Hommage à l'Olympique ultime

Roberto Bissonnette, lorsqu'il portait les couleurs des Olympiques... (Archives, LeDroit)

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Roberto Bissonnette, lorsqu'il portait les couleurs des Olympiques de Hull.

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Il l'écrivait lui-même dans sa chanson J'accroche mes patins. Roberto Bissonnette ne « sera pas intronisé au Temple de la renommée ».

Ironie du sort, cette composition est devenue une ode à son départ précipité. Décédé à 35 ans dans un accident d'hélicoptère le 4 septembre dernier, l'ancien capitaine des Olympiques de Hull, devenu rock star, a pratiquement écrit son testament dans cette chanson où il souligne qu'il n'y a « absolument rien pour souligner mon départ », que sa « fin de carrière passe sous le silence » et qu'il « tire sa révérence. »

Guerrier par excellence des Olympiques entre 1998 et 2002, puis bachelier en marketing avant d'entreprendre une carrière florissante dans le domaine de la chanson, Bissonnette est sorti de l'église de L'Ancienne-Lorette sur cette chanson lors de ses funérailles samedi dernier. Pendant deux jours, en chapelle ardente au stade municipal de Québec, le chandail des Olympiques de Hull a coiffé son cercueil.

Contrairement à ce qu'il a écrit, « Bob » Bissonnette n'est pas parti dans l'indifférence. Les Olympiques vont l'honorer vendredi soir à leur match d'ouverture contre les Voltigeurs de Drummondville. Une bannière sera hissée au plafond du centre Robert-Guertin et il y aura un fantôme de plus pour hanter les adversaires de l'équipe gatinoise. Des cartes avec une épinglette seront remises aux spectateurs. Son #14 sera en évidence sur les casques des joueurs des Olympiques pendant toute la saison.

Famille sur place

Ses parents, Grégoire et Lisette, qui ont prêté leur fils aux Olympiques pendant presque quatre ans, seront dans l'assistance. Son frère, Patrick, sera également présent. Sa soeur Josiane de même que sa conjointe, Marie-Pierre Simard, devraient être présentes. Dans un témoignage émouvant aux funérailles, Patrick avait raconté comment son frère s'y était pris pour réaliser son rêve de jouer dans la LHJMQ.

« Il avait été un choix de septième ronde. Il savait qu'il devait faire quelque chose pour se démarquer. Il s'était battu contre tout le monde au camp d'entraînement. Il avait réussi à se faire remarquer ! »

Bissonnette a connu sa meilleure saison en 2000-01 lorsqu'il a compté 31 buts et totalisé 62 points en 71 matches, mais c'est son style robuste malgré sa taille de 5'11'' et 185 livres à l'époque qui lui avait valu une invitation au camp des recrues des Sénateurs d'Ottawa. Pendant son stage dans la LHJMQ, il a défié tous les poids lourds de la ligue.

Un passionné rare

Roberto a hérité de son prénom parce qu'il est né au Vénézuéla, là où son père a travaillé pendant une courte période. Il a grandi dans la région de Québec au sein d'une famille qui valorisait le sport et la musique. Il a même appris à jouer le violon. À « Hull », il traînait sa guitare dans le vestiaire des Olympiques.

« Je n'ai pas vu ça souvent dans ma carrière », signale le soigneur Serge Haché. Ce dernier a eu la douleur de perdre quatre de ses « enfants » depuis son arrivée chez les Olympiques il y a 29 ans. Jeff Smith, Francis Neault et Jonathan Delisle sont également décédés dans des circonstances tragiques.

« En 29 ans, plusieurs joueurs m'ont marqué par leur talent, mais ça, tout le monde peut le voir. Le caractère d'un joueur au quotidien, les gens ne peuvent pas le mesurer. Bob, c'était la joie de vivre. Tout le monde se collait à lui. Il n'y a plus beaucoup de passionnés de hockey comme lui aujourd'hui. »

La musique de Bob ne retentissait pas dans le vestiaire des Olympiques d'aujourd'hui, mais Marc-Olivier Crevier-Morin avance que plusieurs joueurs possèdent ses chansons sur leurs playlists. « Benoît Groulx nous avait donné a permission d'aller le voir en spectacle au Bistro l'année dernière. Il était en forme ! »

Véritable marchand de bonheur, Bob Bissonnette volait le « show » partout où il passait. Devenu artiste totalement indépendant, il parlait souvent de son séjour avec les Olympiques dans ses spectacles où la bière coulait à flots.

Vendredi soir, quelque 3000 partisans salueront le passage d'un vrai. Son chandail ne sera sûrement jamais retiré, mais à sa façon, le visage de Roberto Bissonnette pourrait très bien personnifier celui de l'Olympique ultime.

Les lumières sont éteintes. Il a fait sa dernière feinte, mais grâce à sa musique, ses fans n'ont pas bu leurs dernières « pintes ».

Ce qu'ils ont dit

«Si mon club (de la KHL) ne m'avait pas laissé assister aux funérailles de Bob, j'accrochais mes patins. Bob était un frère. On se parlait tous les jours. Je ne prenais jamais une décision sans le consulter.»

- Alexandre Giroux, coéquipier du hockey mineur, midget AAA et pendant trois ans avec les Olympiques

«Bob était le joueur d'équipe ultime. Tu ne pouvais pas demander mieux comme coéquipier. Je ne pense pas avoir joué avec un gars qui aimait autant le hockey que lui. Il va manquer à bien du monde.»

- Ryan Lauzon, coéquipier de 1998 à 2000

«Biss vivait le moment présent à 100%. Après une victoire c'était la fête. Après une défaite c'était la réflexion. Bob sortait toujours le positif de chaque expérience vécue. Bonne ou mauvaise, il en tirait toujours la meilleure des conclusions! Je le respectais beaucoup. Mon meilleur souvenir était lorsqu'il jouait du piano chez ma famille de pension. Nos soirées commençaient toujours mieux avec sa touche musicale.»

- Francis Wathier, coéquipier à son année recrue, 2001-02

«Bob, tu le rencontrais un soir, il était rendu ton chum. C'est pour ça qu'il y a tellement de monde à terre avec son départ. Plein de gens le connaissaient un peu, mais il est parvenu à les toucher et à faire un impact dans leurs vies. Il ne parlait jamais de lui. Il s'intéressait à toi. C'était un bon vivant, qui est resté terre à terre même s'il était devenu populaire. Sur la glace, c'était un guerrier. Il a servi de modèle à Maxime Talbot.»

- Ian Courville, compagnon de trio entre Alexandre Giroux et Bissonnette

«J'ai joué trois ans avec Roberto, mais mon souvenir le plus mémorable est d'avoir passé une saison complète sur le même trio que lui avec Ales Hemsky. C'est rare que ça arrive aujourd'hui. Nous avions pris une photo pour immortaliser le moment. Nous l'avions tous signé. J'ai ressorti cette photo quand j'ai appris la mauvaise nouvelle. Roberto riait tout le temps parce qu'il ne croyait jamais être capable de compter 30 buts dans la LHJMQ! C'était une année spéciale.»

- Bruno Lemire, coéquipier pendant trois saisons

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