Une bataille qui reste à finir

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Les 67's d'Ottawa ont battu les Olympiques de Gatineau 6-5 dimanche à la Place TD.

Martin Roy, LeDroit

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La sortie en règle de Jeff Brown contre le style de jeu robuste pratiqué par les Olympiques de Gatineau a peut-être eu ses effets escomptés.

À l'issue d'un deuxième duel remporté sans anicroche par son équipe dimanche à la Place TD, l'entraîneur-chef des 67's d'Ottawa avait laissé tomber sa menace de tirer un trait sur la Bataille de la rivière des Outaouais. Après une victoire émotive de 3-2 au centre Robert-Guertin vendredi, les 67's ont encore gagné par la marge d'un but quand un filet tardif de Connor Warnholtz a donné une victoire de 6-5 aux locaux.

Même si les victoires en matches préparatoires lui importent peu, Jeff Brown était de bien meilleure humeur dimanche. « Ça ressemblait beaucoup plus à un match de hockey. Les deux équipes ont bataillé fermement sans tomber dans la merde qui s'est passé vendredi. Les deux clubs ont pu travailler sur certaines choses. Nous avons pu enseigner à nos jeunes joueurs. »

Furieux après avoir perdu les services de son premier choix du repêchage 2016 vendredi, Brown avait déclaré que le match de dimanche serait le dernier contre les Olympiques de Gatineau. Il avait eu le temps de s'apaiser dimanche.

« Les Olympiques sont tout près d'ici. Nous avons intérêt à jouer l'un contre l'autre. L'émotion que je ressentais vendredi s'est dissipée. Si nous jouons deux matches comme nous l'avons fait aujourd'hui, les deux équipes vont en bénéficier. »

N'empêche, Brown dit avoir perdu Peter Stratis pour le prochain mois après avoir encaissé une mise en échec jugée tardive vendredi.

Intensité des séries

Côté discipline, les 67's ont encore eu le dessus dimanche. Les Olympiques ont offert sept avantages numériques aux 67's. Les locaux en ont profité pour marquer deux buts, dont le premier dès la troisième minute de jeu. Les arbitres ont décerné seulement deux infractions mineures aux 67's, mais Nicolas Meloche a été en mesure de capitaliser une fois pour créer l'égalité 5-5 en troisième période. C'était le deuxième but du match du vétéran défenseur.

Auteur d'un but et trois points pour les vainqueurs, Ben Fanjoy a apprécié cette série contre ses grands rivaux de l'autre côté de la rivière. « Ça ne ressemblait en rien à des matches hors-concours ordinaires. L'intensité se rapprochait plus de ce que l'on retrouve en séries éliminatoires. C'est flatteur de gagner contre l'autre club junior de la région, mais ça fait surtout beaucoup de bien de gagner deux matches de suite après nos deux défaites contre Kingston. »

Chez les Olympiques, l'entraîneur-chef Mario Duhamel ne s'en faisait pas outre mesure malgré cette cinquième défaite consécutive. « Je ne suis pas inquiet du tout. Il nous manquait des effectifs importants. Ce qui me préoccupe, c'est le comportement de notre équipe sur la patinoire. Nous sommes en train de construire notre identité et notre cohésion. J'aime l'intensité que nous avons déployée. Il s'agit d'avoir nos émotions à la bonne place. D'être sur nos orteils, mais sans donner 10 punitions. »

Austen Keating, Ben Fanjoy, Drake Rymsha et Andreï Golikov ont compté les quatre premiers buts des vainqueurs contre Tristan Bérubé, chassé après 25 minutes et 14 tirs. C'était 4-1 à ce moment, mais les Olympiques ont répliqué avec le deuxième but du match de Zack MacEwen, le premier de Meloche et celui de Dominik Blain après la rentrée de Mark Grametbauer. C'était 4-4 quand Hudson Wilson a fait 5-4 en avantage numérique. Meloche l'a imité six minutes plus tard, mais Warnholtz a tranché à quatre minutes de la fin. Grametbauer a repoussé 20 tirs sur 22 alors que Leo Lazarev a affronté 32 tirs des Olympiques devant la cage ottavienne. Notons aussi les trois points de Charles-Olivier Ouimet dans la défaite.

Une réaction non justifiée selon les Olympiques

Les propos de l'entraîneur des 67's, Jeff Brown,... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit) - image 3.0

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Les propos de l'entraîneur des 67's, Jeff Brown, sur le jeu physique des Olympiques de Gatineau ont été bien mal digérés par l'organisation de la rive québécoise de la rivière des Outaouais.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

L'organisation des Olympiques de Gatineau a mal digéré les flèches de l'entraîneur Jeff Brown à son endroit après la première manche de la Bataille de la rivière des Outaouais vendredi.

Dans sa missive, le « patron » des 67's avait notamment avancé que les Olympiques étaient « trente ans en arrière » parce qu'ils cherchaient à se battre et qu'ils « n'avaient pas évolué au même rythme que la Ligue de l'Ontario ». Brown avait aussi critiqué le style de jeu pratiqué par ses rivaux qui cherchaient plus « à blesser des joueurs plutôt qu'à jouer au hockey ». « Cette série, c'est comme leur coupe Stanley », avait-il aussi déploré.

Directeur général des Olympiques, Marcel Patenaude n'a pas parlé avec Jeff Brown durant le week-end, mais il trouvait cette réaction injustifiée. « C'était inapproprié de discréditer notre ligue de la sorte. J'ai du respect pour la Ligue de l'Ontario. Jamais je ne me serais attaqué à leur ligue. Nous pratiquons un style de jeu agressif. Ça fait partie de notre ADN. Nous n'allons pas nous excuser pour ça. »

Dimanche, Jeff Brown a reconnu que les 67's et les Olympiques étaient en train de bâtir des clubs sur des bases différentes. « Ils jouent un style beaucoup plus physique que le nôtre. Ils jouent dur alors que voulons jouer avec agilité et vitesse même si ça n'a pas paru dans ce match. »

Les propos de Jeff Brown ont aussi irrité le vétéran Marc-Olivier Crevier-Morin chez les Olympiques. « Ça fait quelques années que je participe à cette série. Dans les autres années, c'est nous qui étions dominés physiquement. Cette année, parce qu'on frappe plus qu'eux, ce n'est plus correct ? C'est devenu la fin du monde. Ses commentaires n'étaient pas nécessaires. Je ne crois pas qu'il (Brown) a raison. Nous ne sommes pas 30 ans en arrière. 

La blague dans le vestiaire c'était que même dans le match hors-concours de la Coupe du monde entre le Canada et les États-Unis, ils se sont battus et frappés solidement. »

Le défenseur de 20 ans ne veut pas que son club change son approche. « J'aime mieux que nous soyons plus intenses et faire des ajustements nécessaires pour trouver la ligne que le contraire. »

Quant aux défaites contre les 67's, Crevier-Morin a indiqué qu'elles étaient plates, mais qu'elles avaient permis à l'équipe de se familiariser avec le nouveau système de jeu.

Dans le revers de 6-5, certains joueurs ont commencé à émerger. Mario Duhamel a notamment noté les prestations de Zack MacEwen, Chiwetin Blacksmith, Charles-Olivier Ouimet, Alexandre Landreville et Ryan O'Bonsawin. L'Ontarien Evan Krassey a quant à lui été retranché après le match.

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