«L'ultime homme de hockey»

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Claude Ruel a joué pour les Canadiens de Hull-Ottawa à la fin des années 1950.

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Il est connu comme un ancien entraîneur-chef du Canadien, deux fois plutôt qu'une, ainsi que comme un recruteur hors pair.

Mais dans la région de la capitale nationale, certains se souviennent encore de Claude Ruel, le hockeyeur.

C'est alors qu'il portait les couleurs des Canadiens de Hull-Ottawa que le cours de la vie de celui qui était surnommé « Piton » a changé.

Lors d'un match hors-concours à Belleville, le 23 octobre 1957, le bâton d'un adversaire l'a atteint à l'oeil gauche et il n'a jamais récupéré sa vision dans celui-ci.

« J'avais 17 ans à l'époque et je me souviens que j'avais écouté ce match où Piton a perdu son oeil à la radio, confiait hier l'ancien gouverneur des Olympiques de Hull, Charles Henry, parlant de la description du match effectuée par Lionel Duval sur les ondes de la défunte station CKCH. Je l'avais vu jouer souvent avant ça et il était tout un joueur. C'était un petit défenseur qui avait un excellent lancer frappé. Les gens pensent que P.K. Subban a un bon lancer, Claude Ruel avait toute une garnotte, comme il appelait ça, lui aussi. Je suis convaincu qu'il aurait atteint la LNH n'eût été sa blessure. »

Ruel, qui avait quatre buts et deux passes en huit parties à sa fiche avant l'accident, est quand même considéré comme faisant partie de l'alignement des Canadiens qui ont remporté la coupe Memorial de cette saison-là, défaisant les Pats de Regina lors de la finale de 1958. L'année précédente, il avait joué pour les Canadiens de Hull-Ottawa qui se sont inclinés en finale de l'Est contre Peterborough. Parmi ses coéquipiers lors de ces deux saisons, on comptait les Ralph Backstrom, Bobby Rousseau, Gilles Tremblay et Jean-Claude Tremblay. Ils ont eu Sam Pollock, puis Scotty Bowman, comme entraîneurs.

Dépisteur émérite

Après sa blessure, Ruel est toujours demeuré dans l'organisation du Canadien. C'est surtout comme entraîneur adjoint ou comme dépisteur qu'il était à l'aise, travaillant à repérer et développer les espoirs du Canadien, dont les produits de l'Outaouais Guy Lafleur et Stéphane Richer, entre autres.

« J'ai appris à la connaître plus tard et je l'appelais souvent pour avoir son avis sur des joueurs. Ce qu'il aimait par-dessus tout, c'était s'asseoir dans les estrades et regarder les jeunes jouer, puis manger une couple de hot dogs avant de repartir chez lui », se remémore Henry.

Pierre Dorion, le directeur général adjoint des Sénateurs, a travaillé une dizaine d'années aux côtés de « Monsieur Ruel », comme il l'appelle encore, à ses débuts dans le monde du dépistage professionnel, et il a été secoué d'apprendre son décès alors qu'il se trouvait en Europe en tournée de reconnaissance.

« Pendant les 10 ans où j'ai travaillé à ses côtés, il m'a aidé à devenir le dépisteur que je suis aujourd'hui. J'ai beaucoup appris sous sa direction, il était l'ultime homme de hockey. Il avait un bagage d'expérience incroyable et un talent d'évaluateur irréprochable. En plus de reconnaître le talent, il savait ensuite comment le développer pour qu'un espoir devienne un joueur de la Ligue nationale », souligne-t-il.

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