Les vétérans font leurs adieux

Zack MacEwen (96) et Marc-Olivier Crevier-Morin (3) ont... (Courtoisie, Vaughan Merchant, Screaming Eagles)

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Zack MacEwen (96) et Marc-Olivier Crevier-Morin (3) ont mis fin à leurs carrières de hockey junior mardi soir à Sydney. Ils auront largement contribué aux succès de l'équipe cette saison.

Courtoisie, Vaughan Merchant, Screaming Eagles

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La déception des joueurs des Olympiques de Gatineau était toujours palpable au centre Robert-Guertin jeudi matin.

Ceux qui ne seront pas de retour l'année prochaine sont venus rencontrer les entraîneurs et vider leurs casiers avant les autres. Ils n'étaient pas nombreux. MacEwen, Crevier-Morin, Del Paggio, Trenin. Les autres vivront le même processus vendredi et lundi.

Il y avait de la tristesse dans l'air. Ça ne devait pas se terminer ainsi. Pas avec une défaite en prolongation dans le match ultime d'une série. Ça laisse un goût amer. Surtout à ceux qui n'auront pas d'autres occasions de vivre la frénésie des séries du hockey junior majeur.

Zack MacEwen et Yakov Trenin peuvent au moins se consoler. Leurs saisons vont s'étirer. Le premier partira lundi pour joindre les Comets de l'Utica dans la Ligue américaine. Le deuxième part vendredi matin pour Milwaukee, dans la même ligue.

Pour Marc-Olivier Crevier-Morin et Daniel Del Paggio, c'est la fin d'un chapitre. Le capitaine des Olympiques ne sait pas ce que l'avenir lui réserve. Il espère jouer professionnellement l'an prochain. «L'école n'a jamais été ma force...» Del Paggio a reçu des offres d'universités canadiennes. Pour lui, l'avenir passera par les études.

«J'ai tellement appris de mes quatre années avec les Olympiques. C'est un cliché, mais c'est vrai. Je suis rentré ici. J'étais un enfant. Je sors en adulte à 20 ans. C'est toute une école de vie. J'ai vécu plein de choses qu'une personne normale ne vivra jamais dans sa vie. Ce n'est pas toujours facile. Il y a des défis, mais je viens de passer les plus belles années de ma vie», a constaté Crevier-Morin.

Bon retour d'échange

Ce dernier n'avait pas été repêché par les Olympiques. Il avait été acquis dans une transaction qui avait envoyé le défenseur Dominic Poulin à Baie-Comeau. Les Gatinois avaient reçu un premier choix et Crevier-Morin, qui jouait midget AAA à 16 ans à l'époque. Benoît Groulx avait déjà avancé que Crevier-Morin allait être un rouage important de son équipe. «Le premier choix, c'est bien, mais cet échange ne se serait pas réalisé si nous n'avions pas obtenu Crevier-Morin. Il va jouer ici et il va être un joueur important.»

Groulx n'a pas eu tort. Crevier-Morin est devenu capitaine et il a pris son rôle à coeur. «Je vais m'ennuyer des gars. Nous vivions ensemble 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Je vais m'ennuyer des gens qui criaient mon nom sur les patinoires adverses parce que je frappais trop fort! Tout ce qui entoure la game va me manquer.»

Zack MacEwen, lui, a vu sa carrière prendre son véritable élan à Gatineau après son acquisition des Wildcats de Moncton l'été dernier. Sa saison s'est déroulée au-delà de toutes ses espérances.

«Je savais que j'étais prêt à connaître une grosse saison, mais tout s'est passé mieux que prévu. Je voulais compter 30 buts (il en a compté 31). Je voulais avoir des offres d'équipes professionnelles. J'ai signé un pacte de la LNH! La direction m'a aidé à atteindre mes objectifs. J'en suis reconnaissant. Les Olympiques auraient pu m'échanger aux Fêtes.»

«Ils auraient eu un bon retour, mais je ne voulais pas partir pour être un joueur parmi tant d'autres ailleurs. J'étais bien ici. J'ai pu montrer l'exemple aux plus jeunes. Nous avons perdu plus vite que souhaité en séries, mais il faut garder la tête haute. Nous avons bataillé jusqu'à la fin.»

Daniel Del Paggio est arrivé des Sea Dogs de Saint-Jean en début de saison. Il pourrait être déçu de ne plus faire partie de cette puissance de la LHJMQ, mais il assure que ce n'est pas le cas. «Je n'y pense pas trop. À présent que nous sommes éliminés, je leur souhaite de gagner le championnat, mais je me considère un Olympique avant tout et j'ai eu du plaisir à jouer ici. J'ai commencé lentement, mais j'ai pris mes aises. J'ai aimé jouer dans le top-6 avec des centres comme MacEwen et Trenin. Je suis un passeur. Je pouvais difficilement demander mieux comme compagnons de trios.»

Trenin travaille déjà sa relève

Si vous voyez Marc-Olivier Crevier-Morin se promener avec un manteau d'hiver de l'équipe nationale russe, votre vision ne vous fait pas défaut.

Le capitaine des Olympiques a porté ce manteau quotidiennement depuis qu'il lui a été offert en cadeau par Yakov Trenin. « Je lui avais dit que je lui donnerais un manteau si je faisais l'équipe nationale de mon pays. J'ai tenu promesse ! Il aime ce manteau. Il le porte tout le temps », a lancé le grand russe qui vient de mettre un terme à une carrière de trois saisons à Gatineau.

Espoir des Predators de Nashville, Trenin s'en va rejoindre un autre ancien capitaine des Olympiques à Milwaukee dès vendredi. Alexandre Carrier sera là-bas pour l'accueillir. « Je quitte avec le sentiment d'avoir passé du très bon temps ici. Je vais retenir notre victoire en première ronde contre l'Armada quand j'étais une recrue, mais je vais aussi me souvenir longtemps de notre dernière série. Elle n'a pas été facile. Nous perdions 3-0. Nous sommes revenus pour perdre le septième match en prolongation. Ça fait mal. »

Trenin a suffisamment apprécié son passage à Gatineau pour essayer de convaincre un autre jeune joueur de Chelyabinsk à prendre sa relève. « En fait, il y a deux joueurs de chez moi qui pourraient venir ici. Je travaille leur dossier », a lancé en riant celui qui vient d'une grande ville de hockey en Russie. Vitalii Abramov est aussi natif de Chelyabinsk. Les Olympiques pourraient donc garder leur ligne dans cet étang au prochain repêchage européen.

En puisant dans ses souvenirs des trois dernières années avec les Olympiques, Trenin s'est aussi remémoré une histoire drôle « qui n'était pas si drôle à l'époque ». Ça se passait à Halifax, au retour de Benoît Groulx du championnat mondial junior en janvier 2015. L'équipe était sur une séquence interminable de défaites.

« Après une période à Halifax, il a dit que nous étions des paresseux et que nous ne savions pas travailler ! Il nous a fait faire 400 pompes dans le vestiaire ! Nous étions assis l'un devant l'autre. Quand j'avais fini de faire mes 50 pompes, mon coéquipier d'en face devait prendre le relais et en faire 50. Benoît marchait dans le vestiaire. Il y avait des bâtons qui traînaient entre sièges et le plancher à angles de 45 degrés. Il pilait dessus et les brisait en deux ! Il a fait ça une autre fois à domicile contre Charlottetown cette année-là. Nous menions 1-0 après une période en plus ! »

Trenin ne lui en tient pas rigueur. « Il nous a fait gagner. Il a fait de moi un meilleur joueur. Je suis un joueur bien plus complet aujourd'hui. Je lui en suis reconnaissant. »




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