âge de 14 ans, il a toujours terminé ses saisons avec plus de passes que de buts. En LNH, il compte 364 buts contre 616 aides.

Le principal intéressé assure n'avoir rien changé à son approche. «Je ne crois pas rien faire de bien différent. J'ai marqué sur des jeux qui, normalement, ne fonctionnent pas», fait valoir Crosby. Ses coéquipiers voient toutefois les choses différemment.

«Sid est un perfectionniste, rappelle Letang. À ses débuts, on le décrivait comme un fabricant de jeux. Ensuite, on disait qu'il n'avait pas un bon tir. Il a fini par en marquer 50. Après, on disait qu'il ne gagnait pas ses mises en jeu. Il a travaillé là-dessus pour devenir meilleur. Il regarde les moindres détails.»

En jouant de cette façon, Crosby a marqué dans 20 des 31 matches auxquels il a pris part cette saison. Deux sur trois. Ça donne une idée du défi qui attend Carey Price et le Canadien ce soir...

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