Gosselin prêt à livrer la marchandise

Choix de deuxième ronde au dernier repêchage, Anthony... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Choix de deuxième ronde au dernier repêchage, Anthony Gosselin est souvent comparé au vétéran centre-arrière Patrick Lavoie.

Etienne Ranger, Le Droit

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Il y a trois mois, il neigeait encore. Anthony Gosselin se trouvait dans les Cantons-de-l'Est et se demandait ce que l'avenir lui réserverait.

Le centre-arrière venait de terminer sa carrière universitaire chez le Vert et Or, à Sherbrooke. Il était livreur de poulet pour une rôtisserie St-Hubert.

Ces jours-ci, le jeune homme âgé de 24 ans s'avère un des plus beaux espoirs au camp d'entraînement du Rouge et Noir. L'équipe en a fait son choix de deuxième ronde au dernier repêchage.

«J'ai pris le chemin le plus long que tu peux pour arriver ici», avoue-t-il en riant.

Gosselin n'était pas dans la mire des équipes de la Ligue canadienne de football (LCF) durant l'hiver. Mais le tout a changé le 10 mars lors d'un camp régional d'évaluation auquel il s'est présenté à Montréal.

«Quand je suis arrivé là-bas, on m'avait identifié en tant que receveur de passe. Clairement, on ne me connaissait pas. On ne savait pas qui j'étais. Je me suis alors dit que je voulais être la personne qui allait ressortir du lot.»

Ce qui s'est produit.

On l'a invité à participer au camp national d'évaluation qui allait se tenir la semaine suivante. Là-bas, il a impressionné à nouveau. Autant par sa vitesse que sa puissance, effectuant 30 répétitions au développé couché.

L'appel de la NFL

Ses performances ont fini par retenir l'attention non seulement des clubs de la LCF, mais également au sud de la frontière.

Gosselin, qui fait 6'1'' et 251 livres, a reçu un appel de la NFL. Les Chiefs de Kansas City l'ont invité à leur mini-camp au début du mois de mai.

«Après avoir reçu l'appel, j'ai livré ma dernière commande de poulet. J'ai quitté mon emploi.»

Les Chiefs l'ont surveillé de près durant son séjour chez eux, mais ne lui ont pas offert de contrat. «Tous les matins, je me réveillais avec un chandail de l'équipe. Je me regardais dans le miroir et je riais. Je n'en revenais pas de tout ce qui se passait», relate Gosselin.

Au même moment qu'il était à Kansas City, le Rouge et Noir appelait son nom lors du repêchage de la LCF, le 8 mai. Tout d'un coup, il se retrouvait avec un plan B.

Pas pire pour un joueur qui n'avait même pas d'agent au début de la présente année.

«Quand j'étais à Sherbrooke, je n'étais pas un ailier rapproché qui recevait beaucoup de passes. J'étais plus utilisé en tant que sixième joueur de ligne offensive. Ce n'était pas évident de se faire remarquer. Mais finalement, j'ai trouvé un chemin et je suis exactement où je veux être.»

Un clone de Lavoie

Car Anthony Gosselin rêvait d'aboutir à Ottawa. Il est devenu un coéquipier de Patrick Lavoie.

Un joueur auquel il a été comparé à plusieurs reprises durant sa carrière universitaire. Maintenant, on le perçoit comme l'éventuel successeur du centre-arrière québécois chez le Rouge et Noir.

«Il (Anthony) est un gars discret et calme comme Lavoie. Il a le potentiel de devenir un très bon joueur pour nous», affirme l'entraîneur-chef Rick Campbell.

«C'est vrai que je suis une personne tranquille. Je fais mes choses, commente Gosselin, qui s'est vu remettre le numéro 45. Quand je retourne chez nous, je passe mon temps à étudier le cahier de jeux.»

Les champions en titre de la coupe Grey compte l'utiliser avant tout au sein des unités spéciales en 2017. Pour l'instant, il se retrouve au sein de la deuxième vague.

À l'attaque, la recrue doit se contenter de quatre ou cinq répétitions aux côtés des autres joueurs de première année.

«C'est correct. J'apprends. Je regarde les vétérans et je prends beaucoup de notes.»

Anthony Gosselin ne s'ennuie pas, dit-il, de ses deux emplois précédents d'étudiant. Il y avait celui de livreur, mais également un poste de représentant de la Brasserie Labatt.

«C'était correct comme travail. J'aimais ça. Mais c'est beaucoup mieux ça. Ici, je pratique le sport que j'adore.»

Un billet de 100 $ US bien investi par la recrue Paulo

Une petite annonce avait été placée en Californie par le Rouge et Noir. L'équipe allait organiser dans quelques jours un camp d'essai ouvert au public à San Jose.

Darryl Paulo l'a vue. Il travaillait dans un magasin de pièces automobiles à Spokane, dans l'état de Washington. Il a décidé de se taper la longue route vers la ville californienne et surtout payer les frais de 100 $ afin de se faire valoir devant les recruteurs.

Ça se passait en avril dernier. « Le meilleur 100 $ que j'ai dépensé de ma vie. Ça s'avère un excellent investissement », a reconnu Paulo, jeudi, après la cinquième journée du camp d'entraînement à la Place TD.

Ce dernier s'est retrouvé à nouveau au sein de la première vague de la ligne défensive. Il a occupé un des deux postes d'ailier, l'autre allant à Arnaud Gascon-Nadon.

« C'est très encourageant de voir ça, mais je dois continuer à travailler fort. La dernière chose que je dois faire, c'est d'assumer que le poste est déjà à moi. »

Pas de danger que Paulo, 24 ans, tombe dans le piège. Il suffit pour lui de se rappeler ce camp d'essai, il y a deux mois.

« Nous étions entre 80 à 90 joueurs. Écoute, certains gars n'avaient pas d'affaire là. Ils n'étaient pas en forme. Mais d'autres avaient déjà joué à un haut niveau. »

Le colosse de 6'2'' et 234 livres avait gardé la forme, même si son dernier match remontait à l'automne 2015 à Washington State. Il avait réussi sept sacs à sa dernière saison.

Une équipe de la NFL, Tampa Bay, l'a invité quelques jours chez elle l'an dernier. Mais rien de plus. « J'ai continué à m'entraîner dans l'espoir qu'un jour, j'obtiendrais une autre occasion de jouer », a-t-il souligné.

Jusqu'ici, la plus récente trouvaille du directeur du personnel des joueurs, Jean-Marc Edmé, impressionne les entraîneurs. À commencer par Rick Campbell.

« Son moteur roule sans arrêt, a-t-il dit de Darryl Paulo. Il est rapide et fonce sans arrêt. Puis moi aussi j'ai étudié comme lui à Washington State. Donc il doit être un gars très intelligent. »

« J'ai bien hâte de le voir durant nos deux parties hors-concours », a ajouté Campbell, dont l'équipe affrontera Hamilton jeudi prochain. 




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