Avec Pat Burns, le début d'une tradition d'excellence

Les Olympiques ont pu compter sur d'excellents entraîneurs... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Les Olympiques ont pu compter sur d'excellents entraîneurs dans leur histoire, dont Pat Burns, Alain Vigneault et Claude Julien.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pat Burns n'aura passé que cinq saisons dans l'organisation des Olympiques de Hull, mais ce fut suffisant pour établir la tradition d'excellence du club le plus titré de la LHJMQ, avec sept coupes du Président et une coupe Memorial remportées en 22 ans.

C'est lors de la saison 1983-1984 qu'il a fait ses débuts derrière le banc à l'aréna Robert-Guertin, en tant qu'assistant à Michel Morin. Il devait ensuite lui succéder un an plus tard comme entraîneur-chef, une première campagne bien ordinaire (fiche de 33-34-1), sauf que les bases étaient jetées pour une campagne mémorable l'année suivante, avec un championnat marqué de 15 victoires consécutives lors de séries cinq de neuf, après une saison de 54 gains (toujours un record d'équipe).

«On l'aimait bien»

«À ma première année avec les Olympiques, il était adjoint et il travaillait encore pour la police, donc parfois, il disparaissait parce qu'il était sur des enquêtes. Il apprenait aussi le métier, mais on l'aimait bien», se souvient Luc Robitaille, l'attaquant vedette de ces éditions des Olympiques.

«L'année suivante, quand il est devenu entraîneur-chef, il a tout de suite pris le leadership. Il voulait changer la culture alors que le club n'avait jamais eu de succès. Il voulait bâtir quelque chose de spécial», ajoute «Lucky Luc», qui est entré au Temple de la renommée de la LHJMQ en même temps que Burns en 2007.

Pour y arriver, il a eu de l'aide de Charles Henry, qui est devenu le directeur général et gouverneur de l'équipe quand Wayne Gretzky en a fait l'acquisition en août 1985, après plusieurs mois de négociations avec la Ville de Hull, alors propriétaire du club. Ce dernier avait surveillé attentivement ce qui se passait avec l'équipe lors de la première saison de Burns, en 1984-1985.

«Je l'avais connu quand il était dans le hockey mineur, et lui et Jean Lachapelle étaient des gars que j'avais identifiés comme de bons entraîneurs potentiels. Quand Wayne a acheté le club, il avait peur qu'on ne le garde pas. Je me rappelle qu'un soir, j'étais appuyé sur un poteau pour regarder la pratique. Tu voyais qu'il faisait du sang de cochon. À la fin de la pratique, il vient me voir et me crie, 'Tab..., vas-tu me laisser dans le nuage?' Je lui avais dit qu'il n'avait pas besoin de s'inquiéter. Wayne voulait un gars tough, qui se débarrasserait des initiations. Il inspirait ce qu'on voulait faire avec l'équipe», se remémore Henry.

La formation championne de 1986 comptait 18 vétérans, mais elle a été vraiment complétée avec les acquisitions de Guy Rouleau, obtenu de Longueuil contre Marc Saumier, et de l'attaquant de 20 ans Pat Brisson, qui ont formé un trio dévastateur avec Robitaille, auteur de 191 points tout comme Rouleau. Joueur local, Saumier avait été rapatrié plus tard par Henry, en 1987-1988, aidant les Olympiques à gagner leur deuxième titre.

«Pat aimait les joueurs travaillant et tough comme moi. À ma première année avec les Olympiques, j'étais un 16e choix au repêchage, je ne pense pas que j'étais dans les plans. Mais Pat avait été correct avec moi, il m'avait donné de la glace. Plus tard, il m'a donné une chance dans la Ligue américaine avec Sherbrooke», confiait Saumier récemment.

Intimidant

Avec son bouillant caractère irlandais, Burns était évidemment assez intimidant pour ses jeunes joueurs juniors.

«Il a fait tellement de crises qu'il n'y en a pas une pire que l'autre dont je me souvienne, mentionne Robitaille. Il était bien tough, mais on était capable de lui parler aussi. On sentait vraiment qu'on faisait partie d'une famille. Notre équipe championne (en 1986) était vraiment spéciale. Quinze victoires de suite en séries sans défaite, ça ne se reverra plus jamais. Pat nous avait vraiment bien préparé pour ces séries-là, à partir de Noël, il parlait des choses qu'il fallait faire pour gagner un championnat. Il nous reprenait pour chaque erreur.»

Robitaille a eu son mot à dire dans la sélection de Pat Burns pour l'intronisation au Temple de la renommée, lui qui en est maintenant membre.

«Je suis toujours resté chum avec Pat et je suis bien fier qu'il soit rentré. L'année où j'ai été intronisé, en 2009, j'aurais bien aimé ça qu'on rentre en même temps. Ce n'est pas arrivé, j'espérais bien que ce soit l'année suivante et là non plus, ça n'a pas marché. Mais là, ça va être quelque chose de spécial pour sa famille, même s'il n'est plus là. Il le mérite, c'est incroyable tout ce qu'il a fait», dit-il.

Après une autre saison à la barre des Olympiques (fiche de 26-39-5 en 1986-1987), Burns faisait le saut chez les professionnels, avec le club-école du Canadien. On connaît le reste de l'histoire, mais elle aurait pu être différente.

«Quand il a été embauché par Serge Savard pour aller à Sherbrooke, il venait de signer un nouveau contrat avec nous deux semaines auparavant. Là, il m'appelle, il était dans un hôtel et il venait de se faire offrir un contrat. Il me demande, 'Qu'est-ce que je fais?' Je lui ai répondu, 'Tu signes'. 'Mais là, tu ne veux plus m'avoir? Tu veux te débarrasser de moi?' J'ai dû lui dire que quand Montréal cogne à la porte, tu ne peux pas t'empêcher de prendre ça. C'est moi qui suis perdant, pas toi», raconte Charles Henry en riant.

mbrassard@ledroit.com

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer