Écouter le coeur de son frère mort

Le receveur canadien Austin Reuland, qui peut aussi... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Le receveur canadien Austin Reuland, qui peut aussi évoluer en tant que demi offensif, a participé à un premier entraînement mardi chez le Rouge et Noir d'Ottawa.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Austin Reuland essayait de retenir ses larmes par moments. Ça devait pourtant être une journée heureuse pour lui. Il venait de compléter sa première séance d'entraînement dans l'uniforme du Rouge et Noir, mardi, à la Place TD.

Le nouveau receveur canadien pensait à son grand frère Konrad, un ancien joueur de la NFL de 6'6'' et 270 livres qui est décédé en décembre d'un anévrisme au cerveau. Il n'avait que 29 ans.

« C'était la personne dans la meilleure forme physique que je connaissais. Il s'entraînait trois fois par jour. Il faisait du yoga. La seule chose sur laquelle il n'avait aucun contrôle aura eu raison de lui, souligne Reuland, âgé de 24 ans.

«Je ne cesse de pleurer depuis quelques mois. Je dors mal. Je suis incapable de m'habituer à son absence.

«Ce n'était pas seulement mon frère... C'était mon meilleur ami. Même si j'étais beaucoup plus jeune que lui, il m'incluait dans toutes ses activités avec ses amis durant mon enfance.»

La recrue du Rouge et Noir a été réclamée lors d'un repêchage spécial de la LCF, la semaine dernière, deux jours après avoir obtenu la double citoyenneté. Il se trouvait seul dans le domicile de ses parents en Californie quand la nouvelle lui a été communiquée.

«J'ai crié sur le coup. Les chiens ont commencé à japper dans la maison. Puis, j'ai pleuré sans arrêt, car je sais que mon frère serait en train de célébrer avec moi... C'est lui qui m'avait convaincu de m'accrocher.»

Don de vie à Rod Carew

Austin Reuland n'a pas joué l'an dernier. Aucun club de la NFL ne lui a fait signe à sa sortie des rangs collégiaux à Yale en 2015.

C'est pourquoi il était à la fois heureux, mais triste ces dernières heures de fouler à nouveau un terrain de football. L'athlète de 5'10'' et 201 livres, qui peut aussi évoluer en tant que porteur de ballon, s'est fait tatouer la première lettre du prénom de son frère de même que la date de naissance de Konrad, qui aurait fêté ses 30 ans le 4 avril dernier.

«Cette journée-là, je me trouvais au cimetière. Je décorais sa pierre tombale avec ma mère quand Rod Carew est arrivé.»

Carew, c'est ce membre du Temple de la renommée du baseball majeur qui a participé 18 fois au match des étoiles, qui a remporté sept fois le championnat des frappeurs de la Ligue américaine. C'est surtout aussi un peu de Konrad Reuland, qui lui a fait don de son coeur et d'un rein dans les heures qui ont suivi son décès.

Ce n'était pas la première rencontre entre l'ancien joueur des Twins et des Angels et la famille du défunt. Chaque fois, l'émotion était au rendez-vous.

«Mon père, qui est médecin, a sorti son stéthoscope. Et Rod nous laisse écouter son coeur qui bat fort. C'est assez puissant comme moment, avoue Austin Reuland, visiblement ému en multipliant les confidences pendant que ses nouveaux coéquipiers se dirigent vers le vestiaire.

«Rod a répété qu'il fait partie de notre famille. Qu'il veut être sur notre carte de souhaits à Noël.»

Destins liés

Ce qui rend l'histoire encore plus particulière ? Carew demeurait non loin des Reuland. Même qu'il avait déjà fait la rencontre de Konrad.

«Il avait visité l'école primaire de mon frère en sixième année. En fait, Konrad était ami avec les fils de Rod, qui fréquentaient la même classe que lui.»

Carew n'a pas su immédiatement l'identité du donateur après la double greffe. Ce n'est que quelques semaines plus tard qu'il a appris que ce fut l'ancien ailier rapproché des Ravens de Baltimore et des Jets de New York.

Le sort a voulu que le légendaire numéro 29 reçoive le coeur et un rein d'un homme décédé à l'âge de 29 ans. Ajoutez à cela que Konrad Reuland a été déclaré «cliniquement mort» pendant que la télé dans sa chambre d'hôpital montrait en direct la partie du «Monday Night Football» entre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et son ancien club, les Ravens...

«Chaque fois que je foule le terrain maintenant, je pense à lui», dit Austin Reuland.

La première chose que le Rouge et Noir a faite quand il est débarqué à Ottawa ? Lui remettre le cahier de jeux de l'équipe en guise de cadeau de bienvenue. «Ma première réaction a été de dire : c'est bien épais cette chose-là. Mais ce cahier doit devenir mon meilleur ami. Je dois apprendre à le connaître par coeur», lance Reuland en souriant avant de retrouver ses nouveaux coéquipiers.

Tindal intense et prêt

La recrue américaine Corey Tindal a croisé l'instructeur des demis défensifs en sortant de la surface synthétique, mardi, après le dernier exercice du Rouge et Noir. « As-tu ressenti mon énergie ? J'ai été un méchant garçon à l'entraînement », a-t-il lancé. Le commentaire a fait sourire Ike Charlton. « Il est prêt. Il a beaucoup de potentiel ce garçon », a soutenu l'ancien joueur devenu coach. Tindal a été désigné nouveau demi de coin à la suite du départ du vétéran A.J. Jefferson. Il l'avait déjà remplacé, il y a une semaine et demie, à Calgary. Le joueur âgé de 26 ans obtient sa première véritable chance chez les pros après un court essai dans la NFL à Cincinnati. « Je pense que je me débrouille de mieux en mieux à l'entraînement. On croit en moi. On croit que je peux réussir de gros jeux », a soutenu Tindal. Reste à voir comment il va se débrouiller contre les Eskimos d'Edmonton et leur quart vedette Mike Reilly. L'athlète natif de Fort Lauderdale s'attend à être mis à l'essai par l'adversaire tôt dans cette partie. « Et c'est normal. Tu vois une recrue. Tu veux savoir assez vite si elle peut jouer ou non dans cette ligue », a-t-il dit.

Powell s'explique

William Powell assure que la troisième fois sera la bonne. Le porteur de ballon devait jouer à Calgary, il y a 13 jours. Il a été finalement été laissé de côté. Puis samedi dernier, le Rouge et Noir l'a retranché de l'alignement partant au dernier instant. Le demi américain avait pourtant passé toute la semaine à s'entraîner au sein de la première unité offensive. « L'équipe jugeait qu'une semaine de plus ne me ferait pas de mal, qu'il fallait s'assurer que j'étais bel et bien complètement guéri, a expliqué Powell, qui s'était blessé à une cheville lors de la première partie de la saison. «Cette fois-ci, je vais participer au match.» Ce dernier assure qu'on le verra sur le terrain à Edmonton, vendredi soir. «Il n'y aura pas de décision de dernière minute... J'ai hâte de renouer avec l'action, de montrer ce dont je suis capable de faire.» Powell, qui devait être le porteur de ballon numéro un du Rouge et Noir en 2017, assure que le tendon d'Achille de sa jambe gauche qui a été déchiré, l'an dernier, se porte bien. «Je ne ressens plus les effets de cette blessure-là», a-t-il dit.




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