Les Olympiques figés par les Voltigeurs

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Une bannière en mémoire de Roberto Bissonnette a été hissée dans les hauteurs du Centre Robert-Guertin.

Etienne Ranger, LeDroit

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Dans sa chanson Hockey dans rue, Roberto Bissonnette avance qu'il mangerait du hockey « au déjeuner jusqu'au souper ».

Amant du hockey, son esprit était assurément parmi les 2935 partisans réunis au centre Robert-Guertin vendredi soir pour la soirée où les Olympiques de Gatineau ont souligné la contribution du disparu aux succès de l'équipe. Malheureusement, il aurait fallu plus que son fantôme pour ébranler les Voltigeurs de Drummondville dans le match d'ouverture de la saison 2016-17.

Privés de six joueurs qui participent à des camps de la LNH, les Olympiques affrontaient un club qui affichait complet. Les deux joueurs des Voltigeurs qui ont obtenu des essais avec des équipes du circuit Bettman, Alex Barré-Boulet et Mathieu Sévigny, étaient en uniforme. Le premier a d'ailleurs inscrit un but et une passe dans une victoire de 4-1 des Voltigeurs.

Membre du premier trio des visiteurs, Joey Ratelle s'est payé un festin en marquant deux buts et en récoltant une passe. Noah Corson, fils de l'ancien du Canadien Shayne Corson, avait été le premier à inscrire un but au « Vieux Bob ».

Seul marqueur de la troisième période, Vincent Milot-Ouellet a évité un blanchissage aux locaux en complétant un bel échange avec Chiwetin Blacksmith. Âgé de 16 ans, Olivier Rodrigue a toutefois arrêté les 19 autres tirs des Gatinois à son premier match en carrière dans la LHJMQ. Mathieu Bellemare a pris place devant le filet gatinois. Il a affronté 33 tirs.

L'absence des meilleurs éléments des Olympiques a été particulièrement criante en première moitié de match. Après 30 minutes de jeu, les visiteurs menaient 20-4 au chapitre des tirs au but. Il ventait fort devant le filet de Bellemare! Les Voltigeurs ont aussi profité des punitions aux Olympiques pour inscrire trois de leurs quatre buts. En revanche, les Olympiques n'ont rien généré en cinq avantages numériques.

Assurément, le match s'est joué sur les unités spéciales. « Ça s'est terminé 4-1. Ils ont compté trois buts en avantage numérique. Le synchronisme de ces buts n'était pas bon non plus. Ils ont fait 2-0 en fin de première période sur un 'cinq contre trois' et ils ont marqué au début de la deuxième période pour faire 3-0 sur l'autre avantage numérique. Ça nous a sortis du match », a expliqué Mario Duhamel, qui dirigeait son premier match avec les Olympiques en affrontant la seule autre équipe qu'il avait « coachée » dans la LHJMQ.

L'entraîneur avait une formation remplie de recrues sous la main pour le premier match de la saison et il a trouvé que ça avait paru en début de match. « Nous avons vraiment senti la nervosité chez nos joueurs qui ont disputé leur premier match dans la ligue. Nous avons figé. Nous avons été des passagers. Nous ne bougions pas nos pieds. Ils avaient tous leurs joueurs. Ça aussi, ça paraissait », a ajouté l'entraîneur.

Ce dernier a ajouté qu'il y avait des points positifs à retenir de ce match, notamment la sortie de ses recrues sur le quatrième trio. « Nous avons eu de la misère à les faire jouer en première période en raison des nombreuses punitions, mais Simon Leclerc, Charles-Antoine Roy et Guillaume Bergeron-Charron nous ont donné de l'énergie à partir de la deuxième période. »

Le Gatinois Charles-Antoine Roy a dû vivre des émotions particulières dans l'avant-match. Retranché par l'Intrépide de Gatineau l'an dernier, il avait dû jouer midget AA avec les Olympiques de Hull. La marche est haute entre ce niveau et la LHJMQ.

Ce que Duhamel a moins aimé, c'est la dentelle autour du filet adverse alors qu'un simple tir aurait pu être plus dangereux. « Ç'a facilité la vie de leur gardien et de leurs défenseurs. Nous étions plus faciles à contrer. »

Les Olympiques reprennent l'action dimanche. Ils recevront les Tigres de Victoriaville.

Bissonnette élevé parmi les grands

Il a souvent fait vibrer le « Vieux Bob » pendant les 260 matches de la saison régulière et des séries éliminatoires où il a fièrement endossé le chandail des Olympiques de Hull.

Les partisans « Hullois » n'avaient jamais manqué de souligner son courage lorsqu'il multipliait les coups d'épaule ou lorsqu'il lâchait les gants pour protéger ses coéquipiers. En novembre 2001, ils avaient même pu applaudir son seul tour du chapeau en carrière dans une victoire de 5-2 contre les Foreurs de Val-d'Or.

Décédé à 35 ans lors d'un tragique accident d'hélicoptère, Roberto Bissonnette avait le logo des Olympiques tatoué sur le coeur. Son ancien club a souligné son passage remarquable en Outaouais en hissant une bannière en sa mémoire dans les hauteurs du centre Robert-Guertin. Celle-ci est allée rejoindre les sept autres de la coupe du Président et celle de la coupe Memorial. Sa famille ainsi que plusieurs de ses anciens compagnons de combat des années 1998 à 2002 étaient sur place pour lui rendre un dernier hommage dans son ancien château fort où il se plaisait à animer le spectacle. Les invités spéciaux ont pu se rappeler de vieux souvenirs en regardant le match à partir de la section 6.

Évoluant en KHL en Russie, son fidèle ami Maxime Talbot a souligné l'événement en gazouillant sur Twitter. « À partir de ce soir, mon chum Bob veillera sur tous les joueurs des Olympiques comme il l'a toujours si bien fait avant son départ. »

Chantal Machabée, celle qui a inspiré un des succès de Bob Bissonnette l'artiste, a également livré un témoignage enregistré où elle a rappelé ses débuts en journalisme en Outaouais. « Je couvrais les Olympiques pendant leurs belles années de 1985, 1986 et 1987. Ta chanson a été le plus grand honneur qu'on pouvait me faire en carrière. C'est devenu la chanson thème de ma chronique à la radio. Nous partageons une passion commune. Celle du hockey. »

Laissée en héritage, la musique de « Bob la rock star » a souvent résonné dans le vénérable amphithéâtre de la rue Carillon pendant les moments morts du match d'ouverture. C'était un rappel que l'ex-capitaine des Olympiques n'avait pas seulement diverti les partisans gatinois au fil des ans, mais aussi ceux qui ont rempli ses salles de spectacles dans toute la province du Québec, au Nouveau-Brunswick, en France ainsi qu'en Suisse.

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