Une file pour succéder à Abdul

Sherrod Baltimore porte le 14, l'ancien numéro du... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

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Sherrod Baltimore porte le 14, l'ancien numéro du demi défensif Abdul Kanneh qui s'est joint aux Tiger-Cats de Hamilton.

Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

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Il a de longues tresses comme lui. Son corps est recouvert de tatouages comme lui. Il a même décidé de porter le même numéro 14 que lui.

Reste à voir si Sherrod Baltimore sera capable de remplacer Abdul Kanneh chez le Rouge et Noir. L'athlète originaire de Washington fait partie des 12 demis défensifs qui participent au mini-camp des champions de la coupe Grey depuis jeudi à la Place TD.

« J'ai vu Abdul jouer à quelques reprises à la télé. Il s'avère un joueur exceptionnel », a avoué Baltimore du haut de ses 5'10'' et 170 livres.

La différence entre lui et Kanneh, qui poursuit maintenant sa carrière chez les Tiger-Cats de Hamilton ? Il s'avère nettement moins bruyant et émotif.

« Je ne vais pas parler beaucoup. Je vais me concentrer à travailler et démontrer ce dont je suis capable. J'ai faim. »

Faim pour un emploi. Surtout que sa famille ne l'a jamais eu facile.

Baltimore, 24 ans, ne se gêne pas pour dire qu'il a passé une partie de son enfance dans la pauvreté avec six frères et soeurs. « Parfois, nous n'avions rien à manger sur la table, a-t-il souligné.

«C'est pourquoi je suis reconnaissant d'être ici. Par exemple ce matin, un déjeuner nous attendait au stade.»

Élevé par sa mère Sharisse qui dépend encore de l'aide sociale, Baltimore a été appelé à déménager à plusieurs reprises avant que l'un de ses oncles le prenne sous son aile durant l'adolescence à la suite d'un incident dans le quartier. Le petit Sherrod venait d'être giflé à la bouche avec un pistolet tenu par un étranger.

«J'ai été chanceux. Des gens m'ont pris en charge, que ce soit mon oncle ou divers entraîneurs au fil des ans. Ma vie aurait pu prendre deux directions. À gauche, j'avais le football, le basketball, la musique ou un travail au gouvernement qui m'attendait. À droite, c'était la rue. Je suis heureux d'avoir été guidé sur le droit chemin.»

Baltimore a passé quatre saisons chez les Black Bears de l'Université du Maine où il a été un coéquipier du botteur originaire d'Ottawa, Sean Decloux. Il a réussi deux interceptions à sa dernière année en 2015.

«L'équipe ici a besoin de demis défensifs. Moi, je veux devenir un de ces partants.»

La tertiaire a perdu les services de Kanneh, Mitchell White, Forrest Hightower et Jeff Richards durant l'hiver. Ça fait plusieurs joueurs à remplacer.

Ratisser large

C'est pourquoi Baltimore n'est pas le seul candidat en ville.

Le Rouge et Noir a ratissé large dans l'espoir de dénicher une future vedette. Tiens, il y a Albert Louis-Jean, un demi défensif originaire du Massachusetts qui a réussi neuf plaqués chez les Bears de Chicago, dans la NFL, en 2014.

«J'ai des racines haïtiennes», a noté Louis-Jean, qui précise ne parler toutefois aucun mot de français.

À 6'2'' et 194 livres, Louis-Jean s'avère un des demis les plus costauds au mini-camp. Non loin de lui vendredi à écouter les instructions de l'entraîneur adjoint Ike Charlton, on retrouvait Javier Arenas, un des plus vieux candidats à 29 ans.

Lui, il mesure 5'9'' et pèse 197 livres.

Choix de deuxième ronde des Chiefs de Kansas City en 2010, Arenas a passé les sept dernières saisons au sein d'une organisation de la NFL. Il a disputé 63 matches à ses quatre premières années au sud de la frontière, réussissant deux interceptions en 2011.

Son nom de famille vous sonne familier ? Javier Arenas s'avère le cousin de l'ancien garde de la NBA, Gilbert Arenas, qui a participé au match des étoiles à trois reprises avant de remiser ses espadrilles, il y a quatre ans.

Burris et sa citoyenneté canadienne

Henry Burris et sa conjointe Nicole pourront éventuellement poser leur main gauche respective sur la Bible et chanter le Ô Canada. Originaire de l'Oklahoma, l'ancien quart étoile du Rouge et Noir a confirmé jeudi lors d'un gala à Ottawa que le couple venait de se voir accorder le statut de résidents permanents au Canada. Il s'agit d'une étape de plus dans sa longue quête qui dure depuis cinq ans afin d'obtenir la citoyenneté canadienne. « Je sais à quel point ça peut être long. Je suis passé par là avec ma femme Geri en 2012 », a soutenu l'entraîneur-chef Rick Campbell. Les deux enfants de Burris possèdent déjà leur citoyenneté canadienne, ayant vu le jour au pays. Son épouse et lui ont déménagé de façon permanente au Canada l'année suivante. Leurs démarches auprès de Citoyenneté et Immigration Canada retiennent l'attention depuis deux ans dans les médias. Ce ministère a longtemps refusé de leur accorder la citoyenneté canadienne, jugeant que l'emploi du joueur de football était à temps partiel. Burris, lui, a toujours rappelé qu'il possède des parts dans des entreprises à Calgary en plus d'avoir créé une fondation ayant permis d'amasser plus de 1,2 million $ pour les Grands Frères et Grandes Soeurs du Canada.

Charland veut rester en santé

Le maraudeur Mikaël Charland est un des rares francophones au mini-camp du Rouge et Noir. En fait, ils sont deux. Le botteur Sean Decloux, qui a grandi à Ottawa, s'avère l'autre. Charland espère bien que 2017 sera plus clémente que l'année 2016 pour lui. Oui, il a pu célébrer la conquête de la coupe Grey, mais il était réserviste lors de la finale. Une déchirure musculaire à la jambe gauche subie au camp d'entraînement l'an dernier l'a limité à trois maigres parties. « Mon but cette saison, c'est de participer à tous les 18 matches de l'équipe, de rester en santé », a soutenu l'ancien joueur des Griffons du Cégep de l'Outaouais. Ottawa en avait fait un choix de deuxième ronde le printemps dernier lors du repêchage de la LCF. « C'est le fun d'être de retour sur le terrain, de courir et de n'avoir aucun souci relié à une blessure. En plus, ça me permet de m'améliorer avant le début du vrai camp et d'apprendre le cahier de jeu », a soutenu Charland, qui devrait être un contributeur régulier aux unités spéciales cet été à la Place TD. Le Rouge et Noir va conclure son mini-camp samedi matin avec une dernière séance d'entraînement.




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