Charland écope chez le Rouge et Noir

Mikaël Charland, 25 ans, s'était déchiré un muscle... (Simon Séguin-Bertrand, archives Le Droit)

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Mikaël Charland, 25 ans, s'était déchiré un muscle de la jambe gauche à pareille date l'an dernier au camp d'entraînement.

Simon Séguin-Bertrand, archives Le Droit

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Mikaël Charland a décidé de passer chez le barbier. Pas qu'il avait besoin nécessairement d'une coupe de cheveux. Le demi défensif gatinois cherchait plutôt à se changer les idées.

Le Rouge et Noir venait de lui dire, quelques heures auparavant, que c'était fini pour lui à Ottawa. Qu'il ne jouerait plus au sein de l'équipe de son patelin après une seule saison. Qu'on cherchait à l'échanger. Finalement, il a été libéré.

« Je suis un peu sous le choc... J'ai le coeur brisé », a avoué Charland, lundi, alors que s'entame la deuxième semaine du camp d'entraînement des champions de la coupe Grey.

Ce dernier peut se consoler. Il n'est pas le seul joueur connu qui ne se trouvait pas sur le terrain de la Place TD. Le quart-arrière Brock Jensen, le receveur montréalais Scott Macdonell, le plaqueur Landon Cohen et le botteur Ronnie Pfeffer ont tous appris que leur séjour dans la capitale nationale était terminé.

Dire que tous ces athlètes faisaient partie du défilé sur la rue Bank, il y a six mois. « On m'a dit que je n'étais plus dans les plans de l'équipe. Qu'il y avait plusieurs joueurs du même gabarit que moi, mais avec plus de potentiel et d'expérience », a relaté Charland.

Ce que confirme le directeur général Marcel Desjardins, qui l'avait choisi au second tour du repêchage l'an dernier. Il avait aussi sélectionné Macdonell en deuxième ronde en 2014.

« Ce sont deux gars de qualité, mais leurs contributions offensives et défensives auraient été minimes cette saison, a-t-il expliqué. Nous croyons aussi que nous avons de meilleures options canadiennes que ces deux joueurs au sein des unités spéciales. Donc pour être justes envers eux, nous avons pris la décision tout de suite afin de leur permettre de se tailler une place ailleurs dans la ligue. »

Charland, 25 ans, n'a disputé que trois parties à sa saison recrue. Il s'était déchiré un muscle de la jambe gauche à pareille date l'an dernier au camp d'entraînement.

L'ancien joueur des Griffons du Cégep de l'Outaouais s'était rapporté à l'équipe, il y a une dizaine de jours, en santé et surtout confiant d'obtenir plus de temps de jeu. « Je pensais avoir bien fait samedi lors du match simulé », a-t-il souligné.

« Je vais quand même conserver de bons souvenirs. J'ai beaucoup appris en un an. J'ai eu l'occasion de côtoyer de bons entraîneurs et j'ai pu vivre une année de championnat. »

Macdonell, lui, était membre du Rouge et Noir depuis l'an 1. Son renvoi ne l'a toutefois pas surpris. Il a vu peu d'action l'an dernier. C'est sans compter que des recrues canadiennes, dont Jamal Kett, ont bien paru depuis une semaine.

« J'ai vu tous les nouveaux receveurs que l'équipe avait au camp. En plus, je me retrouvais au sein du troisième groupe à l'entraînement. Ça m'a rappelé quand j'ai participé à des essais au soccer à l'âge de 11 ans. Mes parents m'avaient expliqué qu'on m'avait placé avec les moins bons, que ça voulait dire que je ne ferais pas l'équipe. »

Le receveur québécois, qui avait capté 13 passes pour 181 verges à sa première saison dans la LCF, avoue que cette décision s'avère « un coup de pied au derrière ». « C'est un bon rappel qu'il faut avoir un bon plan B dans la vie », a soutenu l'athlète âgé de 26 ans, un diplômé en finance de l'université Queen's.

Une autre raison explique pourquoi le Rouge et Noir a bougé si rapidement. Il avait en tête ce qui s'est produit l'an dernier au camp d'entraînement.

Pfeffer s'était blessé au pied lors d'une partie hors-concours. Il n'a pas été en mesure de jouer pendant la saison complète. L'équipe avait tout de même dû lui verser son salaire.

Plusieurs autres joueurs avaient aussi passé quelques mois à l'infirmerie. « On se protège si jamais un de ces joueurs s'était blessé lors du match hors-concours de jeudi », a expliqué Marcel Desjardins.

Le départ de Brock Jessen signifie que l'équipe ne compte maintenant que trois quarts dans son alignement. En plus de Trevor Harris et du vétéran Drew Tate, un ancien joueur de la NFL, Ryan Lindley, tente sa chance.

Place à « l'autre » Kevin Pierre-Louis

Il ne s'agit pas de la première fois que Kevin Pierre-Louis est confondu avec son célèbre homonyme.

Quand le Rouge et Noir a annoncé la mise sous contrat de ce secondeur, les amateurs ont célébré. Ils croyaient que « l'autre » Kevin Pierre-Louis s'amenait à Ottawa. Celui qui a disputé 34 parties chez les Seahawks de Seattle.

Même l'équipe des médias sociaux de l'organisation s'est trompée en affichant la photo du joueur de la NFL, et non celui de la recrue haïtienne issue de Colorado State qui travaillait à un certain moment chez Pizza Hut pour arrondir ses fins de mois.

« Ce n'est pas grave. Ce n'est pas la première fois que ça arrive, a soutenu Pierre-Louis, lundi, après sa première séance d'entraînement.

«De toute façon, nous sommes des cousins de la fesse gauche. Nous tentons encore de démêler notre arbre généalogique, mais il semble que nous avons un grand-père commun qui a enfanté plusieurs femmes, qui ne croyait pas au concept d'une épouse !»

Le «Hitman»

Les deux «Kevin Pierre-Louis» se sont déjà rencontrés. Ils se parlent même sur une base régulière.

«Nos mamans ont aussi appris à se connaître», a dit le plus jeune des Pierre-Louis, âgé de 23 ans.

Ce dernier jouait en tant que maraudeur dans la NCAA. Il est devenu un des meneurs de tous les temps chez les Rams de Colorado State au chapitre des plaqués.

«J'aime frapper. C'est pourquoi on m'a surnommé là-bas le «Hitman», a-t-il lancé en riant.

«J'essaie de faire honneur à ce sobriquet.»

Le Rouge et Noir se cherche un troisième secondeur afin de jouer aux côtés de Tank Reed et Khalil Bass. Nicholas Taylor, qui était demi-défensif l'an dernier, s'avère un des candidats mis à l'essai, tout comme Pierre-Louis.

Le nouveau joueur parle français. «Un petit peu. On jasait surtout créole à la maison», a-t-il précisé.

Sa mère Marie a donné naissance au plus jeune des quatre enfants de la famille à New York. «J'ai eu l'occasion de visiter Haïti à quelques reprises. La dernière fois, c'était quelques mois avant le tremblement de terre en 2010», a raconté Kevin Pierre-Louis.

«Un de mes cousins est décédé dans ce désastre. Il se trouvait à l'école... au premier étage de trois du collège. L'édifice s'est écroulé...»




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