Abramov, recrue par excellence de la LHJMQ

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À son grand bonheur - il venait au Canada pour se faire remarquer! -, l'attaquant russe Vitalii Abramov a été choisi comme recrue de l'année par la LHJMQ en raison de ses performances avec les Olympiques de Gatineau.

Bernard Brault, La Presse

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(Montréal) Juin 2015. Chelyabinsk, Russie. Vitalii Abramov n'a que 17 ans et il est confronté à un choix déchirant qui pourrait influencer le reste de sa carrière de hockeyeur.

Son agent Mark Gandler souhaite que le jeune prodige traverse l'Atlantique pour qu'il expose son talent devant les recruteurs de la LNH.

Gandler, rappelons-le, était aussi le représentant de l'énigmatique Alexeï Yashin pendant qu'il évoluait avec les Sénateurs d'Ottawa. 

La décision n'est pas facile à prendre. En Russie, pour la première fois, les meilleurs joueurs de 16 et 17 ans avaient été rassemblés pour constituer une équipe au sein de la ligue junior nationale. Vitalii souhaite évidemment représenter son pays sur la scène internationale. Il sait que sa décision de s'expatrier en Amérique fera des mécontents et qu'elle pourrait l'écarter du programme national. Il sait aussi que le chemin le plus rapide vers la LNH se trouve dans les ligues canadiennes.

Après y avoir réfléchi longuement, Abramov a choisi la LHJMQ. Sa décision n'était pas évidente, mais le sacrifice de quitter son environnement a été récompensé au gala des Rondelles d'or du circuit Courteau mercredi soir. Ses prouesses avec les Olympiques de Gatineau ont été reconnues lorsqu'il a hérité du titre de recrue de l'année. Au fil d'arrivée, il a supplanté son coéquipier, Mathieu Bellemare.

«En fin de compte, j'ai voulu essayer une expérience différente et voir un nouveau pays. Je suis extrêmement fier de ce titre. J'ai vécu beaucoup d'émotions sur l'estrade quand j'ai reçu le trophée. Je suis venu ici pour me faire voir. Ç'a marché.»

Une fiche très reluisante 

Abramov a dominé toutes les recrues de la Ligue canadienne de hockey en 2015-2016 avec une récolte de 38 buts et 93 points en 63 matches. Il était en voie d'atteindre le plateau des 100 points lorsqu'il a été blessé en fin de saison.

Quand il a arrêté son choix sur la LHJMQ l'été dernier, Yakov Trenin avait eu une certaine influence sur sa venue à Gatineau. Trenin venait d'écouler sa première saison en Outaouais. Il allait être repêché au deuxième tour par les Predators de Nashville alors qu'en Russie, il n'était pas encore sur les radars de l'équipe nationale. Trenin et Abramov sont originaires de la même ville d'un million d'habitants.

«Yakov n'a pas influencé ma décision, mais quand j'ai décidé de venir au Canada, il a été la raison de ma venue à Gatineau. Il n'avait que de bonnes choses à dire au sujet de l'organisation.»

Issu d'un milieu modeste, Abramov a grandi avec des patins dans les pieds. Son père, propriétaire d'un petit commerce, était un bon joueur de hockey junior, mais il n'a jamais joué chez les professionnels. Sa mère, une agente de voyage, a fait partie de l'élite de son pays en athlétisme et en natation dans sa jeunesse. Sa jeune soeur est championne nationale en karaté chez les filles de 13 ans.

«J'ai commencé à patiner à trois ans. Devant la tour d'habitation où j'habite, il y a une patinoire extérieure. Tous les jeunes du quartier y jouent. La patinoire est toujours bondée. Il nous arrive de jouer à 12 contre 12. J'y jouais tous les soirs. Je mange du hockey.»

Un surnom révélateur

Ses innombrables heures passées sur cette patinoire sont certainement à l'origine de son surnom d'«Abracadabramov». Et son acharnement est sur le point de rapporter d'autres dividendes.

Au prochain repêchage de la LNH, certains recruteurs l'ont classé en première ronde malgré sa petite taille de 1,75 m (5' 9").

«À date, mon plan fonctionne, mais il reste encore du travail à faire. Je sais que les recruteurs veulent voir ce que je peux faire dans les séries. C'est assez différent de la saison régulière.»

Pourtant, rien n'a changé pour Abramov en première ronde des séries. Il a inscrit cinq buts et six points en quatre matches contre les Remparts de Québec. Non, le magicien russe n'est vraiment pas une recrue comme les autres.

Groulx et Dostie coiffés au fil d'arrivée

En nomination dans les catégories de l'entraîneur-chef et du joueur gentilhomme/efficace de l'année, deux membres des Olympiques n'ont pas eu la même chance que Vitalii Abramov au gala des Rondelles d'or de la LHJMQ mercredi.

Gilles Bouchard, des Huskies de Rouyn-Noranda, a été préféré à Benoît Groulx pour le trophée Ron-Lapointe, alors que le défenseur Samuel Girard, des Cataractes de Shawinigan, a devancé Alex Dostie au scrutin du trophée Trophée Frank-J.-Selke.

Dans les deux cas, les candidats n'avaient pas à rougir.

Benoît Groulx avait même voté pour son homologue de Rouyn-Noranda, qui a mené son équipe au premier rang de la ligue avec une récolte impressionnante de 113 points. «Nous savions que les Huskies avaient une bonne équipe en début de saison, mais ce qu'ils ont accompli à partir du premier jusqu'au dernier jour de l'année est phénoménal. Rouyn-Noranda a été seule en tête toute l'année. Certains clubs se sont accrochés à eux, mais les Huskies n'ont jamais lâché», a expliqué celui qui a gagné le trophée de l'entraîneur de l'année une seule fois dans sa carrière dans la LHJMQ malgré ses trois coupes du Président.

Groulx était accompagné de son fils Benoît-Olivier, qui pourrait être le tout premier choix du prochain repêchage du circuit Courteau. Les deux ont d'ailleurs participé à l'émission de Dave Morissette à TVA Sports mercredi soir.

Quant à Alex Dostie, il a dû aller faire un tour sur le Web pour bien saisir la nature de la catégorie dans laquelle il était en nomination. «Gentilhomme et efficace, je me suis dit qu'ils devaient y aller avec les minutes de punition, mais notre soigneur Serge Haché m'a expliqué que le trophée était attribué à un joueur qui avait un bon esprit sportif tout en étant un joueur utile. Le même trophée est donné dans la Ligue nationale. J'ai vu que Martin St-Louis l'a déjà gagné.»

En bonne compagnie

L'attaquant de 18 ans des Olympiques n'était pas gêné de s'incliner devant Girard et Alexis D'Aoust, tous les deux des Cataractes. «J'étais en bonne compagnie. De bons joueurs dans notre ligue ont gagné ce titre par le passé.»

Deuxième au scrutin de la recrue de l'année, Mathieu Bellemare a pu se consoler en méritant une mention dans l'équipe d'étoiles des recrues de la LHJMQ. Abramov, évidemment, a aussi été choisi.

Enfin, après avoir critiqué la façon dont Chase Marchand a gagné le trophée Jacques-Plante remis au gardien avec la meilleure moyenne de buts alloués, Benoît Groulx a finalement applaudi le gardien des Huskies lorsqu'il est allé chercher son trophée sur l'estrade.

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