Le hockey aussi est Charlie

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(DALLAS) Même s'il vit au Québec depuis une bonne dizaine d'années, Antoine Roussel demeure Français jusqu'au bout des ongles. Les tragédies qui ont frappé son pays natal dans la dernière semaine l'ont profondément secoué.

Jeudi dernier, avant le match des Stars à Nashville, l'ailier gauche de 25 ans a pris le temps d'écrire les mots «RIP Charlie Hebdo» sur le manche de son bâton. Un geste discret, mais efficace.

Pendant ce temps, à Lausanne, l'ancien gardien du Canadien de Montréal Cristobal Huet appliquait plein d'autocollants «Je suis Charlie» sur le masque qu'il porte dans la Ligue d'élite suisse.

«Tout plein de joueurs de l'équipe de France qui évoluent à l'étranger ont fait quelque chose du genre. Nous voulions tous envoyer un message. Même si nous sommes loin, nous pensons aux gens qui traversent ces épreuves. Ils ont tous une petite place dans nos coeurs», a confié Roussel au Droit, hier matin.

«Les incidents de la semaine dernière... Ce sont des choses qui ne devraient jamais arriver. On pense toujours que ça va se produire dans d'autres parties du monde. Voilà. Maintenant, c'est arrivé à la maison», s'est permis d'ajouter celui qui est né à Roubaix, mais qui a passé quelques années de son enfance à Paris.

«C'est là que j'ai commencé à jouer au hockey», souligne-t-il.

Roussel a passé beaucoup de temps à consulter les sites des journaux français, au cours de la dernière semaine. Il a également multiplié les conversations téléphoniques avec son père, qui tient une auberge dans les Laurentides. «C'est souvent lui qui me relaie les nouvelles de nos proches qui vivent là-bas.»

Il se dit particulièrement fier de voir l'esprit de solidarité qui se dégage, une semaine après la fusillade de Charlie Hebdo. «Je ne me lancerai pas dans les débats parce que ce n'est pas ma place, mais j'espère sincèrement que tout le monde va se relever plus fort. Nous pouvons tous vivre ensemble», croit-il.

Roussel est fier des Français. Dans une moindre mesure, il est aussi fier du programme de hockey français.

Le printemps dernier, après l'élimination des Stars, il s'est rendu en Biélorussie pour participer au Championnat mondial de l'IIHF. Là-bas, il a été le meilleur marqueur de son équipe avec six buts et 11 points en huit matches. Il était de la partie, au tout début de la ronde préliminaire, quand les Bleus ont causé la surprise en infligeant au Canada un revers en tirs de barrage.

«On s'améliore, constate-t-il. La ligue de France s'améliore de plus en plus. On en parle de plus en plus à la télévision. Presque tous les matches peuvent être vus sur Internet. On avance dans la bonne direction. Ce sont des petits pas. Des petits pas de fourmi. Ça va prendre du temps, mais au final, ça va bien finir par arriver.»

Cette saison, Roussel n'est pas le seul Français dans la LNH. Pierre-Édouard Bellemare, qui était son coéquipier en Biélorussie, a réussi à se tailler une place au sein du quatrième trio des Flyers de Philadelphie.

Après avoir tenté sa chance à Ottawa pendant trois ans, Stéphane Da Costa s'est tourné vers la Russie. Avec 45 points en 33 parties, il brûle la KHL.

L'espoir du Canadien Tim Bozon connaît lui aussi une bonne saison dans la LHOuest.

«Je ne suis pas nécessairement un mentor, mais je crois que les jeunes joueurs français peuvent se voir en moi. Si j'ai réussi, ils peuvent réussir aussi», complète Roussel.

Sstlaurent@LeDroit.com

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