Yakov Trenin n'oubliera pas Gatineau

Yakov Trenin a été un des meilleurs joueurs... (Martin Roy, Le Droit)

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Yakov Trenin a été un des meilleurs joueurs des Olympiques dès son année recrue à 17 ans. Sa carrière de trois saisons à Gatineau tire déjà à sa fin.

Martin Roy, Le Droit

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Yakov Trenin se souvient de son arrivée à Gatineau comme si c'était hier. C'était en août 2014. Il avait 17 ans et quittait sa Russie natale pour la première fois afin de découvrir un monde nouveau, une langue étrangère et un style de jeu bien différent.

Trois années ont passé. Repêché au deuxième tour par les Predators de Nashville en 2015, il dispute déjà ses derniers matches dans l'uniforme des Olympiques. Avec sa récolte de 64 buts et 176 points en 155 matches dans la LHJMQ, il est bien évident que l'équipe gatinoise ne s'est pas trompée avec le 32e choix du repêchage européen de 2014. Or, à l'époque où il a traversé l'Atlantique, tout n'était pas si clair dans la tête du jeune Trenin.

« À 16 ans, j'ai mis deux mois à la fin de ma saison junior avant de me décider à venir en Amérique. C'était un gros sacrifice, mais il en a valu le coût. En Russie, on m'avait offert un contrat pour jouer dans la KHL à 17 ans, mais j'avais de la difficulté à faire confiance aux dirigeants. J'ai vu trop de joueurs se faire promettre des choses pour finir par moisir sur le banc. Il semble toujours y avoir un dirigeant qui a un neveu, un fils ou une autre connaissance qui prend la place des jeunes. Valait mieux venir ici où il y a plus de matches et plus de dépisteurs. En Russie, je n'étais pas sur le radar de la fédération. C'était dû à de la politique. J'ai bien fait de venir ici. Le jour de mon repêchage a été un des plus grands jours de ma vie. »

L'attaquant de 6'2'' et 210 livres a vécu d'autres moments forts dès son arrivée à Gatineau. Dans les gradins du centre Guertin mardi matin, ses yeux se sont illuminés en racontant l'anecdote.

Visite de Martin Brodeur

« Je venais d'arriver et Martin Brodeur était venu s'entraîner avec nous. Pour moi, c'était une légende. J'ai travaillé tellement fort à l'entraînement pour pouvoir le déjouer. Quand c'est arrivé, je suis allé célébrer en cachette dans le coin de la patinoire ! Après, il avait sorti toute l'équipe au restaurant. J'avais trouvé ça chouette. Je m'étais lié d'amitié avec son fils, Anthony. C'est lui qui m'amenait aux pratiques le matin. »

Son coéquipier Brodeur a aidé à sa transition en sol canadien, mais Trenin se souvient aussi de l'aide apportée par Jake Coughler à ses débuts. « Tout était nouveau pour moi. Je ne parlais pas anglais et j'habitais en pension avec Jake. Il m'a tout montré. »

Les côtes levées

Ce qu'il a appris à aimer au Québec ? « Les côtes levées ! Nous en avons en Russie, mais elles ne sont pas aussi savoureuses. La cuisson est différente. À part ça, je trouve ça plus plaisant de jouer au hockey ici. Il y a plus de monde dans les gradins et les partisans sont fous ! Mon amphithéâtre préféré est à Québec parce que ça ressemble à un aréna de la LNH, mais j'aime mieux jouer à Guertin. Je semble avoir plus d'énergie quand je joue ici. Je me sens plus rapide ! »

Ce qu'il manque le plus de sa vie à Chelyabinsk ? « Ma maison, mes amis, ma famille », répond-il bien évidemment.

Dans quelques mois, Yakov Trenin va commencer sa vie de hockeyeur professionnel. Il a bien fait une petite dépense personnelle à la signature de son contrat avec les Predators, mais il conduit encore sa Ford Fusion 2008 dans les rues de Gatineau. « Je l'avais acheté avant même de signer mon contrat ! »

Ses journées typiques

Dans le vestiaire des Olympiques, les joueurs disent souvent que Trenin est une bête d'entraînement. Il sourit quand on lui en parle. « Honnêtement, ma vie est dédiée au hockey et je n'ai que ça à faire, m'entraîner ! Quand je termine l'entraînement sur glace, je retourne faire des exercices à la maison. Je regarde la télévision. Je suis inscrit à des cours d'anglais. Je me suis grandement amélioré. Je suis aussi des cours universitaires par correspondance en Russie. »

Finir en beauté

Trenin assure qu'il est bien à Gatineau. D'ailleurs, il répète qu'il ne voulait pas être échangé à la date limite des transactions dans la LHJMQ. « Nous avons causé une surprise à ma première année quand nous avions fini au 13e rang. Ça fait partie de mes meilleurs souvenirs. Je sais que nous pouvons le faire à nouveau. Aussi, je veux montrer à l'équipe qu'elle a bien fait de me garder. J'aimais mieux rester ici avec un rôle bien défini que d'aller jouer ailleurs où mon temps de glace aurait pu diminuer. »

Semaine éreintante pour les Olympiques

Les séquences de quatre matches en cinq jours sont toujours attendues avec une certaine appréhension par les équipes de la LHJMQ, mais tant qu'à devoir affronter le défi, aussi bien s'y lancer en plein coeur d'une série victorieuse.

Vainqueurs de leurs cinq derniers duels, les Olympiques amorceront une semaine éreintante mercredi soir en recevant l'Océanic de Rimouski. Le Phoenix de Sherbrooke sera ensuite de passage vendredi alors que les Gatinois vont compléter la semaine en visitant l'Armada de Blainville-Boisbriand samedi et les Tigres de Victoriaville dimanche.

La troupe d'Éric Landry a le vent dans les voiles. En deux semaines, elle a gagné quatre échelons au classement pour devancer l'Océanic (23-28-4) par deux points au 12e rang. Les Olympiques (24-26-4) n'ont plus qu'un point de retard sur les Mooseheads d'Halifax au 11e rang. Comme ceux-ci seront inactifs mercredi, un sixième gain consécutif permettrait aux Gatinois de grimper encore au classement tout en prenant leurs distances sur l'Océanic. Dans le fond, on parle d'un autre « fameux » match de quatre points, mais Éric Landry n'aime pas cette allusion.

« Je ne crois pas aux matches de quatre points. Ce n'est pas le dernier match de l'année. Il nous reste 14 matches à jouer et ils seront tous importants. Ce qui compte pour nous d'ici la fin de la saison, c'est de garder la santé et d'améliorer notre jeu chaque jour jusqu'au dernier. »

Devant son prochain défi, Landry ne veut pas regarder trop loin. Il veut que son club se concentre uniquement sur Rimouski pour l'instant. « Le classement sera ce qu'il sera à la fin de l'année. Nous, ce qu'il faut faire, c'est d'être à notre mieux à chaque match parce que nous ne savons pas ce qui nous attendra dans trois ou quatre matches. Tout le monde fait allusion au classement à cette période de l'année, mais tout ce que nous pouvons contrôler en ce moment, c'est notre façon d'aborder notre match contre l'Océanic. »

Qui dit Océanic dit aussi Tyler Boland, le meilleur compteur de la LHJMQ avec 40 buts et 90 points. Vitalii Abramov le suit au deuxième rang avec 38 buts et 79 points.




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