Dan Boyle a fait taire ses détracteurs

Patrick Marleau (à gauche) discute avec Dan Boyle... (Gary Reyes, San Jose Mercury News via AP)

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Patrick Marleau (à gauche) discute avec Dan Boyle avant la conférence de presse où il a annoncé sa retraite.

Gary Reyes, San Jose Mercury News via AP

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Dan Boyle a accroché ses patins pour de bon après plus de 1000 parties dans la LNH, une belle carrière de 17 saisons qui lui aura permis de confondre plusieurs sceptiques.

Le défenseur franco-ontarien originaire de la Basse-Ville d'Ottawa a confirmé la décision mercredi lors d'une conférence de presse organisée par les Sharks de San Jose, une des quatre formations dont il a porté les couleurs après sa sortie de l'université Miami of Ohi. Les autres étant les Panthers de la Floride, le Lightning de Tampa Bay et les Rangers de New York.

« Tout ce que je voulais faire alors que j'étais un jeune Canadien grandissant à Ottawa, c'était jouer UN match dans la LNH. Tout le monde me disait que je ne jouerais pas, même à l'université. Un entraîneur de la LNH m'avait dit de grandir de trois pouces et de gagner 20 livres si je voulais jouer pour lui. Ce sont des choses du genre qui m'ont aidé à avoir cette attitude que je n'accepterais pas ça... Plus de 1000 parties plus tard, cette expérience me semble surréelle », a-t-il déclaré au cours d'un boniment où il a gardé pleinement le contrôle de ses émotions.

L'arrière de 5' 11'' qui n'a jamais été sélectionné au repêchage amateur de la LNH a remercié cet entraîneur qu'il n'a pas identifié, mais il s'est aussi assuré d'en mentionner d'autres qui ont eu une grande influence sur sa carrière. À commencer par Bill Davidge, un ancien adjoint à Miami of Ohio qui était dépisteur à temps partiel pour les Panthers à l'époque et les a convaincus de lui donner un essai. Il a ensuite mentionné John Tortorella et Craig Ramsey, qui l'ont dirigé ensemble avec le Lightning de Tampa Bay.

« La Floride m'a donné ma première chance et je les remercie, mais c'est vraiment avec Tampa que ma carrière a pris son envol. Je me souviens d'avoir eu une conversation avec John, qui n'était pas un gars facile d'approche, afin de lui demander de me laisser aller. Il l'a fait et ça m'a donné énormément de confiance », a rappelé Boyle, 40 ans, qui a aidé le Lightning à remporter une coupe Stanley en 2004.

Témoignages

Tortorella a participé à la conférence par voie téléphonique et il a noté que Boyle « était le moteur de cette équipe, on ne gagne pas sans lui... Mais je pense que tu n'as jamais reçu assez de crédit pour le compétiteur acharné que tu étais».

«Tu m'as enseigné beaucoup sur comment être un bon entraîneur et je t'en remercie, a pour sa part dit Ramsey, un ancien adjoint de Jacques Martin avec les Sénateurs d'Ottawa. Et tu étais un compétiteur hors pair. Je me souviens d'un soir à New York où on manquait de joueurs et je t'avais fait jouer 36 minutes. Tu n'arrêtais pas.»

En présence de plusieurs anciens coéquipiers comme Evgeny Nabokov, Joe Thornton et Patrick Marleau, celui qui a pris part à deux parties d'étoiles de la LNH a mentionné qu'il espère que c'est pour cet esprit de compétition qu'on se souviendra de lui dans le monde du hockey.

«Je me souviens de ce match des séries contre le Colorado (en 2010) où j'avais compté le but gagnant dans mon propre filet lors du troisième match. Ça avait été difficile, mais j'aurais souhaité qu'on joue des programmes doubles au hockey pour retourner sur la patinoire tout de suite. J'étais comme ça, je voulais avoir la rondelle sur ma palette lors de la dernière minute d'un match afin de faire des jeux et gagner. C'est tout ce qui comptait pour moi, pas les points et les buts», a lancé l'arrière-garde mobile qui a récolté 163 buts et 442 passes en carrière. Son total de 605 points en 1093 matches est le 35e meilleur en carrière chez les défenseurs.

Le médaillé d'or des Jeux olympiques de 2010 de Vancouver avec le Canada a profité de l'occasion pour remercier spécialement tous les membres de sa famille, son frère Marc, ses parents Roger et Diane, ses oncles, ses tantes et sa grand-mère décédée. «C'est la meilleure famille que j'aurais pu avoir, ils m'ont toujours appuyé», a-t-il souligné.

Avec son épouse Amber et ses filles Eastin et Wesley, il est retourné s'établir à San Jose où il avait conservé sa résidence pendant son séjour de deux ans à New York. Il n'a pas de plans concrets pour son après-carrière à part jouer beaucoup au golf et passer du temps de qualité avec sa famille, notant qu'il serait «physiquement encore capable de jouer, mais mentalement, j'étais brûlé à la mi-saison (l'an dernier)».

Un joueur apprécié par Vigneault

Alain Vigneault aura été le dernier entraîneur-chef de Dan Boyle dans la LNH, mais auparavant, il l'a eu longtemps dans les pattes lorsqu'il était à son apogée, avec les Sharks et le Lightning.

« Quand j'étais à Vancouver, on a affronté les Sharks deux fois en séries, gagnant une fois quand on s'est rendu en finale de la coupe Stanley contre Boston (en 2011) et perdant à l'autre occasion (2013). Dan était vraiment à son meilleur dans ces années-là ainsi qu'avant à Tampa. Des défenseurs offensifs comme ça, capables d'appuyer l'attaque et de trouver des ouvertures, il n'y en a pas des tonnes dans la ligue. Il fallait toujours rappeler à nos joueurs de savoir où il était sur la glace en tout temps », s'est souvenu l'entraîneur gatinois des Rangers de New York mercredi.

Boyle était encore un joueur productif lorsqu'il s'est joint à son club il y a deux ans, aidant les « Blueshirts » à atteindre la finale de l'association Est avant de s'incliner devant le Lightning en sept parties.

« Je l'ai beaucoup apprécié comme joueur et comme leader dans le vestiaire. La première année, il a fait exactement ce qu'on attendait de lui, il était solide pour relancer l'attaque et l'appuyer. L'an dernier, toute notre équipe était un peu off malgré notre récolte de 101 points en saison régulière et on dirait que Dan était dans ce même bateau alors qu'il ne rajeunissait pas. Mais il demeurait un excellent pro qui a beaucoup aidé nos jeunes joueurs, il leur a montré ce que c'est qu'un très bon coéquipier », ajoutait Vigneault.

Martin St-Louis, son ancien coéquipier à Tampa Bay et New York, a aussi rendu un bel hommage à l'ancien des Rangers de Gloucester, de la Ligue centrale junior, dans le cadre de sa conférence de presse.

« Bienvenue de l'autre côté, c'est un bel endroit, tu vas pouvoir être là pour ta famille tous les jours. Tu as définitivement mérité ça, tu as donné beaucoup au hockey, a-t-il souligné. Nous sommes arrivés ensemble à Tampa et nous avons grandi en même temps comme joueurs. Il n'y a pas de doute que sans toi, je ne serais pas devenu le joueur que j'ai été. Tu n'étais pas juste un défenseur à caractère offensif, tu bataillais pour la rondelle dans les coins et tu comprenais bien le rôle de chacun sur la glace. Tu étais capable de me refiler la rondelle quand je la voulais. J'étais bien heureux de te retrouver à New York à ma dernière année. »

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