La grosse année de William Bitten

Les deux frères Samuel et William Bitten évoluent... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Les deux frères Samuel et William Bitten évoluent tous les deux dans la LHOntario. Le plus vieux est admissible au repêchage de la LNH, tandis que le plus jeune a été réclamé par les 67's d'Ottawa.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Aucun autre joueur de la Ligue canadienne de hockey (LCH) n'a vécu une année aussi mouvementée que William Bitten.

Dans les 10 derniers mois, le Franco-Ontarien de Gloucester a vécu le déménagement de son équipe de la Ligue de l'Ontario (LHOntario) de Plymouth à Flint. Il a remporté une médaille d'or avec l'équipe canadienne des moins de 18 ans à la Classique Ivan Hlinka en République tchèque. Il a participé au match des meilleurs espoirs de la LCH à Vancouver. Il a représenté les étoiles canadiennes de l'Ontario dans la Super Série Canada-Russie.

À seulement 17 ans, il a aussi pris le premier rang des compteurs des Firebirds de Flint. Là-bas, il a été le malheureux témoin d'un cirque qui a mené à la suspension du propriétaire Rolf Nilsen et de la mise en tutelle de son équipe par la LHOntario. Le propriétaire milliardaire s'est notamment attiré les foudres de la ligue en congédiant son même groupe d'entraîneurs deux fois dans la même année. La première fois, il avait été obligé de les réembaucher avec des contrats garantis de trois ans quand les joueurs s'étaient rendus à son bureau pour démissionner en bloc.

Espoir de premier plan dans la LNH, William Bitten aurait pu se passer de ces distractions à son année de repêchage.

«Tu essaies de ne pas penser à ton repêchage, mais c'est toujours derrière ta tête. Tu sais que les dépisteurs viennent te voir jouer. Jamais je n'aurais pensé vivre cette situation cette année. Quand ils ont congédié les entraîneurs pour la deuxième fois, je croyais à une blague. Après tout, nous avions échangé nos trois seuls joueurs repêchés par des équipes de la LNH pendant la saison. Notre entraîneur John Gruden avait le respect des joueurs, mais je pense qu'il est mieux où il est maintenant. Tous les jours, il vivait un stress insoutenable.»

Après l'élimination des Firebirds, Bitten s'est rendu à Winnipeg pour s'entraîner avec l'équipe canadienne U18 en vue des championnats du monde qui se sont terminés dimanche à Grand Folks. Le Canada a gagné ses cinq matches du tournoi à la ronde, dont celui contre les éventuels champions de la Finlande. En demi-finale, il a toutefois subi un revers crève-coeur en fusillade contre la Suède. Dans le match de la médaille de bronze, les États-Unis ont écrasé les Canadiens.

«Quand tu joues pour le Canada, ta motivation, c'est la médaille d'or. Nous voulions gagner le bronze aussi, mais cette médaille n'a pas la même saveur», a indiqué Bitten, de retour à la résidence familiale afin de terminer sa 12e année pour obtenir son diplôme d'études secondaires de l'école Franco-Cité.

À part la saga des Firebirds à l'extérieur de la glace, Bitten s'est montré satisfait de sa deuxième saison junior. «J'ai doublé mon total de buts. Je suis passé d'une saison de 15 à 30 buts. Chaque soir, je devais jouer contre les meilleurs trios adverses et les meilleurs défenseurs.»

Aux derniers championnats du monde, Bitten évoluait à l'aile droite du premier trio. Il a récolté huit points en sept matches. Dans le match de la médaille de bronze, il a été le joueur du match canadien. Le joueur du match américain? Logan Brown, fils de l'entraîneur-chef des 67's d'Ottawa.

Jeff Brown était sur place. Deux semaines plus tôt, Brown avait repêché son jeune frère. Avec tous les problèmes à Flint, les frères Bitten auraient-ils le goût d'être réunis à Ottawa?

«J'aurais moi-même aimé être repêché par les 67's. Je suis excité pour Samuel, mais je n'ai pas encore pensé à l'an prochain. Le hockey m'a tenu occupé et ce n'est pas encore fini. En mai, je m'en vais au combiné de la LNH. J'irai au repêchage à Buffalo en juin. Une chose à la fois.»

Juin est encore loin. Les deux derniers mois de la dernière année de Bitten seront-ils aussi rocambolesques?

Réclamé par les 67's, Samuel Bitten rentre à la maison

En 2014, les 67's d'Ottawa ont raté une belle occasion en laissant filer un produit local pour réclamer Travis Barron au troisième rang de la séance de sélection de la LHOntario. William Bitten avait finalement été repêché par les Whalers de Plymouth au septième rang.

Deux ans plus tard, l'Ottavien totalise 45 buts et 96 points dans la LHOntario. Barron est rendu à 25 buts et 58 points. Il faut croire que les 67's ont retenu la leçon. Il y a deux semaines, ils ont sélectionné le cadet des Bitten au cinquième tour de la séance de sélection en dépit d'une fracture au dos qui a privé Samuel d'une moitié de saison.

«Ç'a toujours été mon rêve de jouer pour les 67's. Je savais qu'ils étaient intéressés, mais je savais qu'ils voulaient aussi repêcher des défenseurs dans les premières rondes. Mon dos a fait peur à bien des équipes. J'aurais aimé sortir plus tôt au repêchage, mais ce n'est pas grave. Mon but était de jouer à Ottawa», raconte Samuel.

L'attaquant de 16 ans espère que cette sélection va lui permettre de rentrer à la maison. L'abandon controversé du midget AAA mineur dans le district d'Ottawa l'a poussé à déménager à Mississauga avec sa mère la saison dernière. Le hockey midget a été remplacé par une catégorie U17 à Ottawa et quelques-uns des meilleurs joueurs de la région sont allés jouer ailleurs pour rester dans la même structure que le reste du hockey ontarien.

«Le sacrifice a valu le coût. Ma mère a pris un congé sabbatique de son travail et nous avons loué un appartement. Je suis chanceux. Mon école, Franco-Cité, est jumelée à celle de Ste-Famille à Mississauga. J'ai pu faire un semestre là-bas et je poursuis mon deuxième semestre ici.»

Avec les Rebels de Mississauga, Samuel Bitten a remporté le championnat de la Greater Toronto Hockey League (GHTL), mais les Rebels se sont inclinés contre leurs éternels rivaux de York-Simcoe à la OHL Cup. À Mississauga, il a récolté 20 buts et 47 points en 55 matches. Plus costaud que William, Samuel est un joueur différent de son aîné.

«Je suis un attaquant qui excelle dans les deux sens de la patinoire. J'ai un bon lancer. Ma grande force, c'est ma vision du jeu. Je suis un passeur.»

Samuel a récemment été retenu parmi les 24 meilleurs attaquants de la GTHL afin de participer à la prochaine Gold Cup, mais il devra malheureusement passer son tour. Un test d'imagerie par résonance magnétique sur son dos l'attend le 19 mai. «J'espère juste que ça ne m'empêchera pas de participer au prochain camp des 67's», dit-il.

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