Erik Gudbranson, un nom à retenir

Erik Gudbranson: «Je veux jouer dans la Ligue... (Photo courtoisie de www.icel.com)

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Erik Gudbranson: «Je veux jouer dans la Ligue nationale, surtout à Montréal ou à Ottawa, près de ma famille, mais je ne serai pas le genre de joueur qui va vouloir choisir son équipe.»

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Plante Jean-François
Le Droit

Les joueurs de 16 ans qui portent le «C» du capitaine sur leur chandail ne sont pas légions au hockey junior majeur. C'est pourtant le cas du Franco-Ontarien Erik Gudbranson, qui vient de connaître une saison de rêve à son année recrue dans la Ligue de l'Ontario (LHO).

Malgré son jeune âge, Gudbranson possède déjà un curriculum vitae aussi étoffé qu'un vétéran de 20 ans. Depuis le repêchage de la LHO en mai dernier, les événements se sont bousculés dans la vie du jeune homme du secteur Orléans. À 6'3 et 195livres, ce défenseur était hautement convoité à la séance de sélection de la LHO. L'attaquant John McFarland était assuré d'être le premier joueur repêché par les Wolves de Sudbury. Gudbranson avait de fortes chances de partir au deuxième rang.

 

Mais ce membre du programme sports-études de l'école secondaire Louis-Riel tenait à poursuivre ses études en français pendant sa carrière junior et il avait suggéré aux équipes d'Érié et d'Owen Sound de ne pas le sélectionner aux deuxième ou troisième rangs parce qu'il n'y avait pas d'écoles francophones dans ces villes. Au quatrième rang, Kingston a sauté sur l'occasion de repêcher le défenseur format géant.

Gudbranson a donc pu poursuivre ses études à l'école secondaire des Mille-Îles et il n'a pas mis de temps à se faire un nom avec les Frontenacs. Dès le départ, il a démontré des qualités indéniables de leader et il a été nommé adjoint au capitaine, un fait plutôt rare au hockey junior. Aux Fêtes, il est devenu le capitaine de l'équipe de l'Ontario qui a gagné la médaille d'or au Défi mondial des moins de 17 ans disputé sur l'Île de Vancouver.

Gudbranson vient tout juste de revenir du Championnat du monde des moins de 18 ans, où il était un des trois seuls joueurs nés en 1992 au sein de l'équipe canadienne.

Récemment, la bible du hockey, The Hockey News, vantait les mérites de Gudbranson en le plaçant au cinquième rang des espoirs mondiaux en vue du repêchage de la LNH en 2010. Larry Mavety, son directeur général à Kingston, est convaincu que son amphithéâtre attirera de nombreux dépisteurs du circuit Bettman au cours de la prochaine année.

«Il sera sur tous les radars de la LNH l'an prochain. À notre niveau, il n'y a pas de limite à son talent. Je miserais beaucoup d'argent sur ses chances d'être sélectionné en première ronde.»

Mavety a de la difficulté à trouver les mots pour rendre justice à son défenseur étoile. «Il a tout, mais vraiment tout, pour réussir. Il possède la taille, la vitesse, un bon lancer, un bon sens du jeu. À 16 ans, il a été un joueur important sur nos unités spéciales et il était toujours sur la glace pendant les dernières minutes d'un match. C'est aussi un leader naturel. Il n'a que 16 ans, mais vous ne penseriez jamais qu'il a cet âge quand vous conversez avec lui», a-t-il dit au sujet de celui qui a maintenu une moyenne globale de 89% sur les bancs d'école cette année.

La vie a joué de vilains tours à sa famille (voir autre texte) quand son jeune frère, Dennis, a dû combattre la leucémie deux fois plutôt qu'une. Gudbranson a été forcé de 'vieillir' beaucoup en peu de temps. Aîné d'une famille de quatre enfants, il est devenu la pierre angulaire à la maison pendant que ses parents étaient constamment aux côtés de Dennis à l'hôpital.

Quand Doug Gilmour a hérité du poste d'entraîneur-chef des Frontenacs à mi-chemin dans la saison, il n'a pas hésité à confier le titre de capitaine à Gudbranson.

«Je n'aurais jamais pensé devenir capitaine à 16 ans. Doug Gilmour arrivait. Il ne connaissait personne dans l'équipe et il voulait savoir qui étaient ses leaders. Il a opté pour un système d'alternance aux cinq matches et c'est moi qui ai été son premier capitaine. J'étais assez surpris!», a expliqué le jeune homme qui a marqué trois buts, récolté 19 passes et totalisé 22 points en 63 matches à sa saison recrue.

Au championnat du monde des moins de 18 ans, disputé à Fargo aux États-Unis la semaine dernière, il a enregistré quatre points en six matches tout en conservant un différentiel de plus-5. En considérant qu'il pensait être le septième défenseur de l'équipe parce qu'il était le plus jeune de la brigade défenseur, ces statistiques sont impressionnantes.

«J'ai fait ce qu'on me demandait et finalement, je me suis retrouvé parmi les quatre défenseurs les plus utilisés. On m'a fait jouer en désavantage numérique et on m'a aussi utilisé en prolongation. J'étais très content de porter les couleurs du Canada pour la deuxième fois de l'année et j'espère avoir la chance de représenter mon pays sur la scène internationale à nouveau prochainement.»

Milieu francophone

Leur nom n'a rien de francophone, mais la vie des Gudbranson gravite autour du hockey et de la francophonie. La mère, Donna, a grandi sur la rive sud de Montréal. Le père, Wayne, ne parle pas couramment le français, mais les enfants Alex, Dennis et Chantal, fréquentent tous l'école française. Tout le monde joue au hockey. Alex, un colosse de 6'2 malgré ses 14 ans, suivra assurément les traces de son frère.

À Kingston, Erik habite chez une famille francophone. Sa copine est également francophone. Pas surprenant que tout le clan Gudbranson soit de fervents partisans du Canadien de Montréal!

«J'ai toujours été inscrit à l'école française. Pour ma mère, il n'était pas question que je suive des cours par correspondance pendant mon stage junior. Elle tenait à ce que j'aille à l'école avec des camarades francophones. Je suis un peu plus à l'aise en anglais, mais je suis parfaitement bilingue», dit l'adolescent dans un français impeccable.

Erik Gudbranson a soufflé ses 17 chandelles en janvier et il devra disputer une autre saison junior avant d'être éligible au repêchage de la LNH, mais les dépisteurs du circuit Bettman sont déjà à ses trousses. Le Hockey News anticipe qu'il sera le cinquième joueur réclamé au repêchage de 2010. Ce classement très flatteur est loin de monter à la tête du principal intéressé.

«Je ne pense pas au repêchage. Ce classement va changer 1000 fois d'ici un an. À mon année de repêchage dans la LHO, j'ai gardé la tête froide et cela m'a aidé. Je veux jouer dans la Ligue nationale, surtout à Montréal ou Ottawa, près ma famille, mais je ne serai pas le genre de joueur qui va vouloir choisir son équipe.»

 

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