Entre consternation et malaise

L'ancien homme fort des Sénateurs, André Roy confesse... (Archives, LeDroit)

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L'ancien homme fort des Sénateurs, André Roy confesse avoir des moments de déprime qui pourraient être liés à son rôle dans la LNH.

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Le décès de l'ancien bagarreur Todd Ewen a ébranlé André Roy.

«Ça commence à me fatiguer en est%#* tous ces anciens dur-à-cuire qui meurent à un jeune âge», a-t-il gazouillé, dimanche, afin de répondre aux amateurs de hockey qui le pressaient de questions dans les réseaux sociaux.

Quand il est intervenu, Roy ne connaissait pas encore les circonstances entourant le décès de l'homme de 49 ans.

On lui a dit un peu plus tard ce qu'il ne voulait pas entendre. Il s'agirait d'un suicide. Un autre.

«C'est décevant parce que c'est un autre tough. Ce gars-là, il aurait peut-être eu besoin d'encadrement. Il avait peut-être besoin d'aide. Il n'a peut-être pas su où chercher. Ça choque», commente le Québécois au bout du fil.

Roy constate, comme tout le monde, que ses anciens collègues/adversaires tombent comme des mouches. «Il y a eu beaucoup de décès dernièrement.»

Le deuxième bagarreur le plus populaire de l'histoire des Sénateurs - après Chris Neil - se rend tranquillement à l'évidence. «Il y a peut-être un lien à tisser avec le rôle qu'ils ont joué durant leurs carrières. Ce n'est pas un rôle facile. Ils ont tous reçu des coups à la tête à répétition pendant 10, 15 ans.»

Roy s'inquiète de son propre sort.

Ça peut paraître étrange. À le regarder faire ses pitreries à la télévision, dans différentes émissions de RDS, il n'a certainement pas l'air en détresse psychologique.

«Il m'arrive quand même d'avoir mes sautes d'humeur. J'ai mes journées où je suis un peu plus down», dit-il.

Roy demeure aussi relativement jeune. Il vient à peine de franchir le cap de la quarantaine. Pour l'instant, tout va bien, mais...

«Je me pose des questions. En vieillissant, est-ce que les problèmes s'empirent? Pour l'instant, ce n'est vraiment pas si pire. Dans une couple d'années, quand la cinquantaine va approcher, est-ce que ça va empirer?»

MALAISE À OTTAWA

On a passé un coup de fil à Roy, hier, parce qu'on ressent un malaise évident chez les joueurs qui font carrière en ce moment.

Hier matin, par exemple, Zack Stortini discutait avec deux journalistes au Centre Canadian Tire.

L'ancien policier des Oilers d'Edmonton s'est joint à l'organisation des Sénateurs à titre de joueur autonome l'été dernier. On lui demandera probablement de protéger les espoirs de l'organisation à Binghamton dans les prochains mois.

Courtois et gentil, comme le sont presque tous les hommes forts du hockey, il répondait à toutes les questions. Lorsque la fin tragique de Todd Ewen est venue sur le tapis, il s'est fermé.

«Je préfère ne pas parler de ce sujet», a-t-il dit au terme d'un long moment de réflexion.

Le seul joueur qui a ouvertement parlé de l'affaire, hier, n'a pratiquement jamais jeté les gants sur une patinoire.

Chris Wideman est originaire de St. Louis. Ewen vivait à St. Louis. Les deux hommes se sont donc croisés à quelques reprises sur leurs parcours.

«C'est une tragédie, a déclaré le jeune défenseur. C'est une tragédie pour le monde du hockey en général, mais c'est encore pire pour la petite communauté du hockey à St. Louis. Il était très impliqué chez nous.»

À l'école secondaire, le défenseur des Sénateurs a eu la chance d'affronter une équipe dirigée par l'ancien des Blues et du Canadien de Montréal. «Quand la tragédie frappe près de chez vous, comme ça, c'est le genre de choses qui peut vous ouvrir les yeux», a-t-il ajouté.

sstlaurent@ledroit.com

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